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Afrique #141 : Ragni, BICIAB, Sasol, Ascendis, Trella... Accès libre


© Novéa Énergies (Ragni)

© Novéa Énergies (Ragni)

Éclairage : Ragni / Bpifrance / AfricInvest (France / Afrique / Tunisie)

Première ouverture de capital pour Ragni, spécialiste cagnois de l’éclairage public fondé en 1927. Le groupe dirigé par Marcel Ragni et ses deux fils Jean-Christophe et Stéphane - et jusqu’alors intégralement détenu par sa famille fondatrice - fait entrer dans son capital Bpifrance et AfricInvest Europe en tant qu’actionnaires minoritaires. Objectif : se faire épauler dans son expansion en France et à l’international, à commencer par l’Afrique où il est présent historiquement au Maroc et au Sénégal, et où il a déjà réalisé de nombreux projets dans le domaine solaire. Cette primo-ouverture de capital devrait en outre lui permettre d’accélérer ses investissements dans l’industrie 4.0, l’export et la transition écologique. L’entreprise familiale, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, conçoit et fabrique des luminaires traditionnels ou de type LED, ainsi que des solutions innovantes répondant aux besoins des smart cities. Sa filiale Novéa Énergies lui permet par ailleurs de se positionner sur le marché de l’éclairage autonome solaire. Ayant engrangé l’an dernier plus de 50 M€ de revenus, Ragni emploie près de cent cinquante salariés et possède un réseau de seize agences en métropole et en Outre-mer. AfricInvest a réalisé cet investissement à travers la deuxième génération de ses Fonds franco-africains dédiés aux PME françaises désireuses de se déployer rapidement sur le continent africain. Lancés en 2017, gérés par une équipe parisienne et soutenus par Bpifrance, ils prennent des tickets compris entre 3 et 6 M€ dans des entreprises basées dans l’Hexagone, générant un chiffre d’affaires de 20 à 300 M€, et ayant des ambitions notables en Afrique, que le projet soit déjà existant ou à développer. (Pour plus de détails, lire l’article Ragni s'attire les lumières de deux fonds sur CFNEWS.)

 

Services financiers : BICIAB / Vista Bank / BNP Paribas (Burkina Faso / Guinée / France)

© BICIAB

© BICIAB

BNP Paribas vient de finaliser la vente de sa filiale Banque Internationale pour le Commerce l’Industrie et l’Agriculture du Burkina (BICIAB), qui avait été annoncée à l’automne dernier (relire bulletin #108). Disposant déjà de vingt-deux agences en Guinée, neuf en Gambie et dix-neuf au Sierra Leone, la holding guinéenne Vista Bank, contrôlée par Lilium Capital (une firme de private equity basée à New York et dédiée à l’Afrique) devient officiellement l’actionnaire majoritaire de la cible, qui sera rebaptisée Vista Bank Burkina. Pour l’acquéreur, cette acquisition représente un « tremplin pour [son] expansion future » - pour reprendre l’expression de son président Simon Tiemtoré - en lui permettant de s’implanter dans l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). « L’acquisition de la BICIAB nous permet également de bénéficier de leur excellent portefeuille de clients fortunés et de grandes entreprises de renom, qui vient s’ajouter à notre offre actuelle, davantage axée sur les petites et moyennes entreprises et la banque de détail. Nous avons désormais l’envergure nécessaire pour mettre en œuvre notre stratégie commerciale, orientée vers le numérique et les échanges intra-africains, en Afrique de l’Ouest. Portés par cette dynamique, nous pourrons tirer parti des immenses avantages qu’apportera la mise en place imminente de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine. », a précisé Simon Tiemtoré. Mohamed Ba, nouvellement nommé au poste de managing director de l’ancienne filiale burkinabé de BNP Paribas, apportera de surcroît au groupe son expertise dans le domaine bancaire (voir fiche opération avec conseils sur CFNEWS). Pour rappel, c’est dès 2016 que BNP Paribas - désireux de se recentrer sur les marchés africains en forte croissance et présentant un environnement des affaires stable, à l’instar du Maroc ou du Sénégal - a entrepris le processus devant lui permettre de solder sa présence dans les États du continent où il était confronté à des tensions avec les partenaires locaux, et dont les actifs étaient jugés « non essentiels » (relire notamment bulletins #92 et #128).

 

Bourse & Services industriels : site de Secunda / Air Liquide / Sasol (Afrique du Sud / France)

© Air Liquide / Site de Sasol à Secunda

© Air Liquide / Site de Sasol à Secunda

Opération d’envergure pour le champion tricolore des gaz industriels, Air Liquide, qui met la main sur la plus grande usine d’oxygène au monde. Pour finaliser l’acquisition du site sud-africain de Secunda (situé à 140 km environ à l’est de Johannesburg), jusqu'ici détenu par son confrère et partenaire local Sasol, le géant coté aux quelque 21 Md€ de revenus a déboursé 480 M€ (plus de 8 MdZAR). Composé de seize « unités de séparation des gaz de l'air » (ASU), le site possède une capacité de production maximale de 42 000 tonnes d'oxygène par jour grâce à ses plus de 220 employés, lesquels seront intégralement repris par Air Liquide (voir fiche opération sur CFNEWS). Selon le P-dg de ce dernier, Benoît Potier, « la finalisation de cette opération représente une étape clef de notre partenariat avec Sasol, avec qui nous collaborons depuis quarante ans. Notre objectif est de combiner efficacité opérationnelle et réduction des émissions de CO2 tout en contribuant significativement au développement de l'économie sud-africaine ». Ce rachat s’inscrit dans le cadre de l’engagement du groupe tricolore à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Air Liquide et Sasol ont également lancé un appel d'offres en vue de fournir 600 MW d'énergie renouvelable au site de Secunda d’ici 2025, dans l’optique de sécuriser un approvisionnement en énergie renouvelable allant jusqu'à hauteur de 900 MW d'ici à 2030. Présent sur le site depuis 1979, le groupe français de gaz industriels, qui détient et opère déjà une dix-septième ASU, entend lancer un plan pluriannuel pour moderniser les installations.

 

Bourse - Santé animale : Ascendis Animal Health / Ascendis / Amethis / Phatisa (Afrique du Sud / France)

Le groupe coté sud-africain de soins de santé Ascendis négocie actuellement avec les capital-investisseurs Amethis et Phatisa (via leurs véhicules Amethis Fonds II et Phatisa Food Fund 2) au sujet du rachat de son activité de santé animale (Animal Health), pour un montant compris entre 44 et 46 M€ (740 et 790 MZAR). Les discussions amorcées pourraient aboutir prochainement. Initialement, Ascendis avait retenu un soumissionnaire privilégié, suite à un processus lancé en août dernier. Estimant que ce potentiel acquéreur n’avait pas la capacité de réaliser une transaction à des conditions favorables pour ses actionnaires, le fabricant de médicaments pour animaux a néanmoins préféré retenir les offres de son compatriote Phatisa et du fonds d’investissement Amethis, créé par Luc Rigouzzo et Laurent Demey en 2012, et exclusivement axé sur le continent africain. Produisant des médicaments pour animaux de ferme, Animal Health a réalisé 29 M€ (489 MZAR) de chiffre d’affaires l’an dernier, soit une hausse de 5 % par rapport à 2019, mais ne contribue qu’à hauteur de 7 % environ aux revenus globaux du groupe. Ascendis souhaite par ailleurs céder deux autres actifs jugés non essentiels, à savoir les entités Dezzo et Biosciences.

 

Logistique : Trella / Maersk Growth / Raed Ventures (Égypte / Danemark / Arabie saoudite)

© Trella

© Trella

Le danois Maersk, premier armateur mondial, a co-dirigé aux côtés du VC saoudien Raed Ventures, un investissement de 35 M€ (42 M$) au sein de la start-up égyptienne Trella, qui met en relation des expéditeurs de marchandises avec un réseau de camionneurs. À eux deux, Maersk Growth et Raed Ventures ont mobilisé 25 M€ (30 M$) sous forme de capital propre, le solde étant fourni sous forme de dette par un consortium d’institutions financières et d’investisseurs locaux. Ayant connu une croissance significative en 2020 - en dépit d’un contexte difficile - la cible entend recruter plus de personnel grâce à cette levée de fonds, et poursuivre son développement au-delà de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et du Pakistan, ses trois principaux marchés d'opérations. Opérationnelle depuis 2018, la jeune pousse fondée par Omar Hagrass (un ancien d’Uber) et deux associés, va s’étendre dans les États arabes du Golfe au cours des neuf prochains mois, ainsi qu’en Afrique de l’Est et de l’Ouest au cours des douze prochains mois.

 

Industrie forestière : usine d’Owendo / Rougier (Gabon / France)

© Rougier

© Rougier

Dans le cadre de la mise en œuvre de son recentrage stratégique au Gabon, le producteur et négociant français de bois Rougier - dont le chiffre d’affaires a régressé de 46 M€ en 2019 à 43 M€ en 2020 - projette de céder son usine d’Owendo à un groupe d’industriels européens, au plus tard le 31 décembre 2021 après versement d’un acompte acquis en cas de non-réalisation. L’accord prévoit également la mise en concession de l’usine d’Owendo (effective depuis fin mai dernier) auprès des acquéreurs en contrepartie d’une redevance mensuelle jusqu’à la date de cession effective. Ni l’identité des acquéreurs ni le montant de l’opération n’ont été divulgués à ce jour. Présent depuis 1952 dans le pays, le groupe forestier dispose sur le site de quarante hectares dédiés à la fabrication de meubles de luxe « Made in Gabon » . Pour faire face à la demande européenne, la filiale gabonaise de la multinationale augmentera au deuxième semestre le niveau de sa production forestière certifiée FSC.

 

Nouvel accélérateur : IFM-Birimian Accelerator x Africa / Birimian / Institut Français de la Mode (Afrique / Maurice / Côte d’Ivoire France)

© Birimian / IFM / APO

© Birimian / IFM / APO

Birimian, une société d'investissement au service du luxe made in Africa, basée à Maurice et en Côte d'Ivoire, s’allie avec l’Institut Français de la Mode (IFM), l’une des écoles de mode de référence au niveau mondial, pour lancer l’accélérateur IFM-Birimian Accelerator x Africa. Fondée il y a quelques mois par Laureen Kouassi-Olsson, ex d’Amethis et de Lehman Brothers (relire bulletin #133), la société dédiée aux marques africaines de luxe et haut de gamme souhaite soutenir financièrement et accompagner chaque année dix jeunes créateurs, grâce à ce programme innovant d’accélération pour les marques émergentes d’héritage africain dans les secteurs de la mode, des accessoires et de la bijouterie. L’appel à candidatures s’est ouvert ce lundi 28 juin et se terminera le 31 août prochain.
Parallèlement, Birimian a scellé un deuxième partenariat avec WSN, la société organisatrice des salons parisiens à destination des professionnels internationaux de mode, afin de renforcer la visibilité des marques africaines et d’élargir leurs opportunités de distribution à l’international. Dans le cadre du programme d’accélération lancé avec l’IFM, les deux entités prévoient notamment d’organiser des événements en marge des Market Week et Fashion Week Parisiennes, mettant en lumière les marques et designers du programme.

 

Nomination - Fonds & Infrastructures : Africa50 (Maroc / Afrique)

Tshepidi Moremong, Africa50

Tshepidi Moremong, Africa50

Le fonds panafricain axé sur les infrastructures Africa50 nomme Tshepidi Moremong Chief Operating Officer, avec prise de poste effective le 1er juillet. Exerçant depuis 2014 au sein de Rand Merchant Bank (RMB) en Afrique du Sud, où elle était responsable de la couverture client pour le reste du continent, elle devra diriger une équipe multidisciplinaire chargée de la collecte de fonds, des relations avec les investisseurs, de la stratégie, des ressources humaines et de l’administration, des communications et de la gouvernance environnementale et sociale.

 

Événement :

  • Paris (Novotel Tour Eiffel), 1er juillet (9h-17h30) : Forum Afrique 2021 sur le thème « Entreprises en Afrique : un nouveau pacte pour la relance », organisé par le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), en partenariat avec le journal L’Opinion. Cette manifestation, qui réunira environ 350 participants, sera diffusée en direct sur les réseaux sociaux de l’Opinion et du CIAN. La session plénière de la matinée sera séquencée autour de trois tables-rondes d’une quarantaine de minutes chacune : la première sera consacrée au rôle des entreprises, « bras armé de la relance », la deuxième aura pour thème « la crise, accélérateur de la transformation des entreprises en Afrique », et la troisième sera dédiée aux « passerelles entre grands groupes, PME et jeunes pousses locales ». S'ensuivront l'après-midi des ateliers B to B, dont un consacré à la transformation agro-industrielle au Togo.

 

Et aussi...

  • Une fintech franco-kényane vient de remporter la médaille d'or de la cinquième édition annuelle de We Law You, un concours pour start-up organisé par le cabinet DS Avocats en partenariat avec plusieurs incubateurs et pépinières internationaux. Spécialisée dans l'inclusion financière et la collecte de données commerciales des commerçants informels via téléphone mobile, Asimilia vise à connecter ces derniers au système financier formel afin de leur permettre d’accéder à la croissance.
  • Le producteur indépendant d’électricité (IPP) français GreenYellow et le groupe malgache Axian viennent de lancer les travaux d’extension de la centrale solaire photovoltaïque d’Ambatolampy à Madagascar. D'ici la fin de l'année, la capacité de l’installation passera de 20 MWc actuellement à 40 MWc, devenant l’une des plus grandes installations photovoltaïques en service dans la sous-région Afrique de l’Est. Dans cette optique, les deux partenaires, qui détiennent respectivement 49 % et 51 % de la société d'exploitation ad hoc, investiront 17 M€ (voir fiche opération sur CFNEWS INFRA).
  • S’appuyant sur une combinaison de fonds philanthropiques et d'investissements privés, la SFI et la Fondation Rockefeller comptent mobiliser jusqu’à 1,7 Md€ (2 Md$) dans des solutions d’énergies renouvelables distribuées, prioritairement en Afrique subsaharienne. Dans cette optique, elles ont signé un partenariat pour déployer 126 M€ (150 M$) du capital catalytique de la RF dans le financement mixte.
  • Au Maroc, l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) vient de bénéficier d'un financement de 37,5 M€ de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), en faveur de projets d’alimentation en eau potable.
  • Mediterrania Capital Partners (MCP), une firme de private equity espagnole qui se focalise sur les entreprises à fort potentiel de croissance en Afrique, remplace SPE Capital (qui avait lui-même succédé en 2019 au fonds Amethis) dans le capital du leader marocain de la grande distribution Dislog, qui projette de s'introduire en Bourse l'an prochain.
  • Le chantier naval français Raidco Marine a vendu une dizaine de vedettes à la marine ivoirienne, dans le sillage d'Israel Shipyards (qui a quant à lui signé pour deux navires patrouilleurs avec Abidjan), dans le cadre d'un contrat d'un montant total de 80 M€.
  • Le groupe français Open Sky International inaugure son premier établissement scolaire au Maroc. Basé à Casablanca, l'école proposera une offre d’enseignement trilingue (français, anglais, arabe) et accueillera dix-huit enfants par classe de la maternelle au primaire dès la rentrée de septembre.
  • Active au Mali, la compagnie minière australienne Firefinch a émis 117 millions de nouvelles actions ordinaires sur le marché, afin de lever 35,5 M€ (46,9 $AUD). Objectif : soutenir ses ambitions en termes de croissance de la production d’or à Morila et de développement du projet de lithium Goulamina.
  • Créée en 2020 par Keshia Dupros, passionnée d’Afrique et spécialiste de marketing digital, l'initiative 14 km lancera en septembre prochain la première plateforme internationale dédiée aux mobilités vers le continent africain. Objectif : mettre à disposition de tous ceux qui, originaires d’Europe, souhaitent s’établir et prospérer en Afrique, la possibilité d'interagir avec un écosystème adapté et regroupé en un seul lieu (organismes publics, institutions, entreprises, associations).
  • L'ONG française Gevalor vient de livrer à la ville de Dschang, au Cameroun, la toute première station de tri semi-autonome de déchets d’Afrique subsaharienne. Le projet d’une valeur globale de 786 k€ (515,28 MXAF), porté par Gevalor, ambitionne de diffuser les résultats de cette expérience à l’échelle du Cameroun.

 

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

 

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