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Afrique #140 : SNKP, MetroFibre, Impact Handling, Sayna, Global Tea, DeFi... Accès libre


© Sénégal Keni Painting (SNKP) / Altrad

© Sénégal Keni Painting (SNKP) / Altrad

BTP & services industriels : SNKP / Altrad (Sénégal / France)

Altrad, fabricant héraultais d’échafaudages, brouettes et bétonnières et autres matériels de BTP de 2,6 Md€ de revenus, qui s’est diversifié ces dernières années dans les services industriels, poursuit son expansion en Afrique en s’emparant de Sénégal Keni Painting (SNKP), une PME dakaroise de douze salariés spécialisée dans le décapage, la peinture et le traitement anti-corrosion (voir fiche opération sur CFNEWS). Grâce à cette acquisition, le groupe de Mohed Altrad prend pied au Sénégal, et se renforce dans le domaine des services aux futurs acteurs sénégalais du pétrole et du gaz (les grands projets d’hydrocarbures devant commencer dans le pays dès l’an prochain) ainsi que sur d’autres marchés comme celui de la construction. Leader en Afrique depuis une quarantaine d’années, Altrad Services Africa s’est d’abord implanté au Gabon dès la fin des années 1970 grâce à la compagnie pétrolière française Elf Aquitaine (aujourd'hui intégrée au sein du groupe TotalEnergies). Il s’est ensuite étendu aux principaux pays africains de l’O&G (Oil & Gas) tels que l’Algérie, l’Angola, la République du Congo (RDC), le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Guinée équatoriale.

Amine Chraa, SNKP

Amine Chraa, SNKP

Amine Chraa, directeur général de SNKP, a déclaré : « Ayant débuté comme sablier et peintre à l’âge de 17 ans chez Prezioso France, et mes contreventeurs les plus âgés étant également d’anciens employés de Prezioso Gabon, nous sommes tous très fiers et positifs de rejoindre le Groupe Altrad, qui possède aujourd’hui Prezioso. Ensemble, nous travaillerons sur de nouveaux projets tout en créant des synergies et de la valeur pour nos clients et prospects au Sénégal ».

 

Infrastructures télécoms : MetroFibre Networx / STOA / AIIM / SAHIF (Afrique du Sud / France)

Ce nouvel investissement dans l’opérateur sud-africain MetroFibre Networx confirme l’engagement de STOA en faveur du déploiement d'une connectivité abordable, fiable et rapide sur le continent africain. - © STOA

Ce nouvel investissement dans l’opérateur sud-africain MetroFibre Networx confirme l’engagement de STOA en faveur du déploiement d'une connectivité abordable, fiable et rapide sur le continent africain. - © STOA

Six mois après avoir participé à l’augmentation de capital de 81,9 M€ (1,5 MdZAR) de l'opérateur sud-africain MetroFibre Networx (relire bulletin #111 et article Le fonds infra de la CDC émet dans la fibre sud-africaine sur CFNEWS INFRA), le fonds tricolore STOA, African Infrastructure Investment Manager (AIIM), fonds africain de capital-investissement dédié aux infrastructures, et le South African Housing & Infrastructure Fund (SAHIF) se renforcent au capital. Ils acquièrent ainsi une part supplémentaire de 25,8 % dans le spécialiste de la FTTH (fiber to the home) et de la FTTB (fiber to the building), pour un montant resté confidentiel. Cette participation est cédée pour un montant gardé confidentiel par un actionnaire minoritaire dont le nom n'a pas été dévoilé, par Sanlam Private Equity, ainsi que par African Rainbow Capital, société de capital-investissement détenue par le milliardaire sud-africain Patrice Motsepe. (Pour plus de détails, lire l’article Stoa accorde à nouveau sa confiance à la fibre sud-africaine sur CFNEWS INFRA). En mars dernier, la société fondée en 2010 et dirigée par Steve Booysen avait en outre contracté un emprunt de 143 M€ (2,5 MdZAR) auprès du groupe bancaire local Investec, afin d’investir dans l’extension de son réseau de fibre optique à travers la nation arc-en-ciel (relire bulletin #129).

 

BTP : Impact Handling / Aprolis /  enX (Royaume-Uni / France / Afrique du Sud)

© Impact Handling

© Impact Handling

Désireux de réduire sa dette, le groupe sud-africain coté enX vient de céder le britannique Impact Handling, spécialisé dans la location de matériels de manutention, à son concurrent d’outre-Manche Aprolis, filiale du groupe Monnoyeur forte de 280 M€ de revenus, qui réalise ainsi la plus grosse opération de croissance externe de son histoire. En s’adjugeant les 81 M€ de chiffre d'affaires de la cible pour 36 M€, le français s’affirme en outre comme le premier loueur de manutention multi-marques et multi-matériels en Europe. (Pour plus de détails, lire l’article CFNEWS Aprolis fait main basse sur un britannique).

Le cédant est un groupe industriel diversifié qui fournit des produits et services haut de gamme pour l’industrie, la pétrochimie, la logistique et la gestion de flottes. Anciennement nommé Austro Group (du nom de sa seule filiale à l’époque de son introduction en bourse en 2007), enX Group a justifié la cession d’Impact Handling par l’autonomie de ce dernier : en l’absence de synergies, d’exploitation ou de gestion commune avec les entités sud-africaines du groupe, la transaction pouvait être accomplie sans perturbation opérationnelle excessive, ni perte d’économies d’échelle. Par ailleurs, la cession représente une opportunité intéressante pour la société de monétiser son investissement à une valorisation qui, selon le conseil d'administration du groupe coté, « reflète équitablement les perspectives et les flux de trésorerie futurs de l'entreprise », et qui serait « supérieure à celle intégrée dans le cours de l'action enX. »

 

Agriculture & agro-alimentaire : Global Tea & Commodities / Proparco / IFU / Si Adviser (Royaume-Uni / Kenya / Malawi / France / Danemark)

Plantation de café de Ngapani (Malawi) - © Global Tea & Commodities / Proparco

Plantation de café de Ngapani (Malawi) - © Global Tea & Commodities / Proparco

Proparco soutient financièrement le développement de Global Tea & Commodities, une compagnie britannique de thé, café et noix de macadamia équitables, active dans toute l’Afrique de l’Est -et notamment au Kenya et au Malawi- aux côtés de son homologue danois Investment Fund for Developing Countries (IFU), ainsi que de la société d’investissement londonienne Si Advisers (voir fiche opération sur CFNEWS). Fondé en 1992 par Nadeem Ahmed, actuel président exécutif, Global Tea & Commodities permet à des dizaines de milliers de petits exploitants agricoles (dont un pourcentage important de femmes) de subsister dans la région. Ses produits sont certifiés FairTrade et Rainforest Alliance.
L'investissement de Proparco, d’IFU et de Si Advisers (dont le montant reste confidentiel) financera notamment la construction d’une nouvelle usine de conditionnement du thé à Mombasa, une ville portuaire du sud du Kenya. Plus globalement, Nadeem Ahmed a fait part de son intention d’utiliser cet apport « pour étendre nos capacités d'ajout de valeur au Kenya et pour nous développer davantage en Afrique, en créant de nouveaux emplois, de nouveaux produits et en servant mieux nos clients. Nous sommes ravis qu'un consortium d'investisseurs aussi réputé et compétent nous rejoigne alors que nous entamons cette nouvelle étape de notre croissance. Cet engagement de deux institutions européennes de financement du développement fait suite à un emprunt que nous avons conclu auprès de la Société Financière Internationale. »

 

Formation numérique : Sayna / I&P / Miarakap (Madagascar / France)

© Sayna

© Sayna

Le fonds tricolore I&P (par l'intermédiaire du programme I&P Accélération Technologies, soutenu par Digital Africa) et son partenaire malgache Miarakap, un fonds d’investissement à impact dédié aux PME et aux start-up à fort potentiel de croissance sur l’île de Madagascar, ont investi un montant non divulgué dans la société Sayna, seule plateforme africaine d’edtech occupant à ce jour à la fois le créneau de la formation tech et du crowdsourcing (voir fiche opération sur CFNEWS). La jeune pousse lancée en 2018 par Matina Razafimahefa, une auto-entrepreneuse franco-malgache de vingt ans, a vocation à former des développeurs à Madagascar, en partenariat avec des entreprises locales, sur le modèle de l’École 42 de Xavier Niel. Cette entreprise sociale et solidaire s’adresse aux jeunes Malgaches défavorisés, qui seront formés au métier de développeur en treize semaines, formation professionnalisante au terme de laquelle ils pourront décrocher un emploi en alternance, travailler sur des projets internationaux, ou encore lancer leur propre société, avec l’aide  de Sayna. En 2018, la fondatrice affichait des objectifs pour le moins ambitieux : faire émerger dix mille digital workers en cinq ans pour répondre aux besoins de mille sociétés, devenir un acteur incontournable dans le monde de la tech, et faire de Madagascar un eldorado digital d’ici dix ans. D'ici 2024, la jeune dirigeante espère désormais permettre à huit mille Africains d’intégrer l’industrie du digital, et faire travailler plus de 3 500 personnes sur la plateforme de micro-tâches en répondant au besoin informatique de plus de trois cents PME et start-up dans le monde francophone. Parmi les entreprises partenaires françaises et malgaches qui ont déjà manifesté leur intérêt figurent la société spécialisée dans le conseil en innovation et transformation digitale Maltem consulting, ainsi que le groupe de télécommunications malgache Axian, dont la DRH a participé au processus de recrutement des étudiants de la première promotion. En 2021, Sayna a fait partie des pépites choisies par le Conseil présidentiel pour l'Afrique pour mettre en avant et comprendre les start-up qui ont le pied sur deux continents. L’école de formation en ligne a signé en outre, en avril dernier, un partenariat international avec l’un des leaders mondiaux du secteur, la société américaine Holberton.
Fruit d’une démarche entrepreneuriale menée par I&P et Emmanuel Cotsoyannis, un entrepreneur franco-malgache aguerri, Miarakap cible des entreprises de tous secteurs, dont les besoins en financement se situent entre 22 K€ et 221 K€ (entre 100 MGA et 1 MdMGA). Il a vocation à renforcer leurs fonds propres et devenir actionnaire minoritaire sur un horizon de temps de l’ordre de cinq ans. D’après le site d’Investisseurs & Partenaires, le portefeuille I&P / Miarakap comptait jusqu’alors six sociétés : Smart Predict, Jiro-Ve, HaiRun Technology, APEM-PAIQ, Vatel et Chick.

 

Électricité & EnR : DeFi / Engie / Energy Web (Afrique subsaharienne / France / Allemagne)

© Engie Energy Access / Engie Africa

© Engie Energy Access / Engie Africa

À l’heure actuelle, on estime à 580 millions le nombre d’Africains - en particulier dans les milieux ruraux - n’ayant pas encore accès à une électricité fiable. Afin de contribuer à changer la donne, Engie Energy Access, filiale du géant français Engie dédiée aux solutions d’accès à l’électricité depuis 2018, s’associe à l’allemand Energy Web pour lancer DeFi, une plateforme de financement décentralisé destinée à faciliter le déploiement des mini-grids solaires et des kits solaires en Afrique subsaharienne, via la cryptomonnaie Energy Web Tokens (EWT). Energy Web sera en charge de développer ladite plateforme, qui s’appuiera sur une technologie de blockchain pour permettre aux investisseurs de financer l’installation de systèmes d’énergie propre dans les foyers africains. Fenix International et Engie Mobisol, entités d’Engie Energy Access, distribueront les mini-grids solaires domestiques, tandis qu’Engie PowerCorner aura pour mission d’installer les systèmes solaires conteneurisés dans les zones rurales en Afrique subsaharienne.

 

Fonds - EnR : AREF / Berkeley Energy / Swedfund / CDC Group / Proparco / FMO / CDP / Sefa / BAD / CTF / CIF (Afrique subsaharienne / Maurice / Suède / Royaume-Uni / France / Pays-Bas / Italie / Côte d'Ivoire / International)

Pour répondre à la demande d’électricité en Afrique subsaharienne - qui devrait presque doubler d’ici 2040 en raison de la croissance démographique et de l’augmentation du PIB - l’Africa Renewable Energy Fund II (AREF II), géré par Berkeley Energy, vient de réaliser son premier closing à 130 M€. Sept investisseurs ont contribué à mobiliser cette enveloppe, à savoir Swedfund, l’institution financière du gouvernement suédois, ses homologues britannique (CDC Group), français (Proparco), néerlandais (FMO) et italien (CDP), le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (Sefa) de la Banque Africaine de Développement (BAD), ainsi que le Fonds pour les technologies propres (CTF) qui fait partie du Fonds d’investissement climatique (CIF). Visant une taille finale de 300 M€, AREF II financera le développement, la construction et l'exploitation d'actifs et de technologies liés aux énergies renouvelables, dans toute l’Afrique subsaharienne, à l’exclusion de l’Afrique du Sud, qu’il s’agisse de projets éoliens, solaires, de l’hydroélectricité au fil de l’eau ou encore des initiatives de stockage par batteries. Selon Proparco, qui a alimenté la fonds à hauteur de 15 M€, le véhicule soutiendra « des projets de taille moyenne connectés au réseau, généralement entre 10 et 100 MW chacun ».

 

Événement :

  • 7-8 juillet en multiplex : Sommet sur l’Engagement Sociétal des Entreprises entre l’Afrique, la France et l’Europe, qui sera diffusé sur une sélection de télévisions nationales du continent africain, le bouquet Canal+ Africa et sur internet, depuis Lomé, Dakar, Ouagadougou, Abidjan, Libreville, Kinshasa et Paris. Son ambition : contribuer à mettre la Responsabilité Sociétale, l’Inclusion, l’Économie Sociale & Solidaire, l’Investissement Socialement Responsable, l’Impact et les Objectifs de Développement Durable au cœur de la nouvelle relation soutenable, solidaire et équitable entre l’Afrique, la France et l’Europe. Une présentation de l'événement aura lieu le 24 juin lors d'une conférence de presse en ligne, avec notamment les représentants d’Affectio Mutandi, de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones (CPCCAF) et de Climate Chance.

 

Et aussi...

  • La Banque mondiale octroie 384 M€ (465 M$) pour améliorer l'accès à l'électricité dans les pays de la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), par l'intermédiaire de l’Association internationale de développement (IDA).
  • L’ivoirien Scanning Systems, spécialiste de la conception, du financement et de la réalisation en BOT de projets d’infrastructures dans le secteur du transport, a récemment obtenu un financement pour la construction de deux Postes de Contrôle Juxtaposés (PCJ) à Laléraba (frontière Côte d’Ivoire / Burkina Faso) et à Zégoua (frontière Côte d’Ivoire / Mali). 70 % des 18,9 M€ (12,4 MdXOF) requis ont été apportés par une syndication bancaire impliquant la Société Générale (chef de file), accompagnée du groupe Ecobank et de la Banque Nationale d’Investissement. Le solde sera financé sur fonds propres.
  • L’Eco, la nouvelle monnaie commune des États membres de la CEDEAO, sera lancée en 2027, contre 2020 comme prévu.
  • En Égypte, le constructeur français Alstom vient de remporter un contrat pour la fourniture de 55 rames destinées au renouvellement de la ligne 1 du métro de la capitale. Ce projet, qui s'inscrit dans le cadre d’un accord intergouvernemental d’1,8 Md€ concernant une liste de dix projets financés à des conditions préférentielles par l’AFD (dans le transport, l’énergie, le traitement de l’eau et l’assainissement), sera soutenu financièrement par la France grâce à un prêt concessionnel du Trésor de 800 M€.
  • Au Cameroun, le consortium franco-néerlandais APM / Bolloré l’emporte sur leur concurrent suisse Terminal Investment Ltd (TIL), dans l’affaire du processus d’appel à candidature pour la gestion du terminal à conteneurs du port de Douala. Cette victoire judiciaire conforte les précédentes décisions rendues par les tribunaux et les cours arbitrales à l’échelle nationale, continentale et internationale.
  • L’AFD alloue 137 M€ au gouvernement tanzanien pour la construction d’un centrale solaire photovoltaïque de 150 MWc à Kishapu, dans le nord du pays L’accord comprend un prêt de 130 M€ assorti d’un financement supplémentaire de 7 M€ pour l’étude de faisabilité.
  • Le sud-africain 27four Investment Managers a récemment lancé un accélérateur dirigé par des femmes et dédié aux femmes (27four Women), qui aura à cœur d’atteindre ses objectifs de parité des sexes dans la gestion d'actifs en Afrique du Sud.
  • Ambitionnant de développer des solutions d’électrification pour cinq millions de personnes d'ici 2030, le groupe EDF va déployer un nouveau dispositif pour permettre aux membres de la diaspora africaine de financer des kits de production solaire hors réseau, pour leurs proches résidant sur le continent africain, en particulier dans des zones rurales non desservies par le réseau électrique. Cette plateforme « Diaspora Énergie by EDF » sera d'abord lancée en Côte d'Ivoire.
  • Ausar Energy, filiale du groupe tricolore Engie, livrera le mois prochain la centrale solaire hybride de Ndjolé, d’une capacité attendue de 400 kW.
  • La Banque Africaine de Développement (BAD) a nommé au poste de directeur de la gestion financière le Français d’origine camerounaise Jacques Djofack, qui exerçait depuis avril 2018 en tant que chef de division au sein du département de la gestion financière de la BAD.
  • La start-up kényane de livraison de repas Kune, fondée en décembre dernier par le Français Robin Reecht, lève 843 K€ (1 M$) sous forme de pré-amorçage, auprès du VC mauricien Launch Africa Ventures, de la société d'investissement liechtensteinoise Century Oak Capital, des fermes nigériane Consonance et kényane Pariti afin de lancer son service complet de restauration à la demande.

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

 

 

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