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Afrique #157 : 35°Nord, WIOCC, Ozow, Yassir, OCS...


© 35°Nord

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Services & Conseil aux entreprises : 35°Nord / Avisa Partners (France / Afrique)

Neuvième acquisition en moins de six ans pour Avisa Partners, qui vient de mettre la main sur 35°Nord, agence de communication et d’influence spécialisée sur l’Afrique. La société d’intelligence économique, d’affaires internationales et de cybersécurité, créée en 2010 et soutenue en minoritaire par Raise et Rives Croissance depuis 2019, renforce ainsi son expertise africaine. Si elle ne disposait pas encore de bureau sur le continent, elle y était déjà présente, en particulier en tant que co-organisatrice du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique. « Nous sommes très heureux d’accueillir 35°Nord, un partenaire de confiance avec qui nous travaillons depuis de nombreuses années. L’Afrique est un continent où nos clients cherchent à développer et à diversifier leurs activités, car il offre des opportunités exceptionnelles, pour peu qu’on dispose de la connaissance de ces marchés. », a affirmé Matthieu Creux, président d’Avisa Partners. Tablant sur un chiffre d’affaires de près de 45 M€ cette année, avec 27 associés et 180 consultants et ingénieurs à Paris, Washington, Miami, Bruxelles, Londres et Genève, le groupe d’intelligence économique et affaires stratégiques s’approprie plus de 5 M€ de revenus supplémentaires en 2021, avec ce build-up portant sur l'intégralité des titres de 35°Nord. Fondée en 2012, la cible propose à sa cinquantaine de clients africains et internationaux une offre globale en matière d'influence éditoriale (relations presse), d'influence digitale, et sur les affaires publiques/lobbying. L’agence emploie une trentaine de collaborateurs à Paris et sur le continent (à Kinshasa, Abidjan et Maurice), dont quatre associés. (Pour plus de détails, lire l’article Avisa Partners étend son influence en Afrique sur CFNEWS.)

 

Infrastructures numériques & télécoms : West Indian Ocean Cable Company / African Capital Alliance / Proparco / Emerging Africa Infrastructure Fund / International Finance Corporation (Maurice / Royaume-Uni / France / États-Unis)

© WIOCC

© WIOCC

Le mauricien West Indian Ocean Cable Company (WIOCC), fournisseur d’infrastructures numériques de très haute capacité (informatique hyperscale) en Afrique, desservant des clients grossistes dans une trentaine de pays, lève 178 M€ (200 M$), dont 71 M€ (80 M$) en fonds propres. Le britannique African Capital Alliance (ACA), société d’investissement alternative basée aux Îles Caïman, a injecté 67 M€ (75 M$) en equity, via son véhicule CAPE IV. Le solde en fonds propres a été octroyé par l’équipe de direction - emmenée par le P-dg Chris Wood - et un actionnaire historique. Proparco, la branche dédiée au secteur privé de l'AFD, Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF), une compagnie Public Private Partnership (PPP) contrôlée par l'organisme international Private Infrastructure Development Group (PIDG), et la Société Financière Internationale (SFI ou IFC) ont quant à eux fourni un prêt de 107 M€ (120 M$). Proparco et EAIF avaient déjà apporté leur concours financier à WIOCC l'an dernier (relire bulletin #105). Grâce à ces nouvelles ressources, la société fondée en 2007 compte mener à bien ses projets d’expansion, tant en Afrique qu’à l’international, mais aussi accélérer ses investissements dans l’amélioration de l’infrastructure hyperscale du continent. Offrant des solutions de connectivité aux acteurs des technologies de l'information et de la communication (TIC), sa plateforme infrastructurelle couvre d’ores et déjà plus de 75 0000 km. Le sud-africain Verdant Capital a conseillé le fournisseur panafricain de connectivité lors de ce tour de table.

 

Services financiers : Ozow / Tencent / Endeavor Catalyst / Endeavor Harvest Fund (Afrique du Sud / Chine / États-Unis)

© Ozow

© Ozow

Fondée en 2014 par Thomas Pays ​​pour favoriser l'inclusion financière grâce à l'open banking, la fintech sud-africaine Ozow réunit 42 M€ (48 M$) à l’occasion d’une série B menée par le mastodonte coté chinois Tencent - actif dans les services internet et mobiles ainsi que la publicité en ligne - et incluant Endeavor Catalyst (véhicule de co-investissement du new-yorkais Endeavor) et Endeavor Harvest Fund (Endeavor South Africa). Ces nouvelles ressources contribueront au développement de son offre de produits (passerelles centralisées de paiements numériques permettant aux consommateurs d'accéder à leur plateforme bancaire sur internet lorsqu'ils effectuent des transactions en ligne) et à son extension à de nouveaux marchés en Afrique. Les millions de commerçants et de particuliers qui l’utilisent déjà se verront proposer davantage de solutions de paiement alternatives. La jeune pousse fondée en 2014 envisage par ailleurs de mener des investissements stratégiques, et notamment des fusions et acquisitions. Depuis juin 2019, date de sa levée de fonds de 2,2 M€ (2,5 M$) en série A, elle a connu une croissance moyenne de 100 % par an, tandis que sa base de clients continue d’augmenter de façon exponentielle, avec plus de 120 0000 utilisateurs rejoignant la plateforme chaque mois.

 

Transports & e-services : Yassir / WndrCo / DN Capital / DX Ventures / Kismet Capital / Spike Ventures / Quiet Capital / Endeavor Catalyst / FJ Labs / VentureSouq / Nellore Capital / Moving Capital (Algérie / États-Unis / Royaume-Uni / Allemagne / Russie / Émirats arabes unis)

© Yassir

© Yassir

Huit mois après avoir pris pied au Canada, l’opérateur de VTC (voitures de transport avec chauffeur) Yassir, lancé en 2017 et souvent présenté comme le nouvel « Uber algérien », ambitionne désormais de conquérir l’Afrique subsaharienne dans les mois à venir. Pour ce faire, il vient de boucler une levée de fonds de 27 M€ (30 M$) en série A auprès d’un grand nombre d’investisseurs internationaux : WndrCo (basé à Los Angeles), DN Capital (Londres), DX Ventures (branche d’investissement de Delivery Hero, basée à Berlin), Kismet Capital (Moscou), Spike Ventures (Stanford Alumni, Manchester), Quiet Capital (San Francisco), Endeavor Catalyst (New York), FJ Labs (New York), VentureSouq (Dubaï), Nellore Capital (San Francisco) et Moving Capital (Uber Alumni Investment Club, Santa Monica), aux côtés d’investisseurs existants et de business angels. « Nous utiliserons les fonds pour tripler la taille de notre équipe d’ingénierie, pour répondre à nos ambitions en matière de produits, consolider notre croissance sur les marchés existants via les produits actuels et nouveaux, et ainsi nous développer sur de nouveaux marchés, principalement en Afrique sub-saharienne mais aussi dans d’autres zones géographiques stratégiques​ », a détaillé Noureddine Taibi, fondateur de Yassir. Revendiquant aujourd’hui plus de deux millions d’utilisateurs, la pépite algéroise a su développer pendant la pandémie des services complémentaires pour s’adapter aux exigences de sa clientèle : livraison de colis, produits d’épicerie, cosmétiques, appareils électroménagers… au point de venir une place de marché multi-services de confiance au Maghreb. Aujourd’hui présente dans vingt-cinq villes en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc) et à l’étranger (France, Canada), elle compte intégrer certaines réalités locales en matière de transport dans la région sud-subsaharienne, à savoir l’omniprésence des motos-taxis, surtout à l’est du continent. Elle devra en outre non seulement éviter les écueils connus par son confrère tricolore Heetch (qui a échoué à s’affirmer durablement à Douala et à Abidjan), mais aussi composer avec les opérateurs locaux de VTC, jouissant d’une meilleure maîtrise du marché, et avec lesquels il pourrait s’allier pour concurrencer les opérateurs étrangers qui dominent largement celui-ci (à commencer par l’américain Uber ou l’estonien Taxify). En mars 2020, Yassir avait démenti la rumeur malveillante et fortement médiatisée d'un rachat par le dubaïote Careem, qui venait de prendre pied en Algérie et s'apprêtait lui-même à rejoindre le giron d'Uber.

 

Restauration : Overseas Catering Services / Adenia Partners / Proparco (Maroc / Maurice / France)

Six mois après l’annonce de leur projet de prise de contrôle conjoint du casablancais Overseas Catering Services (OCS), actif dans la restauration d’entreprise et les services connexes (facilities management), le fonds mauricien Adenia Partners et l’institution financière française Proparco bouclent le rachat de la majorité des parts de l’entreprise, deuxième plus grand acteur du secteur de la restauration au sein du royaume chérifien, et qui s’est par ailleurs étoffé par croissance externe en début d’année, en s’emparant du traiteur local Proxirest. Ni le montant ni le pourcentage de prise de participation n’ont été officiellement confirmés, mais selon plusieurs sources citées par l’Agence Ecofin, Adenia Partners - dont il s’agit du premier investissement au Maroc et qui ouvre à cette occasion son premier bureau dans le pays - aurait acquis 70 % de parts et Proparco 15 % (voir fiche de l’opération avec les conseils sur CFNEWS). Co-fondée par François Bonnot et René Lancien (fondateur du traiteur Ansamble) en 2009, la cible propose ses services de restauration sous la marque « Ansamble » à plus de 180 clients dans cinq pays (Maroc, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mauritanie et Émirats arabes unis). Exploitant également les franchises françaises Brioche Dorée et La Croissanterie au Maroc, elle s’est diversifiée en proposant des services de nettoyage au Sénégal sous la marque Alizés, ainsi que des services de garde d'enfants au Maroc sous la marque À Deux Pas. Elle espère « passer [...] au niveau supérieur » grâce à cette association avec deux investisseurs reconnus pour leurs « antécédents enviables », pour reprendre les termes de son P-dg, François Bonnot. Le prestataire de services, qui emploie quelque 3 300 salariés, poursuivra son développement dans ses marchés actuels, tout en renforçant ses normes en matière de gestion des installations, dans l’optique d’améliorer ses performances financières. Stéphane Bacquaert et Christophe Scalbert représenteront Adenia Partners au conseil d'administration d’OCS, tandis que Proparco sera représenté par Daniel Outré.

 

Services financiers : Asilimia / Norrsken Impact Accelerator / Bpifrance / GreenTec Capital Partners (Kenya / Suède / France / Allemagne)

© Asilimia

© Asilimia

La fintech kényane Asilimia, qui vise à libérer M-Pesa (système de microfinancement et de transfert d'argent par téléphone mobile, lancé en 2007 par Vodafone) des coûts de transaction, mobilise 1,8 M€ (2 M$) en pré-amorçage, dont 888 K€ (1 M$) en equity auprès de l’accélérateur suédois Norrsken Impact Accelerator et de nombreux business angels - parmi lesquels Fredrik Jung Abbou (co-fondateur de la healtech Kry et de la fintech Lendo) - et le solde en dette auprès notamment de Bpifrance et de l’allemand GreenTec Capital Partners. L’apport en equity financera le renforcement de son offre, le recrutement de nouveaux collaborateurs et son développement sur d’autres marchés en Afrique de l’Est. L’emprunt lui permettra d’accorder des crédits aux PME, sur la base de données de son application Leja, afin de les aider à développer leurs activités. Incubée à Station F à Paris, la start-up co-fondée et dirigée par Tekwane Mwendwa depuis 2017 a remporté la Coupe d’Afrique lors du SA Innovation Summit 2019, obtenant en récompense 317 K€ (350 K$) de la firme nigériane Unicorn Group. Grâce à ce financement, Asilimia avait notamment ajouté l’application Leja à son portefeuille.

 

 

Événements :

  • Report « jusqu’à nouvel ordre » de l’édition 2021 de l’Africa Investment Forum (AIF), prévue du 1er au 3 décembre à Abidjan sous l'égide de la Banque Africaine de Développement (BAD), en raison des mesures exceptionnelles prises par de nombreux pays face au variant Omicron.
  • 2 décembre (dès 14h) : première édition de l’Africa Digital Economy Forum, organisée en ligne par La Tribune Afrique, en partenariat avec Huawei, et qui prendra la forme d’une plateforme d’échanges mettant l’économie numérique au cœur des problématiques et solutions du continent, avec comme enjeu premier son développement. Objectif : impulser une réflexion et des actions concrètes tant sur les stratégies et les investissements que sur la règlementation du secteur du numérique, au sein des organisations publiques comme privées.
  • Dakar, Paris et New York (en présentiel avec diffusion en ligne), 7 décembre : soirée annuelle de mobilisation de campagne de la Fondation Alima, dédiée au continent africain, sur le thème de « Transformer la médecine humanitaire ». Cette campagne de levée de fonds aidera notamment l'association à renforcer la recherche sur les maladies émergentes et autres urgences qui touchent l’Afrique (Ebola, Lassa, paludisme), tout en lui permettant parallèlement de poursuivre la lutte contre la malnutrition infantile.

 

Et aussi...

  • Pour financer la construction de la centrale hydroélectrique de Ngoulmendjim (82 MW) sur la rivière Komo, au Gabon, le consortium Fonds Gabonais d’investissements stratégiques (FGIS)-Eranove entend lever 300 M€ (196,7 MdXAF) sur le marché international, dans le cadre d’un mandat d’arrangement porté par la Banque Africaine de Développement (BAD) et un mandat de structuration porté par Standard Chartered Bank (SCB).
  • En Libye, la major cotée TotalEnergies s’est engagée auprès des autorités à développer ses activités d’extraction du pétrole, et surtout à investir dans l’énergie solaire photovoltaïque en construisant 500 MW de centrales solaires, ce qui devrait aider le pays à réduire son déficit de production d’électricité (évalué à près de 2 800 MW).
  • À l’inverse, le coup d’État de septembre dernier en Guinée, conjugué aux effets de la pandémie, viennent de contraindre TotalEnergies à renoncer aux blocs A4 et C2 dans l'offshore guinéen.
  • Au terme d’une longue procédure judiciaire, le tribunal de commerce de Paris a tranché en faveur du malgache Sipromad, dans le conflit l’opposant au français Euronews, à propos de la cession avortée de la filiale de ce dernier, la chaîne télévisée congolaise Africanews (relire bulletin #117).
  • Le groupe digital égyptien Benya et le micro-VC américain Openner ont lancé le 9 novembre dernier un fonds de capital-risque d’une taille cible de 43 M€ (50 M$) pour investir dans des start-up locales, régionales et africaines.
  • L’Agence Française de Développement (AFD) octroie un prêt de 89 M€ (100 M$) à la banque commerciale sud-africaine FirstRand Bank, pour l’aider à financer des projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.
  • Proparco accorde un prêt de 40 M€ à la Caisse Régionale de Refinancement Hypothécaire de l’UEMOA (CRRH-UEMOA) pour  le refinancement de prêts au logement abordable consentis par les banques de l’UEMOA aux populations à revenus modestes de la zone.
  • En Égypte, le groupe de distribution français Casino investira 57 M€ (64 M$) pour s’étendre au pays des pharaons au cours des cinq prochaines années, avec l’ouverture de quinze points de vente sous les formats hypermarchés (Géant Casino) et supermarchés (Casino).
  • Le projet d’un Centre d’excellence d’Afrique pour la valorisation des déchets en produits à haute valeur ajoutée (CEA Valopro) vient d’être inauguré à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Projet de la Banque mondiale lancé en 2019 et qui ayant bénéficié du financement de l’AFD à hauteur de 5,2 M€, l’établissement abritera des travaux universitaires destinés à valoriser les déchets, les reconvertir et contribuer ainsi à l’assainissement du milieu de vie des populations locales.

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

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