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Afrique #125 : Econet, Bboxx, Dudutech, Engie, Ascoma... Accès libre


Econet Energy Kenya est désormais une JV de Distributed Power Africa (DPA) et d'EDF. - © DPA Africa

Econet Energy Kenya est désormais une JV de Distributed Power Africa (DPA) et d'EDF. - © DPA Africa

EnR : Econet Energy Kenya / Bboxx Kenya / EDF / DPA Africa / Bboxx (Kenya / France / Zimbabwe / Royaume-Uni)

Aujourd’hui présent dans quatorze pays en Afrique, EDF met les bouchées doubles sur le continent - où il connaît une croissance ininterrompue depuis quatre ans - en prenant des participations de respectivement 50 % et 23 % dans le capital des sociétés Econet Energy Kenya (voir fiche opération) et Bboxx Kenya (voir fiche opération). Le leader mondial des solutions énergétiques bas-carbone aux 69 Md€ de chiffre d'affaires en 2020, renforce ainsi sa position au Kenya dans le solaire réparti (toitures photovoltaïques avec batteries) et l’off-grid (énergie hors-réseau).
En devenant une co-entreprise d’EDF, Econet Energy Kenya, filiale du groupe zimbabwéen Distributed Power Africa (DPA Africa) spécialisée dans le solaire réparti à destination du marché BtoB, sera en mesure de se différencier sur le marché des solutions d'auto-consommation performantes et compétitives, destinées à rendre leurs utilisateurs autonomes en électricité bas-carbone. Contribuant ainsi à l’électrification du pays, la JV proposera une approche globale, intégrant la conception, la réalisation, l'exploitation et la maintenance des installations, ainsi qu'une proposition de montage financier adapté à chaque client, grâce à l’expertise de son nouvel actionnaire français en la matière. Ayant d’ores et déjà sécurisé un portefeuille de dix contrats, l’entreprise vise à la fois le secteur bancaire, la santé, le tourisme et les data centers.
Parallèlement, EDF prend une participation minoritaire de 23 % dans Bboxx Kenya, filiale du fournisseur londonien de systèmes solaires hors-réseau domestiques Bboxx, dont le groupe tricolore est un partenaire de longue date. Les deux sociétés avaient déjà œuvré ensemble au Togo au profit de l’électrification des ménages ruraux, étendant récemment cette collaboration à la fourniture de systèmes d’irrigation alimentés à l’énergie solaire avec le concours de l’entreprise kényane SunCulture. EDF détient ainsi 50 % de la la filiale togolaise de Bboxx (relire bulletin #25). Grâce à cette nouvelle transaction, les partenaires comptent fournir une électricité bas-carbone, fiable et abordable à plus de deux millions de Kényans vivant en zone rurale d'ici à 2025.

 

Agriculture & biotechnologies : Dudutech / Bioline AgroSciences / Flamingo (Kenya / France / Royaume-Uni)

Le kényan Dudutech est l’un des principaux producteur de solutions de biocontrôle sur le continent africain. © Dudutech

Le kényan Dudutech est l’un des principaux producteur de solutions de biocontrôle sur le continent africain. © Dudutech

Bioline AgroSciences, filiale de l’union de coopératives françaises InVivo, s’empare du spécialiste kényan du biocontrôle Dudutech auprès du britannique Flamingo, fournisseur des principaux supermarchés britanniques et européens, ainsi que des canaux de vente au détail numériques de fleurs fraîches coupées, de plantes et de produits frais (voir fiche opération sur CFNEWS). Fondée en 2001, la pépite kényane dirigée par Tom Mason emploie plus de 350 personnes à temps plein, dont des entomologistes et microbiologistes de premier plan, afin de développer et commercialiser des solutions protégeant les plantes en utilisant les éléments naturels. L’acquéreur français, déjà implanté dans plus de trente-cinq pays, s’affirme ainsi comme « un acteur de taille mondiale en matière de production et de distribution de solutions de biocontrôle ». Son P-dg Laurent Martel compte transformer sa nouvelle filiale « en fer de lance de  [sa] stratégie d’expansion sur ce continent aux besoins illimités en nouvelles technologies agricoles respectueuses de l’environnement ». Cette opération, qui confirme sa stratégie d’internationalisation, lui permet de mettre la main sur une huitième biofabrique. De son côté, le groupe Flamingo, désireux de se recentrer sur son activité de production horticole, ne compte pas renoncer pour autant à ses ambitions de croissance au Kenya et en Éthiopie. Son P-dg, Giles Turrell, a expliqué qu’il continuerait à utiliser les solutions de biocontrôle dans sa stratégie de production, le nouveau propriétaire de Dudutech - choisi pour son expertise dans ce domaine - devenant son « fournisseur privilégié ».

 

EnR : Xina Solar One / Engie / Abengoa (Afrique du Sud / France / Espagne)

Inauguration en 2018 de la centrale Xina Solar One en Afrique du Sud, par Abengoa et ses partenaires. - © Xina Solar One

Inauguration en 2018 de la centrale Xina Solar One en Afrique du Sud, par Abengoa et ses partenaires. - © Xina Solar One

Dans le cadre d'un accord d'achat d'électricité de vingt ans avec Eskom (compagnie d’électricité détenue par l’État sud-africain), Engie acquiert auprès de son homologue espagnol Abengoa une participation de 40 % dans Xina Solar One, une centrale solaire à concentration de 100 MW qui dessert plus de 95 000 foyers sud-africains, ainsi que 46 % de la société d'exploitation et de maintenance (voir fiche opération sur CFNEWS INFRA). Située dans la région du Cap Nord en Afrique du Sud, où se trouve également l’usine Kathu CSP d’Engie, l’usine dispose d’une technologie à capteur cylindro-parabolique et d'un système de stockage de sel fondu offrant 5,5 heures de stockage d'énergie, ce qui permet de garantir la fourniture d’électricité pendant les pics de demande. Grâce à cette transaction, Engie consolide sa position de premier producteur d'électricité indépendant dans le pays. Outre les deux infrastructures évoquées, le groupe énergétique français détient des participations dans le parc éolien de 94 MW d’Aurora, dans deux centrales solaires photovoltaïques de 21 MW ainsi que dans deux centrales thermiques de pointe de respectivement 670 MW (Avon) et 335 MW (Dedisa). Il envisage par ailleurs de développer des synergies entre Xina et Kathu dans une optique d’amélioration de leur efficacité opérationnelle (pour plus de détails, lire l'article De la concentration solaire pour Engie en Afrique du Sud sur CFNEWS INFRA).

 

Services financiers : Ascoma Assureurs Conseils / Chedid Capital / Famille Husson (Afrique / Monaco / France / Liban)

Les implantations du groupe monégasque Ascoma dans le monde -  © Ascoma Assureurs Conseils

Les implantations du groupe monégasque Ascoma dans le monde -  © Ascoma Assureurs Conseils

Comme annoncé en septembre dernier (relire bulletin #101), le courtier Ascoma Assureurs Conseils, fort d’un réseau de vingt-trois filiales réparties dans vingt-et-un pays africains, ainsi que d’une entité à Paris chargée des affaires internationales, passe sous le contrôle de Chedid Capital, holding financière libanaise axée sur les secteurs de l’assurance et de la réassurance. Cette dernière vient en effet d’acquérir 80 % du groupe auprès de la famille Husson, qui demeurera associée minoritaire en conservant le solde du capital. Le périmètre concerné englobe l’ensemble des activités africaines et monégasque du groupe Ascoma, l'ancien président Hervé Husson et les autres actionnaires familiaux conservant leurs activités de courtage d’assurances en France (voir fiche opération avec tous les conseils sur CFNEWS). Ascoma a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires d’environ 250 M€ (300 M$) avec 780 personnes. Le nouvel ensemble formé par Ascoma et Chedid Capital représente désormais 832 M€ (1 Md$) de primes gérées et 1 300 personnes au sein de quarante filiales sur trois continents. Suite à la finalisation de cette opération, Farid Chedid, président fondateur de Chedid Capital, prend la présidence d’Ascoma. Grâce à l’acquisition de cet acteur majeur du courtage en Afrique, la holding financière libanaise espère constituer un leader du secteur au service des entreprises des régions Moyen-Orient et Afrique, marchés qui représentent un potentiel de développement considérable.

 

Services financiers : TymeBank / Apis Partners / JG Summit Holdings (Afrique du Sud / Royaume-Uni / Philippines)

Basé à Roseland (Afrique du Sud), TymeBank ne dispose d'aucune agence physique. © TymeBank

Basé à Roseland (Afrique du Sud), TymeBank ne dispose d'aucune agence physique. © TymeBank

La banque de retail sud-africaine 100 % digitale TymeBank (Take Your Money Everywhere Bank), qui a démontré sa résilience en profitant de la pandémie pour étendre ses services bancaires numériques ainsi que sa clientèle, lève 88 M€ (1,6 MdZAR$) auprès du britannique Apis Partners (via son véhicule de capital-investissement Apis Growth Fund II) et de JG Summit Holdings, un conglomérat d’investissement philippin détenu par la famille Gokongwei. Il s’agit de l’une des plus importantes augmentations de capital jamais réalisées par une banque numérique en Afrique. Selon Tauriq Keraan, son P-dg, ce succès s’explique en grande partie par les progrès accomplis en matière de reconnaissance par les investisseurs des atouts d’une banque digitale. Cette opération lui permettra de renforcer ses opérations et services en Afrique du Sud, et notamment d’élargir ses produits bancaires et d'accroître son portefeuille de prêts. Officiellement lancé en février 2019, le groupe bancaire reste majoritairement contrôlé par African Rainbow Capital (ARC), une holding d’investissement fondée par le milliardaire sud-africain Patrice Motsepe. Revendiquant près de 2,8 millions de clients et ambitionnant atteindre les quatre millions d’ici l’an prochain, TymeBank avait fait entrer à son capital le fonds sud-africain Ethos Private Equity à hauteur de 8 % en 2019 (relire bulletin #55).

 

Bourse : Liquid Telecom / Société financière internationale (SFI) / Fonds d'infrastructure pour l'Afrique émergente (Zimbabwe / International)

Fondé en 2004 et détenu majoritairement par Econet Wireless, Liquid Telecom fournit des services de fibre optique et de connectivité data. - © Liquid Telecom

Fondé en 2004 et détenu majoritairement par Econet Wireless, Liquid Telecom fournit des services de fibre optique et de connectivité data. - © Liquid Telecom

Rien ne semble devoir arrêter l’appétit des investisseurs internationaux pour la dette émise par les entreprises africaines. Le zimbabwéen Liquid Telecom, majoritairement détenu par le groupe coté Econet Wireless, en fait une nouvelle fois la démonstration, en mobilisant 699 M€ (840 M$) à travers une facilité de refinancement obligataire et à terme lancée il y a quelques jours. Sursouscrite plus de cinq fois, l’opération comportait 515 M€ (62 0M$) d’obligations garanties de premier rang et de 183 M€ (220 M$) de prêts à terme garantis libellés en rands sud-africains. Elle a su attirer plus de 230 investisseurs, dont la Société Financière Internationale (SFI) et le Fonds d'infrastructure pour l'Afrique émergente (AREI). L’entreprise de télécommunications était conseillée par JP Morgan Chase & Co, Standard Chartered et le sud-africain Standard Bank Group.

 

Fonds : Hlayisani Capital / Standard Bank / family offices (Afrique du Sud)

Hlayisani Capital

Hlayisani Capital

Fondé en 2017, le fonds de capital-risque et capital-investissement sud-africain Hlayisani Capital, qui cible des opportunités à forte valeur ajoutée en Afrique du Sud et dans le reste de l’Afrique subsaharienne, réalise le premier closing à 19,3 M€ (350 MZAR) de son véhicule Hlayisani Growth Fund grâce au groupe bancaire Standard Bank et à plusieurs family offices locaux. Ciblant des sociétés susceptibles de générer des rendements ainsi qu’un impact socio-économique durable, il s’intéresse en priorité aux secteurs des TIC, de la fabrication, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. Le véhicule a récemment injecté 11 M€ (200 MZAR) dans sept entreprises sud-africaines.

 

Événement :

  • 17-19 mars : forum 100 % virtuel « Digicloud Africa Online », organisé par l'agence francilienne Xcom et consacré à la thématique de l'accompagnement des entreprises africaines dans leur transition numérique, et qui verra la participation de 500 invités, dont les responsables de systèmes informatiques au sein de grandes entreprises et administrations.

 

Et aussi...

  • En dépit des dissensions internes évoquées dans le précédent bulletin, Digital Africa échappe pour l'instant à la dissolution, grâce à un débat « houleux mais franc » qui semble avoir porté ses fruits, le 25 février, entre les sept membres du conseil d'administration.
  • L'Agence Française de Développement (AFD) octroie 13,7 M€ au gouvernement burkinabé au profit des secteurs de l'énergie et de l'éducation, dont 5,4 M€ de subventions destinées à financer le projet Yeleen, qui vise à doter le pays de quatre centrales solaires.
  • La fintech camerouaine Diool, un agrégateur de services financiers lancé en 2015, collecte 2,9 M€ (3,5 M$) lors d'un tour de table mené par la holding suisse Lundin Group (contrôlée par une famille de milliardaires suédo-canadiens et essentiellement active dans l'industrie pétrolière et minière), auquel ont participé des actionnaires historiques de la société.
  • Au Maroc, Proparco va garantir un prêt accordé par la Banque Marocaine pour le Commerce et l'Industrie (BMCI) à Arma Casablanca, une société de collecte et de gestion de déchets ménagers, pour lui permettre de financer l'acquisition d'équipements modernes de collecte.
  • En Éthiopie, le groupe Orange et son partenaire d'Outre-Rhin la GIZ (Deutsche Geseellschaft für Internationale Zusammenarbeit) viennent d'inaugurer à Addis-Abeba le troisième Orange Digital Center de la région Afrique et Moyen-Orient, après ceux de Tunisie et du Sénégal. Regroupant en un même lieu une école de code, un fablab solidaire, un accélérateur de start-up Orange Fab et Orange Ventures Africa, ces centres numériques visent à favoriser l'employabilité des jeunes, encourager l'entrepreneuriat innovant et promouvoir le tissu numérique local.
  • L'Office National de l'Électricité (l'opérateur marocain unique de fourniture d'électricité du royaume) confie à Cegelec, filiale du géant tricolore Vinci, la mission de raccorder Laâyoune, au Sahara occidental, au réseau national.
  • Poursuivant la spécialisation de son réseau d'agences, Société Générale Maroc ouvre plusieurs centres d'affaires réinventés dédiés aux entreprises, dont trois ont déjà été inaugurés à Casablanca, Tanger et Agadir.
  • Conseillés par le cabinet guinéen Thiam & Associés, l'IFC (la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé), DFC (l'institution américaine de financement du développement) et un syndicat de banques internationales et guinéennes (dont BNP Paribas, Crédit Agricole, ING, Natixis et Société Générale) ont financé à hauteur de 684 M€ (823 M$) l'expansion de la mine de bauxite de Sangaredi de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG). Cette dernière a été conseillée par Norton Rose Fulbright et Sylla Partners.

 

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

 

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Retrouvez l'ensemble des chroniques CFNEWS (Afrique, mais aussi Asie et Amérique latine) :

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