Jeudi 11 Mars 2010
Lundi 08 Février 2010
Audrey Spy
Après 30 mois de crise de crédit impactant particulièrement les LBO, les acteurs du private equity prévoient une année 2010 sous le signe du mid market, du venture et du développement. Retour sur leurs principales anticipations en termes de financement, d'investissement et de sortie.
Après une année 2009 sous le signe de la crise du crédit pour les acteurs du private equity qui a particulièrement mis à mal le modèle du LBO, l’année 2010 s’annonce tout aussi difficile. Mais le pessimisme des acteurs est désormais teinté d'une lueur d'espoir puisqu'ils prévoient quelques améliorations de l'industrie, selon une étude pan-européenne sponsorisée par Simmons & Simmons où plus de 500 investisseurs européens ont été interrogés. Sans surprise, 70 % d’entre eux estiment que la crise du crédit aura un impact et des conséquences pendant des années sur leur métier (voir graphique ci-contre). Certains gardent pourtant espoir, puisqu’ils sont près de 21 % à considérer que l’industrie reviendra à la normale dans les douze prochains mois.
Une reprise des LBO tirée par le mid-market
Les répercussions de la crise n’ont pas impacté de la même manière tous les acteurs. Le venture et le capital développement ont mieux résisté, notamment grâce aux initiatives des pouvoirs publics pour soutenir l’innovation et les PME, par exemple en France avec le FSI. Il en est de même pour les acteurs du small et mid market, moins gourmands en termes de dettes. Cette tendance semble se retrouver cette année. “Le temps des jumbo deals est révolu. Moins de 30 % des sondés s'attendent à des deals supérieurs à 1 Md€ cette année et beaucoup prédisent une reprise du marché en 2010, "drivée" par le "mid market buyout entre 100 M€ et 900 M€”, commente Jérôme Gertler, associé chez Simmons & Simmons (photo ci-dessous). Anticipant une plus forte compétition, notamment des fonds indépendants et des corporate, les acteurs s'attendent néanmoins à un rebond du deal flow. Plus de 70 % prévoient une augmentation des prises de participations minoritaires ainsi qu’à 60 % des réinvestissements dans les sociétés (lire aussi notre enquête sur les LBO en 2009 lire ci-dessous). Même si les sondés anticipent une plus forte activité en 2010 dans tous les segments, et en particulier sur le mid market et le capital développement, l'écart de prix entre vendeurs et acheteurs posera toujours problème pour la finalisation d'opérations.
Des coûts financiers toujours élevés
Alors que les fonds anticipaient une forte hausse des coûts financiers en 2009, cette année devrait rester stable, voire baisser, selon eux. Ils sont 80 % à penser que la dette senior sera plus attractive en 2010, près de 70 % à le croire aussi sur les high yield et plus de 60 % sur la mezzanine. Pour certains, l’appétit des investisseurs pour les junk bond, où 8,3 Md€ ont été réunis début janvier selon Thomson Reuters, montre que les leçons de la crise n’ont pas été retenues. Mais tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Le marché anglais de la dette s’est remis plus vite que les autres pays européens. En Allemagne ou encore dans les pays nordiques, les établissements financiers freinent davantage cette activité tout comme en France. Les banques de l’Hexagone demeurent plus conservatrices que leurs homologues britanniques et n’ont pas rouvert aussi rapidement les financements bancaires aux LBO. Leurs coûts resteront donc élevés ce qui laisse présager une difficulté accrue pour lever de la dette. Les investisseurs devront donc toujours aligner les fonds propres pour mener à bien des opérations en 2010 donc certains s’attendent à une consolidation du secteur pour les équipes qui auront notamment besoin d'argent frais.
Des secteurs et régions privilégiés
L'étude met aussi en avant les perspectives d'investissements des fonds européens. Les cleantechs et autres énergies alternatives continuent à retenir toute l’attention des investisseurs, qui, face aux inquiétudes sur le changement climatique, comptent augmenter leur activité sur ce segment. Les secteurs des services ou encore des médias les attirent toujours autant. Mais la plupart continueront de diversifier leurs portefeuilles dans les divers secteurs d’activité, poursuivant une stratégie identique à 2009. Du côté des zones géographiques, l’Asie, l'Inde, l'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Angleterre et l'Irlande, seront privilégiés, contrairement aux pays de l’Est, et notamment la Russie, l’Afrique, Japon ou encore Israël.
Retour des IPO et des corporate
Pour les perspectives de sortie, l'année 2010 s'annonce meilleure. Alors que les financiers ont vu plonger leur sortie de 55 % en valeur l'an passé, le regain des marchés boursiers depuis mars dernier ainsi que les ventes aux industriels devraient avoir un impact positif. Selon l'étude, 90 % des acteurs s'attendent à un retour des IPO et des corporate sur le marché en 2010. Plusieurs fonds étudieraient déjà une opportunité de cession par le biais de la Bourse. C'est le cas d'Apax par exemple avec New Look au Royaume-Uni. En France Medica, l’opérateur privé de maisons de retraite médicalisées, sous LBO depuis quatre ans avec BC Partners vient d'ailleurs d'annoncer son introduction sur Euronext (lire ci-dessous).
Téléchargez le PDF de l'étude au format PDF
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