CFNews

L'actualité du capital investissement : transactions LBO, M&A, Venture France - Corporate Finance et Private Equity

Article 14 novembre 2017

916 mots - 58 conseil(s)

Un fonds canadien préempte Trescal

Après quatre ans dans le giron d'Ardian, le groupe de métrologie qui a réalisé vingt-cinq acquisitions depuis 2013 pour atteindre 270 M€ de chiffre d'affaires, est valorisé 670 M€ par Omers Private Equity, la filiale d'investissement du fonds de pension canadien Omers.

En juin 2013, 3i et TCR Capital n'avaient pas pu refuser la proposition d'Ardian Mid Cap Buyout concernant Trescal. La société d'investissement qui avait, pour mémoire, valorisé le groupe parisien de métrologie 250 M€ à l'époque (lire ci-dessous), se retrouve aujourd'hui dans la même situation avec l'offre préemptive d'Omers Private Equity, la filiale dédiée à l'investissement en private equity du fonds de pension canadien Omers. Celle-ci vient, en effet, d'entrer en négociations exclusives avec Ardian en vue de lui racheter Trescal sur la base d'une valorisation proche de 670 M€. Fort de plus de 11 Md$ de capitaux investis, Omers Private Equity qui suivait le groupe depuis 2014 et faisait partie des nombreux investisseurs à lui tourner autour - en plus d'acteurs comme PAI Partners, Astorg Partners, Wendel ou Cobepa -, signera là son septième investissement en Europe, après Environmental Resources Management, Vue Cinemas, Civica, Lifeways, V Group et Haymarket Financcial.

Première transaction en France pour Omers PE

Trescal lui permettra d'ailleurs de porter à 2,1 Md€ le montant total des capitaux investis dans cette zone, mais incarnera surtout sa première transaction en France. « Au départ, nous nous sommes concentrés sur le Royaume-Uni, où nous avons ouvert un bureau à Londres en 2009 pour porter notre développement européen, explique Isabelle Pagnotta (photo ci-contre), director chez Omers PE. Puis, nous avons commencé à nous intéresser à la France. Il s'agit, en effet, du deuxième plus gros marché au niveau du private equity en Europe. De plus, la France compte beaucoup de belles sociétés de croissance tournées vers l'international avec des équipes de management très fortes, à l'image de Trescal qui réalise aujourd'hui environ 75 % de son chiffre d'affaires hors de France. » 

Deuxième groupe de métrologie aux États-Unis

Trescal qui gère aujourd'hui 110 sites à travers 22 pays, a procédé à 25 acquisitions au cours des quatre dernières années, parmi lesquelles A+ Métrologie, L3M Technologies, Quality Systems Laboratory ou Mec Q (voir sa deal-list complète ci-dessous). Et ce, en vue d'étendre sa présence dans de nouveaux continents, notamment américain et asiatique, et de renforcer son offre de service. « Lorsque nous sommes entrés au capital, Trescal était une société européenne qui ne comptait qu'un seul laboratoire en Californie, rappelle Thibault Basquin (photo ci-contre), managing director chez Ardian Mid Cap Buyout. Pendant les deux premières années de notre investissement, le groupe s'est donc concentré sur son développement aux États-Unis, où il a réalisé 80 % de ses acquisitions. Et ce, jusqu'à se hisser au deuxième rang des acteurs de la métrologie aux USA avec environ 10 % de parts de marché. »  

270 M€ de chiffre d'affaires pour plus de 45 M€ d'Ebitda

En un peu plus de quatre ans, Trescal qui s'est également déployé en Amérique du Sud, notamment au Brésil, et en Asie du Sud-Est, est ainsi passé du stade de leader européen à celui de leader mondial. Sur la période, le groupe qui compte un peu moins de 200 salariés actionnaires au total, a d'ailleurs presque doublé de taille. Son chiffre d'affaires est, en effet, passé de 157 M€ à 270 M€, tandis que son Ebitda qui s'établissait à 23 M€ en 2012, dépasse aujourd'hui les 45 M€. « Trescal n'a pas connu une seule année de décroissance depuis dix ans, même pendant la crise », insiste Thibault Basquin. Et le groupe qui sert désormais plus de 40 000 clients dans divers secteurs comme la défense, l'aérospatial, les télécommunications, le transport et l'automobile, reste ambitieux.

Marché très fragmenté

Employant plus de 3 000 collaborateurs sous la houlette d'Olivier Delrieu (photo ci-contre), lequel réinvestira dans la transaction aux côtés d'autres membres du senior management, Trescal souhaite, en effet, continuer à renforcer son leadership international. Pour ce faire, il devrait s'appuyer sur un mix entre croissance organique et acquisitions ciblées sur un marché encore très fragmenté. « Nous allons l'accompagner dans la poursuite de son développement en Amérique du Nord (États-Unis et Canada), en Asie, où le groupe espère atteindre entre 40 M€ et 50 M€ de chiffre d'affaires en 2022, mais aussi en Australie, où nous avons un bureau », indique Isabelle Pagnotta. Co-pilotée par les équipes de Natixis Partners et Canaccord Genuity, cette opération qu'Omers PE aurait entièrement « underwrité » à ce stade, demeure soumise à certaines conditions, comme l'approbation des autorités de la concurrence et la signature d'un accord final.

Lire aussi :

Trescal remesure un MBO (17/06/2013)

Voir aussi :

Les principaux LBO IV en France depuis janvier 2017

© Source CFNEWS

Voir la fiche de : TRESCAL

Voir la fiche de : ARDIAN (MID CAP BUYOUT)

Voir la fiche de : OMERS PRIVATE EQUITY

les intervenants de l'opération

Voir la fiche détaillée de l'opération
Haut de page