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Afrique #148 : Zola Electric, Baobag, Baobab+, Nithio, Accor...


© Zola Electric

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Électricité & EnR : Zola Electric / TotalEnergies Ventures / DBL Partners / Helios Investment Partners / Vulcan Capital / Electron Capital Partners / FMO / SunFunder (Afrique / Pays-Bas / France / États-Unis / Royaume-Uni / Kenya)

Le fournisseur amstellodamois de solutions d’énergies renouvelables Zola Electric, très axé sur l’Afrique, réunit 76,7 M€ (90 M$) en dette et en equity pour parts égales, afin de pénétrer de nouveaux marchés et développer la prochaine génération de ses produits hardware et software. La levée en equity est menée par TotalEnergies Ventures, le fonds de capital-risque du géant des hydrocarbures TotalEnergies, avec la participation du VC franciscanais à impact DBL Partners, de la firme londonienne Helios Investment Partners, de Vulcan Capital, la family office basée à Seattle de Paul Allen (co-fondateur de Microsoft), du hedge fund new-yorkais Electron Capital Partners et des business angels Lyndon et Pete Rive (voir fiche opération sur CFNEWS). Parallèlement, la banque de développement néerlandaise FMO et SunFunder - un intermédiaire financier de l'industrie du solaire off-grid, basé à Nairobi - ainsi que d’autres prêteurs spécialisés dans l’accès à énergie, ont apporté la dette. Objectif de Zola Electric : fournir à terme un accès à l’énergie à 2,2 milliards de personnes et des centaines de milliers d’entreprises qui en sont actuellement privées, grâce à ses batteries intelligentes (pouvant être intégrées à n’importe quelle source d’énergie, y compris le solaire), couplées à un logiciel fournissant des données d’analyses et contrôlant les systèmes des clients. L’entreprise dessert actuellement environ 1,5 million de personnes dans plus de dix pays, principalement en Afrique, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud. Depuis sa fondation en 2011 par Erica Mackey, Xavier Helgesen et Joshua Pierce, le distributeur de solutions solaires hors réseaux a levé 132 M€ (155 M$) en capitaux propres et 38 M€ (45 M$) en dette.

 

Produits industriels : Baobag / LBO France / AfricInvest Europe / BNP Paribas Développement (France / Afrique)

© Baobag

© Baobag

Après sa participation en juin dernier à l’ouverture du capital de Ragni, troisième fabricant français de solutions d'éclairage public (relire bulletin #141 et article Ragni s'attire les lumières de deux fonds sur CFNEWS), AfricInvest Europe soutient une nouvelle entreprise française dans ses projets d’internationalisation. La filiale française d’AfricInvest - le leader panafricain du private equity basé à Tunis - a ainsi jeté son dévolu sur Baobag, une entreprise girondine d'emballages industriels née en 2007 qui vient de renouveler son actionnariat à l’occasion d’un LBO bis la valorisant près de 50 M€. Le fonds LBO France - via son véhicule Small Caps Opportunities II et le FPCI dédié au Fonds de Réserve pour les Retraites - devient l’actionnaire majoritaire, et invite à ses côtés non seulement AfricInvest Europe, mais également BNP Paribas Développement. L'équipe de direction, emmenée par Fabrice Saffré, réinvestit significativement dans ce tour de table. iXO Private Equity et Bpifrance, qui avaient pris une participation majoritaire dans la société lors d’un MBO en 2016, signent leur sortie.
C’est par l’intermédiaire des Fonds Franco-Africains (FFA) qu’est intervenu AfricInvest Europe. Ce véhicule géré par une équipe parisienne soutient des PME tricolores ayant des ambitions sur le continent africain, qu’il s’agisse de projets existants ou à développer, en prenant des tickets compris entre 3 et 6 M€. Il se focalise sur des entreprises engrangeant de 20 à 300 M€ de revenus annuels. Fort de 47 M€ de chiffre d’affaires en 2020 (dont moins de 20 % à l’international), Baobag est déjà présent sur le marché marocain. Désireux d’accélérer sa croissance en Afrique, où le taux de pénétration des grands récipients pour vrac souples (big bags) demeure faible, la PME aux 53 collaborateurs vise aussi le marché européen, en particulier espagnol et italien (pour plus de détails, lire l’article Baobag emballe un nouveau majoritaire sur CFNEWS).

 

Électricité & services digitaux : Baobab + / Norfund (Afrique / France / Norvège)

© Baobab+

© Baobab+

Après avoir récolté 4 M€ en avril dernier auprès de ses sponsors initiaux, dont le groupe français de micro-finance Baobab (relire bulletin #131), la société francilienne de kits solaires et smartphones Baobab+ se donne les moyens de financer son expansion dans de nouveaux marchés sur le continent - à commencer par le Nigeria et la République Démocratique du Congo (RDC). Elle vient de réaliser dans cette optique une augmentation de capital de 10 M€ souscrite par Norfund, le fonds public d’investissement norvégien, gestionnaire d’un portefeuille de 2,8 Md€ (3,3 Md$) sur le continent (voir fiche opération sur CFNEWS). La jeune pousse entend prendre part à l’explosion démographique sans précédent que doit connaître l’Afrique dans la décennie à venir, « en électrifiant et digitalisant le monde rural » selon les termes d’Alexandre Coster, son dirigeant fondateur depuis 2015. Ambitionnant de desservir un million de foyers d’ici cinq ans en Afrique subsaharienne, Baobab+ est implanté aujourd’hui dans quatre pays - Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal et Madagascar - où il a déjà équipé 220 000 ménages et servi plus de 1,2 million de bénéficiaires au cours des cinq dernières années. En dépit de la pandémie, cette société à fort impact social a connu une croissance annuelle soutenue de 60 % de son activité entre août 2020 et août 2021. Outre l’accès à l’électricité, elle a su développer un business model original en offrant à ses clients des solutions digitales adaptées à leurs besoins, en partenariat avec des start-ups locales : smartphones avec un paiement progressif, ajout de contenus liés à l’e-éducation, la santé ou la gestion de petites activités entrepreneuriales… Grâce à sa maison mère, Baobab (ex Microcred), acteur majeur de l’accès à l’inclusion financière en Afrique, l’entreprise dirigée par Alexandre Costner a par ailleurs développé un scoring (technique qui permet d'affecter un score à un client ou prospect) permettant à ses clients Pay-As-You-Go de devenir éligibles à un nano-crédit, en utilisant leur historique de remboursement du produit solaire ou numérique comme première expérience de crédit.

 

Services financiers & EnR : Nithio / DFC / FSD Africa / EDFI ElectriFI ( Nigeria / Kenya / Ouganda / États-Unis / Union européenne)

© Nithio

© Nithio

Nithio, une plateforme d’investissement à impact dont le siège social est sis à Washington D.C., et qui a vocation à financer les systèmes d’énergie solaire autonome grâce à un système d’analyse des risques basé sur l’intelligence artificielle, obtient 8,5 M€ (10 M$) de la Société financière américaine pour le développement international (DFC). Cet apport s’inscrit dans une levée de fonds plus large de 19,6 M€ (23 M$) à laquelle ont contribué FSD Africa Investments (FSDAi), la branche d’investissement du kényan FSD Africa, ainsi qu’EDFI ElectriFI (Electrification Financing Initiative), un organisme financé par l’Union européenne (UE). Les fonds mobilisés seront réinvestis dans les entreprises qui produisent et distribuent de l’énergie solaire hors réseau dans trois pays africains, à savoir le Nigeria, le Kenya et l’Ouganda. Depuis sa création en 2018, Nithio s’est déjà engagée au Kenya, avec un investissement dans le groupe de micro-finance Rafode, qui propose grâce à l’intelligence artificielle des produits axés sur les zones rurales (en particulier l’octroi de prêts pour l’acquisition de systèmes solaires domestiques), et au Nigeria, où la plateforme a investi dans Winock Solar, A4&T Power Solutions, et VEP.  Elle espère d’ici 2025 faire bénéficier in fine de son soutien 3,5 millions de personnes.

 

Services financiers : dopay / Force Over Mass Capital / FMO / NN Group / Mbuyu Capital / Alder Tree Investments (Égypte / Royaume-Uni / Pays-Bas / Suède)

© dopay

© dopay

Moins de deux mois après l’obtention de sa licence d’agent bancaire, la fintech égyptienne dopay lève 15,4 M€ (18 M$) à l’occasion d’une série A menée par la firme britannique Force Over Mass Capital, la banque néerlandaise de développement FMO et NN Group, une société d’investissement basée à La Haye. Le londonien Mbuyu Capital et le suédois Alder Tree Investments ont également participé au tour de table, destiné à élargir la gamme de services financiers de cette société qui propose aux entreprises et personnes non bancarisées des services de paiement numérisé. Fondée en 2014, elle souhaite par ailleurs se développer dans son pays natal, l’Égypte, considéré comme « le plus grand marché de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord » par son fondateur et directeur général, Frans van Eersel. « L'Égypte compte environ 2,4 millions d'entreprises individuelles et 104 millions de personnes, dont 67 % n'ont pas de compte bancaire, tandis que 94 % n'ont pas accès au crédit », a indiqué Wouter Volckaert, directeur des investissements chez Force Over Mass Capital. « Chaque entreprise qui adhère à dopay apporte en une seule transaction tout un effectif, et c'est un fort levier de croissance. Leur nouvelle plateforme offre une intégration aux employés, tout en permettant à dopay de faire évoluer son entreprise à son rythme ».

 

Hôtellerie : Fairmont Djibouti / Carnegie Hill Hospitality / Accor (Djibouti / France)

Mark Willis, Accor

Mark Willis, Accor

Présent en Afrique depuis plus de quatre décennies, le groupe hôtelier tricolore Accor s'étoffe d'un nouvel hôtel sur le continent avec le Fairmont Djibouti, un établissement luxueux qui devrait ouvrir ses portes en 2024. Stratégiquement situé près de la plage du Plateau du Serpent, offrant ainsi à ses visiteurs à la fois une proximité pratique avec le port de Djibouti et des vues superbes sur la mer, il comprendra 155 chambres et dix apart'hôtels, cinq espaces de restauration combinés à 1 398 m² d’installations pour réunions et événements. « Accor a toujours été un acteur clé de l’industrie du tourisme en Afrique, a déclaré Mark Willis, P-dg d’Accor Inde, Moyen-Orient, Afrique et Turquie, et Djibouti ne fait pas exception. Nous sommes convaincus que ce projet profitera grandement au paysage hôtelier de Djibouti avec l’introduction de l’une des marques de luxe phare de Accor, Fairmont, tout en soutenant les efforts du gouvernement pour sa "Vision Djibouti 2035" ».
Pour la signature de ce premier hôtel Accor à Djibouti, le géant coté opérant 155 actifs en Afrique (et disposant d’un pipeline de 85 autres hôtels) a scellé un partenariat opérationnel avec Carnegie Hill Hospitality, leader des secteurs hôtelier et immobilier dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Fondé en 2018 et dirigé par Haibado Ismail (fille du chef de l’État, Ismaïl Omar Guelleh), ce dernier appuie ses ambitions à travers des développements « greenfield » et des partenariats stratégiques dans tous les segments du secteur touristique. Southbridge et Willkie Farr & Gallagher ont conseillé Carnegie Hill Hospitality lors de ce rapprochement avec la chaîne hôtelière française.

 

Événement :

  • Paris (au Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance), 5-6 octobre : troisième édition d’Ambition Africa, organisé par Business France, placé sous le haut patronage du président de la République Emmanuel Macron et soutenu par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance. En présence de ministres, d’ambassadeurs et de délégations d'entreprises venant de l'ensemble du continent africain, l'événement a pour ambition de renforcer et d'accélérer les liens économiques entre la France et l’Afrique. Seront abordés les enjeux et les opportunités du continent africain autour de seize tables rondes, mais aussi des conférences, du networking et des rencontres B2B entre les entreprises françaises et africaines.

 

Et aussi...

  • Suite à un accord signé fin août pour un projet de transport par câble au sein de la capitale Tanarive, un protocole financier entre autorités malgaches et françaises a été conclu le 20 septembre dernier, afin de préciser le financement des douze kilomètres de desserte qui seront construits par les entreprises tricolores Poma et Colas. Cette ébauche d’un nouveau système de transport public sera financée par un prêt direct du Trésor de 28 M€, couplé avec un crédit bancaire de la Société Générale d’un montant de 882 M€, garanti par Bpifrance. Un second accord a été signé entre la France et Madagascar pour financer la construction de la centrale hydroélectrique de Mandraka III, qui représente une puissance de 5 MW et un montant de 40 M€.
  • La Nouvelle Société Interafricaine d’Assurance (NSIA), l’un des principaux groupes ivoiriens de bancassurance, se renforce en Afrique de l’Ouest et Centrale avec le rachat de quatre filiales d’assurances appartenant au groupe africain Sanlam (ex Saham), respectivement situées au Togo, au Gabon, au Congo et en Guinée. En échange, Sanlam acquiert la filiale NSIA Assurance au Mali.
  • Réalisé par la société française Ellipse Projects, qui s’est chargée du projet de son pré-financement à sa livraison, le nouvel hôpital de Touba au Sénégal a été inauguré le samedi 18 septembre, en présence du président sénégalais Macky Sall. S’inscrivant dans une stratégie de lutte contre les déserts médicaux, cette infrastructure est l’un des quatre établissements réalisés aux quatre coins du pays.
  • Amped Innovation, fournisseur américain de solutions d’accès à l’électricité via l’énergie solaire, particulièrement actif au Nigeria, obtient une facilité de 5 M€ (6 M$) auprès d’EDFI ElectriFI (Electrification Financing Initiative), un organisme financé par l’UE.

 

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

 

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