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Les offres publiques en berne en 2013 Accès libre

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Corrélées à l'évolution du PIB, les offres publiques ont reculé en 2013 de 9,8 % à 37 pour un montant de capital qui s'effondre à 758,5 M€, selon le cinquième observatoire de Ricol Lasteyrie .

Mauvais crû pour les offres publiques en 2013. Selon la cinquième édition de l'observatoire de Ricol Lasteyrie, les 37 offres publiques recensées en France marquent un recul de 9,8 % par rapport aux 41 opérations comptabilisées en 2012 et de 31,5 % par rapport aux 54 opérations en 2011 (voir le graphique ci-contre). « Nous voyons depuis cinq ou six ans que les offres publiques sont assez étroitement corrélées à l'évolution du PIB. La rechute de la croissance en 2012/2013 s'est immédiatement ressentie au niveau des opérations », observe Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante chez Ricol Lasteyrie. Mais c'est surtout le montant de capital acquis au cours de ces opérations qui a fortement chuté : il s’élève à 758,5 M€, contre 3,24 Md€ en 2012 et 7,9 Md€ en 2011, soit une baisse de 76,6 % entre 2012 et 2013.

Absence des grandes entreprises

Côté valorisation, les sociétés cibles affichent une valorisation globale de 5,2 Md€, soit 2,4 fois moins qu'en 2012 (12,5 Md€) et cinq fois moins qu'en 2011 (26,9 Md€), un recul qui reflète l'absence de grandes entreprises du palmarès des offres publiques 2013. L'étude relève que les cinq opérations les plus importantes - Foncière Développement Logement (318 M€), Osiatis (63 M€), Meetic (48 M€), GFI Informatique (39 M$) et Hologram Industries (35 M€) représentaient un total de 505,3 M€. Pour rappel, en 2012 quelques grandes entreprises avaient animé le marché dont CFAO (1,3 Md€), Guyenne & Gascogne (un peu plus de 400 M€), deux sociétés sucrières achetées par Cristal Union pour près de 400 M€ et l'OPRA de Havas pour 253 M€.

Des primes reflétant la hausse des cours de Bourse

En outre, la prime moyenne offerte aux détenteurs d'actions n'est plus que de 29 % par rapport au dernier cours de bourse, contre 43 % en 2012, « une réduction qui s’explique notamment par la remontée des cours de bourse, analyse-t-on chez Ricol Lasteyrie. La prime moyenne n’est quant à elle plus que de 12 % par rapport à la valeur intrinsèque des entreprises cibles calculée par les experts indépendants. » Même si les offres publiques sont de taille modeste, on observe un retour des opérations industrielles, notamment dans le secteur de la technologie (électronique, informatique, internet...) avec notamment le rachat de Videofutur par Netgem, celui de Rue du Commerce par Altarea Cogedim, mais également l'OPA d'Econocom sur Osiatis ou encore l'achat de Cameleon Software par PROS Holding. Mais ces opérations n'ont concernées que des petites, voire de très entreprises.

Retour des OPE

En ligne avec la tendance observée en 2012, plus de la moitié des offres publiques (20 opérations) ont été initiées par les actionnaires de la société ou l’entreprise elle-même, signe de morosité du marché. L'étude indique également qu'aucune des 17 opérations initiées par des investisseurs tiers n’a été réellement hostile, même si deux opérations - les OPA sur Club Med et Theolia - ont donné lieu à des conflits avec certains actionnaires minoritaires. Mais la nouveauté en 2013 c'est le retour des OPE (Offres Publiques d'Echange), lesquelles avaient quasiment disparu de la circulation les années précédentes au profit des OPRA, avec trois opérations enregistrées : Foncière Développement Logement/foncière des régions, Osiatis/Econocom et Foncière Sepric/Patrimoine et Commerce.

Plus d'IPO que de retraits de cote

Enfin, contrairement au précédent exercice, l'année 2013 a enregistré plus d'introductions en bourse que de retraits de cote : 26 nouvelles cotations sur les marchés Euronext et Alternext (contre 19 en 2012) face à seulement 16 retraits de cote (à comparer avec 22 un an plus tôt). Et les quelques belles IPO sorties ces derniers mois (lire notre enquête IPO 2013 : un tremplin pour 2014, 28/01/14) semblent redonner confiance au marché boursier. « Pour 2014, la croissance est attendue autour de 1 %, ce qui est mieux qu'en 2013. Donc normalement, l'activité M&A devrait être meilleure, sans être forcément extraordinaire. On sent une grande prudence de la part des grandes entreprises - lorsque celles-ci font de la croissance externe, c'est souvent pour se renforcer dans d'autres régions du monde », conclut Sonia Bonnet-Bernard (photo ci-contre).

Lire aussi :

Les offres publiques à la peine en 2012 (12/02/13)

53 offres publiques recensées en 2011 (20/01/12)

Voir la fiche de : RICOL LASTEYRIE