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53 offres publiques recensées en 2011 Accès libre

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Selon l'observatoire de Ricol Lasteyrie, 2011 se termine avec deux fois plus d'offres publiques qu'en 2010 et 2009 et ce pour une valorisation de 7,7 Md€ tirée à la hausse par Solvay, EDF et Bouygues.

Cinquante-trois. C'est le nombre d'offres publiques recensées en France par Ricol Lasteyrie sur l'année 2011. "Avec quarante transactions, 2008 était déjà une grande année, cinquante-trois c'est donc assez exceptionnel", soulignait jeudi Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante de Ricol Lasteyrie, à l'occasion de la présentation du troisième observatoire des offres publiques du cabinet d'évaluation et de M&A. En 2009 et 2010, vingt-sept opérations avaient pour rappel été enregistrées (lire ci-dessous), soit près de deux fois moins qu'aujourd'hui. "La très grande majorité de ces offres publiques a cependant été engrangée au 1er semestre, précise Sonia Bonnet-Bernard. Très clairement, depuis août dernier il ne se passe plus grand chose." Côté valorisation, 7,7 Md€ de titres ont été achetés l'an passé, contre 1,13 Md€ et 491 M€ respectivement en 2010 et 2009. Un montant tiré à la hausse par deux ou trois opérations emblématiques comme l'OPA du chimiste belge Solvay sur Rhodia, le retrait de cote d'EDF Energies Nouvelles ou encore l'OPRA de Bouygues (lire ci-dessous).

Seules deux offres hostiles

De son côté, la prime moyenne offerte aux détenteurs d'actions est de 31,1 % par rapport au dernier cours de bourse. "Plutôt classique, elle a été simple à atteindre car les cours sont restés plutôt bas", explique Sonia Bonnet-Bernard (photo ci-contre). Toutefois, si on la compare à la valeur intrinsèque des entreprises cibles évaluées par les experts indépendants -cinquante des cinquante-trois offres publiques répertoriées ont donné lieu à expertise-, la prime devient plus modeste ne s'élevant plus qu'à 9,87 %. Cet écart reflète la faiblesse des valorisations boursières, surtout sur la deuxième partie de l'année. Un environnement économique qui a d'ailleurs favorisé les offres amicales puisque seules deux offres hostiles ont été comptabilisées, à savoir l’OPA d’Axel Springer sur Seloger.com, qui s'est finalement soldée de façon amicale (lire ci-dessous), et celle de PHRV et de Covea sur Foncière Paris France.

Des fonds américains techno de plus en plus actifs

L'année écoulée a par ailleurs été marquée par l'arrivée de fonds américains spécialisés dans le rachat de petites pépites technologiques tels que Francisco Partners, Carlyle et Thoma Bravo. Le premier s'est pour rappel offert 86,02 % d'eFront en septembre dernier pour 58,3 M€ (lire ci-dessous). Carlyle a quant à lui mis la main sur 61,77 % de Metrologic Group sur la base d'une valorisation de 152 M€ tandis que Thomas Bravo a repris quelques mois plus tard 67 % d'Infovista pour 55 M€ (lire ci-dessous). Ainsi, sur les cinquante-trois offres publiques de l'année -plus de la moitié ont été initiées par des tiers-, Ricol Lasteyrie a recensé un grand nombre de rachats et de retraits de cote de sociétés à fort caractère technologique. Si 2011 a été une belle année avec beaucoup d'appétit pour de vraies opérations industrielles, certes petites, 2012 commence pour sa part plutôt "mollement". Reste à savoir si les fonds américains continueront leurs emplettes en France. Ils ont mis un premier pied en Europe et il y a de fortes chances pour qu'ils continuent avec de belles pépites technologiques.

Lire aussi :

Un fonds américain s'empare d'InfoVista (21/12/2011)

eFront s'édite en Californie (26/09/2011)

Mariage en vue entre Solvay et Rhodia (04/04/2011)

Metrologic contrôle un MBO (31/03/2011)

27 offres publiques recensées en 2010 (19/01/2011)

Axel Springer relève son offre sur Seloger.com (18/01/2011)

Voir la fiche de : RICOL LASTEYRIE