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Afrique #87 : BICIG, Stéfany Emballages et Services, Covid-19, Jumia, FOCEP... Accès libre

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BNP Paribas a entrepris de revoir la gestion de ses implantations géographiques, notamment en Afrique, mais revendiquait encore 10 555 collaborateurs sur le continent en mars dernier.

BNP Paribas a entrepris de revoir la gestion de ses implantations géographiques, notamment en Afrique, mais revendiquait encore 10 555 collaborateurs sur le continent en mars dernier. - © BNP Paribas South Africa

Banque & Finance : BICIG / FGIS / BNP Paribas (Gabon / France)

Au terme d’un processus de cession ayant duré plus de deux ans, la banque cotée BNP Paribas plie définitivement bagages au Gabon suite au rachat par le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) de l’intégralité de sa participation (47,04 %) dans la Banque internationale pour le commerce et l'industrie du Gabon (BICIG). En juin 2018 (relire bulletin #11), le groupe bancaire français lui avait déjà cédé 41 % de parts pour un montant avoisinant les 40 M€, tout en en conservant 6 %. L’État gabonais, déjà à la tête de 26,2 % du capital de la BICIG, avait alors pris officiellement le contrôle du premier réseau bancaire du pays, le FGIS, en tant gestionnaire exclusif du fonds souverain national depuis 2012, constituant en effet le bras armé de l'État en matière de prises de participations. La finalisation ce 27 mars du rachat du bloc d’actions détenues par BNP Paribas marque le départ de l’actionnaire historique, soucieux de revoir son modèle économique, et ouvre la voie à une nouvelle ère. L’identité de l’investisseur stratégique qui le remplacera comme actionnaire de référence n’a pas été divulguée, mais ce repreneur bancaire aurait déjà été trouvé selon certaines sources proches du dossier. L’accord de juin 2018 prévoyait en effet que la reprise des parts de BNP Paribas par le FGIS soit simplement du portage d’actions, en attendant qu’un repreneur crédible se manifeste. Le Fonds Monétaire International (FMI) avait recommandé que la finalisation de l’opération ne se fasse que si un repreneur était déjà trouvé avec l’accord de la COmmission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), le régulateur du secteur dans la zone CEMAC (voir fiche de l’opération avec les conseils sur CFNEWS). La banque tricolore maintiendra néanmoins un contrat de service transitoire avec son ancienne filiale gabonaise, et assurera la mise à disposition de personnel auprès de celle-ci jusqu’à la finalisation des négociations avancées entre le FGIS et le mystérieux partenaire stratégique panafricain. Elle devrait ensuite jouer le rôle de partenaire technique de la BICIG durant trois ans. Même si la cible, fondée en 1973, était l’une des rares filiales africaines du groupe français à figurer dans le top 5 local, les relations de ce dernier avec les autorités locales étaient particulièrement tendues depuis plusieurs années, et BNP Paribas disposait d’une marge de manœuvre limitée, avec une majorité du capital aux mains d’opérateurs gabonais. À ce jour, le groupe bancaire tricolore emploie encore 10 555 collaborateurs sur le continent africain sur un effectif total de 198 816 personnes dans le monde.

Industrie plasturgique & Santé : Stéfany Emballages et Services / Plastica (France / Côte d’Ivoire)

Dans le contexte de la pandémie, Stéfany Emballages Services (SES) croule sous les demandes pour produire en urgence des sacs à ouverture soluble destinés aux blanchisseries des hôpitaux dans le traitement du linge contaminé.

Dans le contexte de la pandémie, Stéfany Emballages Services (SES) croule sous les demandes pour produire en urgence des sacs à ouverture soluble destinés aux blanchisseries des hôpitaux dans le traitement du linge contaminé. - © SES

Le groupe ivoirien Plastica s’implante hors du continent avec la reprise de la société Stéfany Emballages et Services (SES), basée à Saint-Pal-de-Mons (Haute-Loire), premier fabricant français indépendant de sacs à ouverture double pour le linge contaminé et de sacs à fermeture étanche pour les prélèvements médicaux. Cette nouvelle filiale en France permettra à l’entreprise familiale ivoirienne, dirigée par Abbas Badreddine, et leader en Afrique de l’ouest francophone dans le secteur de la plasturgie, d’acquérir un savoir-faire particulièrement recherché en pleine pandémie de Covid-19. « On augmente notre chiffre d’affaires de 20 % sur les dernières semaines, on est le seul fabricant français sur les liens hydrosolubles pour les sacs de linge contaminé donc avec le contexte actuel du coronavirus, les commandes affluent et on essaie d’y faire face tant bien que mal avec toutes les difficultés de trésorerie que l’on avait, dues au redressement judiciaire », a confié Yohan Fialon, délégué syndical de l’entreprise. Fondé en 1988, SES était à la recherche d’un repreneur depuis un an. Fort d’environ 8 M€ de chiffre d’affaires réalisé avec 36 salariés, et vendant jusqu’à présent l’intégralité de sa production au sein de l’Hexagone, le fabricant altiligérien connaissait des difficultés financières en raison d’une politique d’acquisition mal maîtrisée et d’investissements trop importants dans la production de plastiques biodégradables (dont la demande est restée limitée). D’abord écarté par les juges consulaires du tribunal de commerce du Puy-en-Velay début janvier, Plastica a finalement obtenu les faveurs de la cour d’appel commerciale de Riom le 30 mars grâce à un chèque de 3 M€ et la promesse de maintenir 100 % des emplois - contrairement à son concurrent local, la PME Leygatech (68 M€ de chiffre d’affaires en 2018), dont l’offre avait été rejetée en bloc par les salariés. Basé dans la zone industrielle de Koumassi à Abidjan, Plastica fait partie du top 3 des plus gros producteurs de plastique en Côte d’Ivoire. Employant 1 500 personnes, il opère entre autres dans le domaine de la production des films plastiques, des articles de ménage, des chaises et tables, des contenants plastiques et des sacs tissés réutilisables (voir fiche opération sur CFNEWS).

Bourse & E-commerce : Jumia / Rocket Internet (Nigeria / Allemagne)

La plateforme Jumia, une infrastructure complète.

La plateforme Jumia, une infrastructure complète. - © Jumia

Confrontée à un « retour de bâton » du marché sur la Bourse de New York, où elle s’est introduite en fanfare il y a un an (relire bulletin #47) la licorne panafricaine Jumia vient de perdre l’un de ses principaux actionnaires. L’incubateur allemand Rocket Internet, qui l’avait lancée en 2012 et détenait encore 11 % des parts de la marketplace au 8 novembre dernier, a en effet cédé sa participation entre cette date et le début de la crise du coronavirus. Bettina Curtze, responsable des finances et des investissements de la société d’investissement technologique berlinoise, a refusé de révéler le produit de la vente, précisant toutefois qu'il était inclus dans les 2,1 Md€ (2,3 Md$) de liquidités nettes dont disposait la société au 31 mars. Première société technologique africaine à être cotée à Wall Street, Jumia avait d’abord vu ses actions grimper en flèche (jusqu’à 70 %), mais elles avaient chuté un mois plus tard suite aux révélations d’un trader selon lesquelles la start-up lagotienne aurait publié des informations erronées lors de son IPO. En dépit de belles performances commerciales (croissance de 58 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre, à près de 40 M€ soit 43 M$, et base clientèle portée à 4,8 millions contre 3,2 millions par rapport à la même période de l’année précédente), Jumia a continué de perdre de l’argent (67,8 M€ au cours de la période, contre 42,3 M€ en 2018). Sa valeur a ainsi chuté de 90 % depuis son IPO. Ces pertes croissantes ont incité la société de e-commerce à quitter certains pays africains (Tanzanie et Rwanda) et à réduire ses activités dans d'autres (Cameroun). L’« Amazon africain », fondé par les Français Sacha Poignonnec et Jérémy Hodara, est actuellement présent dans onze pays du continent (à commencer par le Nigeria, son principal marché) contre quatorze au moment de sa cotation.

Focus : le point sur la pandémie en Afrique

Covid-19 UNE

Bien que le nombre de cas confirmés en Afrique ait été multiplié par dix en quinze jours (il dépasse aujourd’hui le seuil des 10000), le tsunami tant redouté n’a pas (encore) eu lieu. Mais le manque criant d’équipements et la difficulté de confiner une population vivant majoritairement d’une économie informelle laissent présager de sombres perspectives. Et si la crise sanitaire sera peut-être moins dramatique qu’escompté, grâce à des mesures prises très tôt, les conséquences économiques se révèleront vraisemblablement d’une toute autre ampleur - alors que les économies d’Afrique subsaharienne n’avaient été que faiblement touchées lors de la crise financière de 2008.

Impacts actuels, impacts futurs

Revers des mesures de confinement et de restriction des déplacements : une paralysie du secteur logistique africain qui a entraîné un début de pénurie de biens essentiels comme la nourriture, les fournitures médicales et les articles sanitaires. Sur le plan financier, le montant cumulé des fonds levés par les start-up africaines au premier trimestre 2020 a diminué d'un peu plus de 57 % par rapport au trimestre précédent (225 M€ soit 245 M$ pour 86 transactions, contre 527 M€ soit 577 M$ pour 109 transactions au dernier trimestre 2019). Du côté des Bourses africaines, du fait du triple choc représenté par le coronavirus, la baisse des produits pétroliers, et les restrictions des activités économiques dans le monde, les pertes de valeurs des sociétés cotées ont atteint 131 Md€ (143 M$) au premier trimestre 2020, touchant près de 716 entreprises cotées. Selon une étude réalisée par Finactu, groupe de conseil spécialisé dans le continent africain, intitulée « Le Coronavirus et l’Afrique : Crise sanitaire et crise économique aggravées par la faiblesse des filets de sécurité sociale africains », le continent devrait inventer son propre modèle de lutte contre le Covid-19. À la mécanique mondiale enchaînant crise sanitaire et crise économique vont s’ajouter des facteurs aggravants propres aux économies africaines : poids des matières premières, fragilité des pays dépendants de la Chine, manque de plan de soutien étatique suffisant, mais également faiblesse de ses filets de sécurité, du fait de la surreprésentation du secteur informel, de l’absence de mécanisme de résilience sociale, ou encore de la dépendance alimentaire. Une note diplomatique du Centre d'Analyse, de Prévision et de Stratégie (CAPS), un think tank du gouvernement français, va jusqu’à prédire un effet quasi-apocalyptique de la pandémie sur les États africains. Selon le rapport, qui a suscité une vive polémique sur le continent, le coronavirus s’avérera « la crise de trop qui déstabilise durablement, voire qui mette à bas des régimes fragiles (Sahel) ou en bout de course (Afrique centrale) ». Les auteurs suggèrent ainsi à la France de se tourner vers de nouveaux interlocuteurs avec qui coordonner les « efforts de gestion de la crise en Afrique » : autorités religieuses, diasporas, artistes populaires et enfin entrepreneurs économiques et businessmen néo-libéraux.

Appel à la solidarité internationale

Les autorités de plusieurs États africains font appel à la solidarité internationale. Donnant raison au secrétaire général de l’ONU qui disait craindre « des millions de morts en Afrique”, le président nigérien Muhammadu Issoufou souhaite la mise en place d’un “plan Marshall » pour le continent de la part de la communauté internationale, afin d’aider les pays à faire face à cette crise inédite. Réunis par visioconférence la semaine dernière, les ministres africains des finances ont réclamé d’urgence un financement rapide de 92 Md€ (100 Md$) pour combattre la pandémie. Ils ont appelé à l’allégement de la dette des partenaires bilatéraux, multilatéraux et commerciaux avec le soutien des institutions financières multilatérales et bilatérales telles que le FMI ou l’UE.

Organisations internationales et fonds étrangers

Au niveau international, le Groupe de la Banque mondiale déploie une aide d’urgence afin de soutenir la riposte sanitaire des pays en développement, en activant un mécanisme d’aide accélérée dédié face à la pandémie. Un premier groupe de projets d’un montant global de 1,7 Md€ (1,9 Md$) vient d’être lancé le 2 avril, dans l’optique d’accompagner 25 pays à travers le monde. L’Agence Française de Développement (AFD) vient par ailleurs de lancer une Initiative « COVID 19 - Santé en commun » dans l'optique d'apporter une réponse ciblée et partenariale à la tourmente que traversent les pays en développement. Complémentaire des actions des bailleurs de fonds multilatéraux et européens, cette initiative cible en priorité le continent africain et comprend plusieurs leviers d'actions : 150 M€ sous forme de dons, et 1 Md€ sous forme de prêts. On peut également citer Vital Capital, un investisseur d'impact suisse axé sur les entreprises d'Afrique subsaharienne, qui a mis en œuvre une nouvelle facilité de crédit (le Vital Impact Relief Facility) offrant des prêts à des entreprises prometteuses pour les aider à traverser la crise tout en continuant à offrir des services essentiels. Dans un autre registre, la Somalie bénéficiera d’un allègement à hauteur de 67 % de sa dette envers les créanciers du Club de Paris : une dette d’environ 1,3 M€ (1,4 Md$) de cet État de la Corne de l’Afrique sera en effet annulée.

Réponses étatiques

De plus en plus d’États africains prennent des initiatives pour tenter de limiter la pandémie et ses conséquences économiques et sociales. Le gouvernement malien vient ainsi de créer un Fonds spécial destiné à permettre aux structures privées comme étatiques, aux associations, aux ONG, aux particuliers, de l’intérieur et de l’extérieur du Mali, d’apporter leur pierre à l’édifice de la lutte contre le Covid-19. Parmi les organisations et structures financières ayant d’ores et déjà répondu à l’appel figure la banque UBA Mali. En Côte d’Ivoire, les autorités ont alloué 43 M€ (28 MdXOF) au secteur de la santé en vue du renforcement de la lutte contre le coronavirus, dans le cadre d’un plan de riposte auquel a notamment contribué la filiale ivoirienne du groupe bancaire Ecobank. Au Togo, alors que le gouvernement avait déjà décrété un premier fonds d’urgence de 3 M€ (2 MdXOF), il s’efforce à présent de mobiliser 610 M€ (400 MdXOF) pour faire face aux conséquences économiques, sous la forme d’un Fonds de solidarité nationale et de relance économique. Le Gabon lance un fonds d’aide de 305 M€, assorti de mesures d’accompagnement pour soutenir les entreprises, notamment les PME en grande difficulté, mais également les populations les plus vulnérables sur le plan économique. Quant au Sénégal, il a choisi de négocier auprès du FMI un décaissement d’urgence de 203 M€ (221 M$) pour l’aider à préserver son espace budgétaire pour les dépenses de santé essentielles liées au Covid-19.

Le rôle des banques : exemple de la BAD

Comme évoqué la semaine dernière, la Banque Africaine de Développement (BAD), a réalisé l’émission d’une obligation record de 2,7 Md€ (3 Md$), « Combattre le Covid-19 », la plus importante émission obligataire sociale libellée en dollars américains à ce jour sur les marchés de capitaux internationaux. Cet emprunt a été mis en cotation à la Bourse de Londres ce vendredi 3 avril, et il est maintenant disponible à travers son marché des obligations durables. L’institution vient par ailleurs d’octroyer 1,8 M€ (2 M$) d’aide d’urgence, en soutien aux mesures de l’OMS pour donner les moyens aux pays africains contrôler de prévenir, détecter rapidement, analyser, maîtriser et traiter les cas de coronavirus.

La tech toujours mobilisée

Les acteurs de la tech ont rapidement réussi à se mobiliser à l’international comme dans certains pays africains, en particulier au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud. Dans le secteur des services financiers, le mastodonte kényan Safaricom a par exemple rendu certaines de ses transactions gratuites, via sa solution M-Pesa. Du côté des services en ligne, la plateforme de réservation d’hôtels nigériane Hotels.ng s’est alliée à une dizaine d’hôtels pour proposer des lieux d’isolation à prix réduits aux malades. Plus original, la Tunisie sollicite des robots pour faire respecter le confinement: depuis une dizaine de jours, les robots intelligents PGuard d’Enova Robotics (qui avait bouclé en 2018 la plus importante levée de fonds jamais réalisée par une start-up tunisienne, relire bulletin #20), sont venus renforcer la police dans les rues de Tunis.

Quid des sociétés non technologiques ?

En dehors de la scène tech, les entreprises actives en Afrique ne sont pas en reste. Le groupe Orange a par exemple engagé 8 M€ afin de soutenir des actions de prévention, de protection ou de soins dans l’ensemble des pays où il est présent, dont 3 M€ au profit d’un fonds exceptionnel géré par la Fondation Orange. Un budget de 2,5 M€ est alloué à l’Afrique, et chaque pays du continent où est présent le géant des télécoms recevra des kits de protection ainsi que les moyens financiers pour acheter du matériel médical et aider les ONG et autorités sanitaires locales à mener des actions d’urgence. Certaines entreprises réalisent des dons de matériel sanitaire, à l’instar du groupe d’assurances panafricain Sunu Group, qui a offert l’équivalent de près de 500 K€ (310 MXOF) de masques, gants, gel hydro-alcoolique pour soutenir les ministères de la Santé des quinze pays où il est implanté. D’autres sociétés, comme Vivo Energy Sénégal, l’entreprise en charge de la distribution et de la commercialisation de carburants et lubrifiants de marque Shell au Sénégal, soutiennent le combat contre le Covid-19 en contribuant aux fonds étatiques mis en place par les gouvernements africains.

À l’inverse, très peu de sociétés cotées sur les marchés financiers africains ont renoncé à verser à leurs actionnaires les dividendes pour le compte de l’exercice 2019. Seules cinq entreprises, toutes cotées sur le Johannesburg Stock Exchange, ont annulé ces dividendes ; et la plupart ont justifié cette décision non par responsabilité sociétale face au Covid-19, mais par le besoin de ne pas « disperser de la liquidité, dans un contexte marqué par le faible volume des activités ».

Services financiers : FOCEP / Duval (Cameroun / France)

Finafrica, le pôle finance du Groupe Duval, se présente comme un réseau visant à soutenir l’entrepreneuriat en Afrique grâce à l'acquisition d'institutions de microfinance développant des services financiers au profit des entreprises locales.

Finafrica, le pôle finance du Groupe Duval, se présente comme un réseau visant à soutenir l’entrepreneuriat en Afrique grâce à l'acquisition d'institutions de microfinance développant des services financiers au profit des entreprises locales. - © Groupe Duval

Le Groupe Duval, acteur multisectoriel principalement actif dans le secteur de l’immobilier, se renforce au Cameroun grâce à une prise de participation majoritaire, par l’intermédiaire de son entité Finafrica (en charge de la gestion de ses activités financières), dans le capital du FOnds Cameroun d’Épargne pour le Progrès (FOCEP). Cette société de microfinance lui permettra de poursuivre l'expansion de sa diversification dans le secteur de la finance africaine. Ni le montant ni le pourcentage de la transaction n’ont été divulguées (voir fiche de l'opération sur CFNEWS). Eugène Nzouadjeu Yota, un homme d’affaires d’origine camerounaise basé à Paris, co-fondateur et président du conseil d’administration du FOCEP, aurait cédé une part de sa participation dans l’entreprise. Les derniers investissements du groupe français en Afrique englobent la prise de contrôle de la société congolaise Africaine de Géophysique et de Forage en décembre 2018 (voir bulletin #33), l'acquisition de 20 % du capital du togolais Africa Global Recycling (AGR) en janvier 2019 (relire bulletin #36), et une prise de participation au sein de la Banque de Développement des Comores (BDC) en juin dernier (bulletin #54). Bien que très discret, Finafrica a également repris fin 2019 le groupe de microfinance Finadev, présent en Guinée, au Tchad et au Bénin. Le pôle finance du Groupe Duval, nouvel actionnaire de référence de FOCEP, est dirigé par Pierre Carpentier, un expert du micro-investissement et de la microfinance en Afrique, qui a piloté la branche Afrique Centrale et Océan Indien au sein de l’investisseur d’impact I&P de 2007 à 2017, et présidé à cette occasion le conseil d’administration d’Acep, une importante structure de microfinance au Cameroun.

Hydrocarbures : Total Deep Offshore Borneo BV / Shell / actifs au Sierra Leone et Liberia / Conex / Total (Brunei / Sierra Leone / Liberia / France)

Infrastructures de Conex Oil, société de la holding libérienne Conex Group spécialisée dans la distribution de produits pétroliers.

Infrastructures de Conex Oil, société de la holding libérienne Conex Group spécialisée dans la distribution de produits pétroliers. - © Conex Group

Dans le cadre de sa stratégie de cessions d’actifs non stratégiques pour un montant de 4,6Md€ (5Md$) sur 2019-2020, Total vient de céder des actifs dans les secteurs de l’exploration-production à Brunei, ainsi que du marketing et des services au Sierra Leone et au Liberia, représentant une valeur totale d’environ 368M€ (400M$). À Brunei, le géant coté des hydrocarbures a finalisé la vente à Shell de sa filiale Total E&P Deep Offshore Borneo BV (TEPDOB), qui détient une participation de 86,95% dans le Bloc CA1 (voir fiche opération sur CFNEWS IMMO & INFRA). Total était l’opérateur de ce bloc, aux côtés de ses partenaires Murphy Oil (8,05 %) and Petronas (5 %). Comme annoncé dans le bulletin #86, le groupe tricolore se déleste également de ses activités de commercialisation de carburant dans l’industrie aéronautique au Liberia et en Sierra Leone, au profit de la société libérienne Conex Oil and Gas Holdings (Conex), acteur régional présent dans les secteurs de l’importation, de la distribution et de la gestion logistique de produits pétroliers en Afrique de l’Ouest. Les actifs comprennent un réseau de 63 stations-service et d’activités de commercialisation, d’importation et de stockage de produits pétroliers (voir fiche opération sur CFNEW IMMO & INFRA). La réalisation de la vente des deux filiales devrait intervenir au cours du deuxième trimestre 2020. «Dans le contexte actuel de prix bas du pétrole, ces transactions soutiennent le plan d’action annoncé pour faire face à cette crise.» a déclaré Jean-Pierre Sbraire, directeur financier de Total.

Et aussi...

  • Comme évoqué dans le bulletin #75, Mauvilac Industries, une entreprise spécialisée dans les peintures et revêtements, basée à La Réunion et Maurice et réalisant 20 M€ de chiffre d'affaires en 2018, a rejoint en décembre dernier le giron du groupe néerlandais coté AkzoNobel. Ce dernier a acquis la participation de 95 % détenue par le panafricain Adenia Partners depuis 2014 (voir fiche de l’opération avec tous les conseils sur CFNEWS).
  • L’ivoirien Mayelia Logistics & Automobiles, filiale du groupe Mayelia Participations fondé par l’homme d’affaires ivoirien David Fofana, s’allie avec le français Actia Automobile. La concession du contrôle technique automobile pour une période de quinze ans que vient de lui octroyer le gouvernement de Côte d’Ivoire, permettra au consortium de concurrencer la Société Ivoirienne de Contrôle Technique Automobiles et Industriels (SICTA), filiale du groupe suisse SGS, qui jouissait d’un monopole du contrôle technique et de la révision des véhicules dans le pays.
  • Le Dutch Good Growth Fund (DGGF) s'est associé à Azur Partners pour lancer le Azur Innovation Fund (AIF) afin de soutenir l'écosystème entrepreneurial marocain. Avec une enveloppe globale de 33 M€ (350 MMAD) au moment de son premier closing, AIF constitue le plus grand fonds d'amorçage de l'histoire du Maroc.
  • La plateforme sud-africaine de marketing Mobiz lève 1 M€ auprès de du VC sud-africain Kalon Venture Partners pour soutenir son développement sur le marché des PME en Afrique.

Bonne fin de semaine et au mardi 21 avril.

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