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Après 120 ans de croissance autofinancée, Plasseraud IP cède aux sirènes du private equity sans renoncer à son indépendance. Dans un contexte où la consolidation du marché du conseil en propriété intellectuelle s’accélère, le numéro un tricolore souhaitait à la fois orchestrer sa transition managériale et participer à la course à la taille que se livrent ses concurrents européens et français, comme Ipsilon qui a doublé de taille l’année dernière avec le soutien de Waterland. Le mandat confié à Largillière Finance a été remporté par Andera Acto qui signe à cette occasion la dixième ligne de son fonds V closé récemment à plus d’1 Md€. « Nous avons consulté des acteurs du flex et de l’equity minoritaire. La proposition d’Acto a finalement été retenue par les associés de Passeraud IP, dans la mesure où elle leur permettait de conserver leur indépendance tout en leur offrant les moyens de financer des build-up ambitieux », commente Gabriel Hainault, associé de Largillière.
93 M€ de revenus
Pour une valorisation entre 60 et 80 M€, d’après les informations de CFNEWS, Acto apporte un ticket en mezzanine pour réorganiser le capital du groupe en facilitant la transition actionnariale intergénérationnelle avec le départ d’associés historiques à la retraite et la montée en puissance de partners dans un tour de table d’une trentaine d’actionnaires-associés. Fondé en 1906, Plasseraud affiche un chiffre d’affaires de 93 M€ en 2025, en croissance de plus de 9 %, porté notamment par le dynamisme des dépôts à l’office européen des brevets. « Sur ce secteur de niche où seuls quelques acteurs français ont dépassé le seuil des 50 M€ de revenus, Plasseraud est un des rares à avoir assis sa légitimité auprès de grandes multinationales asiatiques et américaines pourvoyeuses d’innovation et de brevets », indique Bruno Bonnin, associé d’Andera Acto, qui compte soutenir le développement organique du numéro un tricolore du conseil en propriété intellectuelle en Asie et en Europe et l’accompagner dans la structuration d’une stratégie de build-up hors des frontières hexagonales.
Concentration du marché européen
Dirigé par Eric Burbaud et Bertrand Loisel, Plasseraud emploie 400 personnes, dont 175 experts : CPI, mandataires, ingénieurs brevets et juristes marques, dans 9 métropoles régionales et 6 bureaux internationaux (Munich, Shanghai, Madrid, Alicante, Amsterdam et Prague). L’empreinte internationale du groupe s’appuie également sur une expertise locale en Chine, Japon et Corée, avec des équipes qualifiées dans ces juridictions. Sur le terrain de jeu tricolore, le cabinet centenaire est au coude à coude avec le franco-français indépendant Lavoix et le challenger Ipsilon qui a accéléré sa croissance ces dernières années depuis son LBO avec Waterland. Sur ce marché de niche, la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI) recense 1130 conseils en propriété industrielle en France répartis sur 337 établissements, dont la moitié en région parisienne. Comme souvent, la concentration du marché européen a démarré dans les pays anglosaxons, aux contraintes réglementaires moins restrictives dans le domaine. En 2023, l'entrée en vigueur de la JUB (Juridiction Unifiée des Brevets) accroît l'européanisation du marché. Impulsées par les fonds de private equity, plusieurs opérations ont été menées ces dernières années. Ainsi, le britannique Rouse, soutenu par MML Capital a mis la main sur le néerlandais Arnold & Siedsma, tandis que HGF, également originaire du Royaume Uni, a ouvert son capital au fonds CBPE pour accélérer ses acquisitions. Un mouvement inéluctable qui fait céder les digues de la résistance à la financiarisation du secteur.











