
©Cap Vert
Après avoir doublé de taille en dix-huit mois, puis presque triplé en à peine cinq ans, Cap Vert s’apprête à repiquer. Ambienta, entré comme actionnaire majoritaire fin 2021, est en négociations exclusives pour céder sa place à Gimv. « La croissance structurelle du secteur est portée par la végétalisation dans les villes, à la fois pour des raisons climatiques, car il s’agit de la manière la plus efficace de les rafraîchir, et par la volonté claire des citadins d’avoir davantage d’espaces verts, analyse Nicolas de Saint Laon, associé et head of France de Gimv. Les cinq premières entreprises en France ne représentent que 13 % de parts de marché. Ce sont des plateformes de consolidation et Cap Vert a adopté un modèle hybride de gestion locale au sein d’un groupe apportant structure et homogénéité. » La société européenne d’investissement cotée, qui a encore élargi la taille de ses tickets désormais de 20 M€ jusqu’à 150 M€ pour accélérer sa croissance, prendra une position largement majoritaire aux côtés du management et de salariés.
Un refinancement portable
Après une première prise de température sur l’appétit du marché au deuxième semestre 2025, le processus de cession, mené par Amala Partners, a été lancé officiellement en avril 2026. « L’activité de Cap Vert est particulièrement forte au quatrième trimestre, notamment en raison des travaux d’élagage. Les résultats financiers 2025 se sont avérés supérieurs aux anticipations et nous avons attendu que les élections municipales soient passées, pour rassurer les potentiels acquéreurs sur l'absence d’impact », indique Gwenaëlle Le Ho Daguzan, associée chez Ambienta. « Nous avons reçu six LOI et trois fonds de private equity ont participé au second tour. » Le groupe a par ailleurs réalisé en mars un refinancement portable de sa dette bancaire existante avec une unitranche fournie par Hayfin. Le closing du LBO, valorisant Cap Vert entre 250 et 300 M€ d’après nos informations, soit aux alentours de 9 fois l’Ebitda, est prévu en septembre, sous réserve de l’approbation de l’Autorité de la concurrence, et verra une centaine de managers réinvestir dans l’opération.
Une politique d’acquisition active
« Le groupe a multiplié son chiffre d’affaires et son Ebitda par 3 entre 2021 et 2025, précise Gwenaëlle Le Ho Daguzan, grâce à une forte croissance organique atteignant 8 % par an, le groupe gagnant des parts de marché, dans un marché sous-jacent de 4 Md€ en France croissant de 4 à 5 % par an, et à une stratégie de croissance externe dynamique dans un marché français fragmenté de plus de 20 000 acteurs. » Cap Vert a réalisé 18 acquisitions ces cinq dernières années. Sous l’impulsion du CEO Eric Girot arrivé à l’été 2023, le groupe s’est structuré en quatre verticales : l’élagage urbain en ville, l’élagage d’infrastructures le long des voies ferrées, réseaux d’électricité et autoroutes, la création et l’entretien d’espaces verts en ville, et l’arrosage et la fontainerie. Employant 1 200 collaborateurs dans l’Hexagone, il a enregistré 180 M€ de chiffre d’affaires en 2025, pour environ 17 % de marge d’Ebitda.
Un maillage sur tout le territoire
Présent partout en France, Cap Vert sert une clientèle publique, semi-publique et privée. Les contrats pluriannuels d’élagage, indexés sur l’inflation, offrent notamment une bonne visibilité sur ses revenus. Le groupe basé à Versailles poursuivra le renforcement de son maillage dans l’Hexagone ainsi que sa politique de croissance externe sur ses différents métiers, et commencera à regarder les marchés de ses spécialités dans les pays limitrophes. « Cap Vert a une culture forte d’innovations afin d’améliorer ses services, souligne Nicolas de Saint Laon. Ils proposent par exemple des solutions pour observer les racines des arbres avec des radars et ont déjà cartographié plus de 500 000 arbres pour inventorier le patrimoine arboré de leurs clients, ou ils utilisent des drones pour effectuer des traitements spécifiques et ciblés sur les arbres. Cette culture les différencie sur le marché en croissance forte du génie écologique, dont un des axes est de préserver la biodiversité. » De nouvelles acquisitions de taille significative, en cours d’étude, sont attendues au quatrième trimestre.













