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Afrique #154 : Abipa International, EDF, Chipper Cash, Connect Group...


© Groupe ARM et sa filiale SPMA

© Groupe ARM et sa filiale SPMA

Aéronautique - Produits & services industriels : Abipa International / Abipa Canada / Groupe ARM / SPMA (Canada / France / Maroc)

Un nouveau groupe aéronautique, ambitionnant de s’ériger en chef de file mondial de l’usinage de précision, vient d’être porté sur les fonts baptismaux le 1er novembre dernier. Fruit du rapprochement stratégique du québécois Abipa Canada et de son confrère le Groupe ARM, Abipa International atteint une taille critique significative avec un chiffre d’affaires de plus de 70 M€ (100 M$CAD) et 400 employés (voir fiche opération sur CFNEWS). Présent sur trois continents, il dispose de six sites au Canada, en France, mais également au Maroc grâce à la filiale SPMA du Groupe ARM, installée au cœur du pôle aéronautique de Casablanca. Abipa Canada sera la société mère du nouvel ensemble, dont le capital sera détenu par les actionnaires historiques de l’entreprise française - la famille Couillaud, Ace Capital Partners, Irdi Capital Investissement et Oséo, filiale de Bpifrance - et ceux du groupe canadien, à savoir son président Jean Blondin, le Fonds de solidarité FTQ, ainsi qu’Exportation et développement Canada (EDC). Ces deux derniers apportent en outre 10,5 M€ (15 M$CAD) en capitaux propres dans le cadre d’une structure de capital équilibrée avec les dirigeants, afin d’appuyer la structure financière d’Abipa International. Jean Blondin assurera la présidence et la direction générale du groupe, tandis que Ludovic Couillaud (président du Groupe ARM) deviendra Vice-Président Exécutif et Directeur Général Europe et Maroc. Ace Capital Partners et Irdi Capital Investissement étaient actionnaires du Groupe ARM depuis 2013 (lire l’article Groupe Arm s'envole vers le Sud-Ouest sur CFNEWS). De son côté, FTQ était entré au capital d’Abipa Canada en 2012 aux côtés de Jean Blondin et de la direction, dans l’optique notamment d’appuyer sa croissance internationale.

 

EnR : projets de Coleskop, de San Kraal et de Phezukomoya / EDF Renouvelables / H1 Holdings / Gibb-Crede (Afrique du Sud / France)

Parc éolien de Grassridge en Afrique du Sud - © EDF Renouvelables

Parc éolien de Grassridge en Afrique du Sud - © EDF Renouvelables

Présent depuis un demi-siècle sur le continent africain, la filiale EDF Renouvelables s’y renforce avec l’acquisition de trois projets éoliens en Afrique du Sud aux côtés de ses partenaires locaux H1 Holdings et Gibb-Crede. D’une capacité totale de 420 MW, les parcs de Coleskop, de San Kraal et de Phezukomoya permettront de contribuer à la fois aux objectifs du gouvernement sud-africain d’augmenter d’ici 2030 la part des EnR (qui constitue actuellement moins de 20 % du mix énergétique du pays), et aux ambitions du géant tricolore qui entend doubler sa capacité nette d’énergies vertes de 28 à 60 GW entre 2015 et 2030. Grâce à ces infrastructures situées dans la municipalité d'Umsobomvu (entre les provinces de l’Eastern Cape et du Northern Cape), ce sont pas moins de 420 000 habitants qui bénéficieront de l'électricité décarbonée produite chaque année. Après un bouclage financier prévu au printemps 2022, la mise en service de ces parcs éoliens devrait avoir lieu au cours des deux années suivantes (voir fiche opération sur CFNEWS INFRA).

EDF Renouvelables est déjà un acteur reconnu du paysage énergétique sud-africain, puisqu’il y exploite au total quatre parcs éoliens, représentant une capacité installée de 144 MW. Avec les nouveaux projets remportés cette année, l’énergéticien détient à présent un portefeuille de près de 880 MW de capacités en exploitation et en développement. Aux parcs éoliens de Coleskop, de San Kraal et de Phezukomoya s’ajoutent en effet deux autres projets : la centrale solaire de 100 MW au sein de la mine de platine de Mogalakwena, pour laquelle EDF et son partenaire Pele Green Energy ont été retenus en septembre dernier dans le cadre d'un appel d'offres mené par l’entreprise minière Anglo-American Platinum, et le projet Umoyilanga, qui associe les technologies solaire, éolienne et de stockage par batteries, remporté en mars 2021 dans le cadre d’un consortium formé avec son partenaire Perpetua Holding.

 

Services financiers : Chipper Cash / FTX / SVB Capital / Deciens Capital / Ribbit Capital / Bezos Expeditions / One Way Ventures / Tribe Capital (États-Unis / Afrique / Bahamas)

Chipper Cash est la plus grande plateforme mobile de transfert d'argent transfrontalier en Afrique. - © Chipper Cash

Chipper Cash est la plus grande plateforme mobile de transfert d'argent transfrontalier en Afrique. - © Chipper Cash

Toujours présentée comme l’une des licornes africaines - bien que son siège social soit basé à San Francisco - la fintech Chipper Cash vient de réaliser une extension de son tour de table de série C, dont le closing avait eu lieu fin mai 2021. La pépite lancée en 2018 par l’ougandais Ham Serunjogi et le ghanéen Maijid Moujaled avait alors collecté 82 M€ (100 M$), montant complété le mois suivant par 2,5 M€ (3 M$) supplémentaires, auprès d’un consortium d’investisseurs mené par SVB Capital, la branche d'investissement de la banque américaine Silicon Valley Bank. Cette levée de fonds visant notamment à se lancer au Royaume-Uni avait permis à la cible de dépasser le seuil emblématique du milliard de dollars de valorisation (relire bulletin #137). Avec cette nouvelle extension, ce sont près de 130 M€ (150 M$) que la société de paiements transfrontaliers africaine est parvenue à mobiliser, se valorisant ainsi 1,7 Md€ (2 Md$). Le tour de table a été mené par la plateforme d’échange de crypto-monnaie FTX (basée aux Bahamas) de Sam Bankman-Fried, dont il s’agit du premier investissement « africain ». Les investisseurs historiques SVB Capital, Deciens Capital, Ribbit Capital, Bezos Expeditions (détenu par le milliardaire américain et patron d’Amazon Jeff Bezos), One Way Ventures et Tribe Capital (tous américains) ont souhaité remettre au pot. Présente dans sept pays du continent (Ghana, Ouganda, Nigeria, Tanzanie, Rwanda, Afrique du Sud et Kenya), l’entreprise aux deux cents salariés et quelque entend fournir les meilleurs tarifs tout en facilitant les transferts d’argent peer-to-peer de l’Afrique vers les États-Unis.

 

Services financiers : Connect Group / Net 1 UEPS Technologies (Afrique du Sud)

© Connect Group

© Connect Group

En Afrique, 2021 s’affirme plus que jamais comme un millésime record pour les opérations de M&A dans le secteur des fintech. Le sud-africain Connect Group (Cash Connect Management Solutions) est la septième entreprise de technologie financière dont l’acquisition a été annoncée cette année, selon les statistiques de la plateforme de données américaine Crunchbase. Fondée en 2006 et dirigée par Steven Heilbron, la cible rejoint le giron de Net 1 UEPS Technologies, une société de technologie financière cotée sur la Bourse de Johannesbourg (JSE), présente en Afrique, en Asie et en Europe. Financée par la dette, l’émission de nouvelles actions et des compensations en cash, la transaction d’un montant d’environ 210 M€ (3,7 MdZAR) porte sur la totalité du capital et valorise Connect Group autour de 273 M€ (315,3 M$). Son closing est prévu pour le premier trimestre 2022. Désireux de devenir le leader du secteur des fintech en Afrique du Sud, Net1 compte sur ce rachat - selon son directeur général Chris Meyer - pour élargir sa base clientèle constituée de PME, nombreuses dans la nation arc-en-ciel puisqu'on en dénombre environ 44 000.

 

Éducation : ISGA / AfricInvest (Maroc / Tunisie)

© ISGA

© ISGA

Annoncée par plusieurs médias marocains dès septembre, une nouvelle acquisition d’AfricInvest dans le secteur éducatif du royaume chérifien vient d’être confirmée. Le capital-investisseur panafricain, basé à Tunis et disposant de dix autres bureaux (Abidjan, Alger, Casablanca, Lagos, Le Caire, Nairobi et Ebene en Afrique, ainsi que Paris, Washington et Dubaï), s’empare de 80 % du capital du groupe d’enseignement privé marocain ISGA. Ce LBO primaire a été réalisé conjointement avec l’homme d’affaires tunisien Tawhid Chtioui (qui deviendra le Pd-g de la cible), avec l’assistance de la banque d’affaires locale Baker Tilly Burj Finance. Scotto Partners a conseillé Tawhid Chtioui, tandis que le bureau casablancais de DLA Piper est intervenu auprès d'AfricInvest (voir fiche opération sur CFNEWS). Les nouveaux actionnaires remplacent ainsi la famille fondatrice Diouri, qui détenait jusque-là la majorité du capital. À travers cette prise de participation, le fonds s’engage à soutenir le plan de développement du groupe quadragénaire au cours des cinq prochaines années.

 

Nomination - Banque d’affaires : SouthBridge (Côte d’Ivoire / France)

Jean-Christ Ametepe, SouthBridge

Jean-Christ Ametepe, SouthBridge

La banque d’affaires panafricaine SouthBridge, dont le siège social est sis à Paris, promeut Jean-Christ Ametepe à la tête de son bureau d’Abidjan. C’est en juillet 2018 dans la capitale française qu’il avait rejoint la banque fondée par Lionel Zinsou et Donald Kaberuka. En tant qu’assistant director puis - à partir d’avril 2019 - de director, le nouveau directeur de l’antenne ivoirienne a joué un rôle important dans les premières années d’activité du groupe bancaire. Fort de ses expériences dans des firmes comme Amundi Private Equity Funds, Ardian et Andera Partners (ex Edmond de Rothschild Investment Partners), mais aussi plus récemment au sein de KPMG Paris, Jean-Christ Ametepe fera bénéficier SouthBridge de ses expertises en conseil et private equity.

 

Nomination - Avocats : White & Case (France / Afrique)

Nicholas Macheras, White & Case

Nicholas Macheras, White & Case

Un spécialiste du continent africain vient d’être recruté par White & Case au sein du département Développement et Financement de Projets de son bureau parisien. Nicholas Macheras intègre en effet le cabinet en qualité de counsel. Précédemment senior associate chez Herbert Smith Freehills depuis 2017, il représentera des institutions financières dans le cadre de financement de projets et de financement d’export, notamment dans les secteurs des énergies et des matières premières, en France comme à l’international.

 

Événements :

  • Abidjan, 23-24 novembre : troisième édition de l’Africa Fintech Forum, la plus importante plateforme en Afrique francophone de réflexion, d’action, de connaissances et de réseautage dédiée à la fintech africaine. Thème de cette rencontre inclusive : « Paver toute l’industrie de la fintech africaine ». Les participants s’intéresseront aux challenges, aux opportunités et aux actions nécessaires pour développer toute cette industrie des technologies financières en Afrique.
  • Annecy (Centre des Pensières de la Fondation Mérieux), 25-27 novembre : quatorzième édition de la Rencontre Europe-Afrique organisée par l’Institut Aspen France (centre international d’échanges et de réflexion pour décideurs, experts et leaders français et étrangers) sous le thème « Agenda 2063 : à la recherche d’un business model africain », en présence de dirigeants et d’experts européens et africains de haut niveau. La Banque mondiale sera partenaire officiel de cette rencontre. Organisée depuis 1994 et présidée par Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la Rencontre Europe-Afrique réunit tous les deux ans des personnalités européennes et africaines de premier plan, autour de problématiques qui ont trait au développement et à la relation entre l’Afrique et l’Europe.

 

Et aussi...

 

  • La Société Financière Internationale (SFI ou IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, s’allie avec le gestionnaire d’actifs Amundi afin de lancer un nouveau fonds d’investissement d’une taille cible de 1,7 Md€ (2 Md$) : le Build Back Better Emerging Markets Sustainable Transaction Bond aura vocation à orienter les capitaux des investisseurs institutionnels vers des émissions obligataires durables émanant d’entreprises et institutions financières dans les pays en développement. Dans le contexte de la lutte contre les effets de la pandémie, il s’agit donc de favoriser une reprise verte, résiliente et inclusive en Afrique et dans d’autres marchés émergents.
  • Les britanniques InfraCo Africa et Helios Investment Partners mutualisent leurs efforts pour créer un fonds infrastructurel et multisectoriel ciblant des projets et activités durables en Afrique. Climate, Energy Access and Resilience (Clear) vise une enveloppe finale de 303 M€ (350 M$).
  • Initiative similaire dans la foresterie durable en Afrique subsaharienne, avec l’engagement pris par le fonds australien New Forests, en accord avec les banques de développement des gouvernements britannique, norvégien et finlandais, de mobiliser 431 M€ (500 M$) afin de réduire la pression sur les forêts du continent.
  • Autre résultat de la 26e conférence internationale sur le climat (COP 26), qui se tient à Glasgow depuis le 1er novembre et jusqu’à vendredi prochain inclus : la mise en place d’un nouveau fonds de 1,3 Md€ (1,5 Md$) destiné à protéger le bassin du fleuve Congo. S’étendant sur six pays (Cameroun, République centrafricaine, RDC, Congo, Guinée équatoriale et Gabon), le bassin du Congo est considéré comme le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Douze États donateurs - dont le Royaume-Uni à hauteur de 353 M€ soit 409 M$ - financeront ce fonds entre 2021 et 2025.
  • Toujours dans le cadre de la COP26, la Banque européenne d’investissement (BEI) et Allianz Global Investors vont lancer un nouveau fonds, Emerging Market Climate Action Fund (EMCAF), axé sur l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci dans les pays en développement dont ceux du continent africain. Les gouvernements allemand et luxembourgeois y contribueront, aux côtés du Fonds nordique de développement (FND), de la société mère d’AllianzGI, Allianz, et de l’assureur suédois Folksam.
  • La COP26 a vu par ailleurs le 2 novembre la naissance d’une alliance pour apporter l’énergie renouvelable à un milliard de personnes en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Prenant la forme d’un fonds de 8,6 Md€ (10 Md$), l'Alliance mondiale pour l'énergie au service des populations et de la planète (GEAPP) s’attelera à lever 86 Md€ (100 Md$) de capitaux sur une décennie.
  • Le groupe télécoms français Orange et la société américaine Oracle, spécialisée dans les systèmes de gestion de base de données, vont collaborer afin de développer les services cloud en Afrique de l’Ouest.
  • Bolloré Transport & Logistics scelle un accord avec les Douanes et KiwiPay Afrique Centrale SARL, entreprise spécialisée dans le e-commerce, dans l’optique de favoriser le développement du commerce électronique au Cameroun.  

 

 

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

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