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Mistral AI n'évolue pas dans les sphères d'Anthropic (Claude) et d'OpenAI (ChatGPT) aux levées en centaines de milliards de dollars, cependant il confirme sa place de challenger à l'échelle mondiale avec une série D établissant encore un record européen. Le champion français de l'IA signe un tour de 3 Md€ mené par Samsung Electronics, aux côtés du Scale-up Europe Fund, le fonds de 5 Md€ confié à EQT en mai par la Commission européenne ou encore des historiques ASML, Nvidia et PSG Equity. Sa valorisation atteint 21 Md€, contre 11,7 Md€ lors de l'investissement d'ASML en 2025. Le nouveau tour permet de retrouver la première place des plus grandes levées d'Europe, devant celles des britanniques Isomorphic Labs (série B de 2,1 Md$) et Nscale (série C de 2 Md$), des allemands Helsing (1,8 Md$ cet été) et Neura Robotics (1,4 Md$ cet été), ou encore d'AMI Labs, la start-up de Yann LeCun (amorçage de 890 M€ en mars).
La majorité des historiques se mobilisent
Advent figure également parmi les nouveaux entrants, alors que la plupart des historiques de Mistral réinjectent : a16z, Belfius, BNP Paribas CIB, Bpifrance, Carmignac, DST Global, Eurazeo, General Catalyst, Headline, Hillspire, Index Ventures, Korelya Capital, Lightspeed, Nvidia, Phoenix Court's Solar fund et Salesforce Ventures. Le rôle des industriels continue d'être clé, puisqu'ils apportent environ la moitié du montant de cette série D, d'après nos informations. Samsung Electronics, au capital de Mistral depuis 2024 à travers son véhicule venture, constitue un partenaire de choix à plusieurs titres : en tant que groupe asiatique, pouvant faciliter l'expansion géographique ; en tant que fabricant de HBM (High Bandwidth Memory), composant essentiel aux data centers qui entraînent et exploitent les modèles de langage ; et plus en amont de la chaîne, en tant que propriétaire de fonderies de semi-conducteurs
1 Md€ d'ARR d'ici la fin de l'année
Visant 1 Md€ d'ARR d'ici la fin de l'année et déjà fort de contrats avec plus de 125 grands comptes dont Airbus, CMA-CGM, ASML ou encore HSBC, Mistral continue de s'appuyer sur un modèle commercial de service d'intégration et vente de licences de ses modèles open-weight et de mise à disposition d'une infrastructure cloud IA, en cours de construction. « La priorité de Mistral reste l'entraînement de modèles frontières (les plus performants du marché, ndlr). L'axe cloud est également particulièrement important, notamment car disposer de sa propre infrastructure réduit les coûts d'entraînement des modèles. Par ailleurs, ajouter l'hébergement cloud aux contrats de vente des solutions IA permet de doubler leur taille. Mistral est une entreprise prometteuse pour rattraper le retard du cloud européen grâce à son offre full stack de cloud souverain AI first », défend Romain Mombert, managing director chez Eurazeo. L'investisseur français intervient à la fois via son fonds Growth IV (fourchette d'intervention comprise entre 30 et 100 M€) et des véhicules retail, plus qu'au pro-rata de sa participation.
Une offre de bout en bout
Si la scale-up d'un millier de salariés peut intégrer des modèles open-weight étrangers dans son offre infrastructure cloud, son principal effort commercial porte sur la distribution et l'intégration de ses propres IA, assurent ses investisseurs. « Mistral s'illustre par sa présence sur l’intégralité de la chaîne de valeur et sa capacité à travailler en profondeur chez ses clients en déployant des profils forward deployed engineers », note Thierry Sommelet, responsable technologie, médias et télécom au sein de l'équipe Large Cap de Bpifrance. La distribution de solutions IA souveraines aux grands comptes et institutions publiques, en recherche de sécurité et de contrôle des coûts, constitue le cœur du positionnement de Mistral. Côté cloud, la mise en service de ses serveurs de 44 MW à Bruyères-le-Châtel est attendue dans les prochaines semaines. Ses chantiers déjà engagés sont également ceux du centre de données en Suède, en partenariat avec EcoDataCenter, pour une finalisation envisagée en 2027, puis du Campus IA en France, réunissant Bpifrance et MGX, pour 2028.

















