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Skello change d'échelle avec un premier LBO. L'éditeur Saas de gestion RH des équipes terrain bénéficie d'un financement de 200 M€, dont 150 M€ apportés par Bridgepoint, qui s'adjuge 40 à 50 % du capital, devant le management (autour de 40 %). Le solde se répartit entre les historiques XAnge et Partech et quelques petits porteurs. Les deux VC, entrés lors d'une série A en 2018 et d'une série B en 2021, et les fondatrices, Quitterie Mathelin-Moreaux et Emmanuelle Fauchier-Magnan, injectent à nouveau 50 M€. Aglaé Ventures, le family office de la famille Arnault, et les business angels sortent. Eurazeo apporte une dette unitranche de 40 M€, à laquelle s'ajoute une ligne CapEx de 25 M€ non tirée, mobilisable pour la croissance externe. La valorisation post-money approcherait les 350 M€, selon nos estimations.
Un business model rentable et une forte croissance
Bridgepoint reconnaît dans Skello les ingrédients de sa thèse d'investissement, déjà éprouvée avec Brevo : un éditeur Saas à un stade de maturité propice à un changement d'échelle. « Nous avons retrouvé chez Skello les mêmes composantes : un marché à la hausse et largement sous-pénétré ainsi qu'une société avec un business model rentable et en forte croissance », souligne Jean-Baptiste Salvin, associé chez Bridgepoint Development Capital, sélectionné à l'issue d'un processus compétitif organisé par Clipperton. Le choix s'est aussi joué côté cédant, sur des critères précis. « Nous cherchions un fonds doté d'un ADN culturellement proche de Skello, avec une vraie portée internationale et capable d'accompagner des sociétés tech en forte croissance tout en disposant d'une réelle expertise sur des opérations de croissance externe », explique Antoine Ganancia, managing partner chez Clipperton.
30 000 clients et 50 M€ d'ARR
Initialement concentré sur la restauration, la distribution et la santé, Skello a élargi son spectre sectoriel, en y ajoutant le BTP, l'industrie, les loisirs et les services. « Nous sommes vraiment un outil de pilotage RH pour toutes les équipes terrain », résume Emmanuelle Fauchier-Magnan. Revendiquant aujourd'hui 30 000 clients, 700 000 utilisateurs quotidiens et 400 salariés, pour un ARR de 50 M€ (contre 40 M€ fin 2025), et une rentabilité atteinte l'an dernier, elle réalise 20 % de son chiffre d'affaires à l'international, essentiellement en Espagne où elle opère depuis trois ans, et vient d'ouvrir l'Italie après avoir testé, puis délaissé au moins pour un temps, l'Allemagne.
Devenir numéro un en Europe
Skello souhaite désormais consolider son leadership français et passer à la vitesse supérieure en Espagne et en Italie, avec à terme l'ambition de devenir numéro un en Europe. Une centaine de recrutements sont prévus en 2026 à Paris, Lille et Barcelone, sur des postes tech, produit et commerciaux. « C’est une opération offensive pour accélérer, annonce Emmanuelle Fauchier-Magnan. Nous sommes rentables, nous n’avons pas forcément besoin d'injecter de l'argent dans ce que nous faisons déjà, mais plutôt dans ce que nous aimerions faire : l'ouverture de nouveaux pays, l'investissement dans l'IA sur notre produit, ainsi que, et c’est nouveau, dans la croissance externe. » Né en 2016, l'éditeur veut doubler son ARR sous deux ans, avec en ligne de mire plus de 200 M€ à l'horizon 2030, en misant tant sur le levier de la croissance organique que sur celui du build-up. « Il y a plusieurs acteurs de taille intermédiaire, entre 5 et 20 M€ d'ARR, qui pourraient soit compléter la suite de modules de Skello en France, soit nous permettre de continuer l'expansion européenne », précise Jean-Baptiste Salvin.


















