Mercredi 22 Octobre 2008
Audrey Spy
Le premier semestre commençait déjà à montrer des signes de faiblesse. Le retournement du marché s'installe
La crise financière impacte de plein fouet le LBO. Et avant qu'elle ne se propage de façon foudroyante cet automne, le premier semestre accusait déjà des signes avant-coureur comme l'attestent les chiffres publiés par LBO net.
Ainsi, malgré une bonne tenue du nombre d’opérations en volume sur le premier semestre 2008 soit 145 deals contre 140 sur la même période en 2007, les montants investis ont chuté de 32 % selon le dernier baromètre LBO Net. Représentant plus de 5,5 Md€ au premier semestre 2007, le capital-transmission atteint uniquement les 3,7 Md€ investis en France sur les six premiers mois de l’année. Douche froide pour les opérations supérieures à 200 M€ qui étaient déjà en net recul, c'est encore tempéré pour celles dont la valorisation est inférieure à 75 M€. Les méga deals Converteam (2 Md€) et Cegelec (1,8 Md€) sont passés entre les gouttes.. une chance.
Un semestre encore tiré par la croissance externe
La bonne tenue de l"activité sur les segments du small et du mid market laisse donc apparaitre un nombre d'opération encore important mais les montants s'étiolent. Face au ralentissement, les transactions de croissance externe , type LBU, ont augmenté avec une proportion record de 30 % des deals sur le premier semestre (voir graphique). « En 2007, les entreprises ont encoré été rachetées sur la base de multiple élevé; or le build-up permet d’abaisser le multiple d’entrée », explique Gonzague de Blignières président de Barclays PE.
Des vendeurs familiaux plus actifs
Le bilan du premier semestre montre que les deux tiers des opérations de transmission sont issus de vendeurs familiaux en ce début 2008 et cela se vérifie surtout sur les deals inférieurs à 15 M€. Les LBO secondaires sont en net repli (ils retrouvent le niveau de 2005) et les retraits de cotes devenus quasi inexistants. Léon de Bruxelles est la seule société cotée qui a été reprise en P to P par OFI PE. « Mais selon nous, ces deux tendances devraient changer. Notamment pour les LBO secondaires, les fonds qui réalisent ce type d’opérations disposent d’un historique dans les comités bancaires et d’une lisibilité de leurs résultats propices à la réalisation d’opération à l’avenir », complète Stanislas Gaillard (photo) de Barclays PE. Aussi, l'attitude des banquiers prêteurs reste le paramètre indispensable à la bonne tenue des LBO pour la fin 2008 et l’an prochain.
Attentisme pour la fin 2008 et pour 2009
Or les banquiers sont devenus très frileux à prêter. Le premier semestre 2008 a déjà été marqué par un fort développement des clubs deals comme ce fut le cas pour les opérations sur Etanco ou Fotonis. Et les banques américaines et anglo-saxonnes sont totalement sorties du circuit français. Une attitude qui agace les sponsor. « Elles profitent de n’importe quelle occasion pour se faire rembourser et soutiennent difficilement les fonds », tonne Gonzague de Blignières.
On le voit tres nettement, le credit crunch gèle les opérations en cours. Même si l'observatoire entrevoit quelques opérations de type PIPE, la prise de ticket minoritaire dans des sociétés cotées, l'heure n'est plus au bling bling dans les fonds.. (lire aussi ci-dessous : Des états généraux du LBO?)
Lire aussi:
Moins de LBO plus de build up en 2008
Pour voir l'étude au complet :