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Chronique

Asie : AccorHotels, Carven, SBI Life, WeWork, Nubank...

PAR  | 11 octobre 2018 | 1364 mots
Chronique Asie

Hôtellerie : AccorHotels / Jin Jiang (France / Chine) 

Par courriers reçus le 9 octobre dernier, la société Rubyrock Capital, contrôlée par Jin Jiang International (déjà propriétaire de Louvre Hôtels Group), a déclaré, à titre de régularisation, avoir franchi en hausse, le 2 juin dernier, le seuil de 15 % des droits de vote d'AccorHotels et détenir, à cette date, 11,65 % du capital et 17,93 % des droits de vote. Un franchissement de seuil qui résulte d’une attribution de droits de vote double (lire aussi l’article CFNEWS IMMO & INFRA : AccorHotels : JinJiang franchit à la hausse les seuils de 15% ).

Le MGallery Hotel Royal Hoi An, AccorHotels

Le MGallery Hotel Royal Hoi An, AccorHotels

Rubyrock Capital a fait part de ses intentions envers AccorHotels pour les six prochains mois : « ne pas agir de concert avec aucun autre actionnaire de la société ; envisager d’acquérir d’autres actions Accor; ne pas envisager de prendre le contrôle de la société ; envisager de demander la nomination d’un ou plusieurs représentants au conseil d’administration ». Mais du côté de l’hôtelier coté, Sébastien Bazin, son P-dg, avait pourtant rappelé l'impossibilité d'une représentation du conglomérat chinois au conseil d'administration. Motif : le conflit d'intérêts engendré par le fait que Jin Jiang est déjà propriétaire de Louvre Hôtels Group (Première Classe, Campanile, Golden Tulip, etc.). Premier groupe hôtelier chinois et cinquième opérateur mondial, JinJiang ne cache néanmoins pas ses ambitions : détrôner l'américain Marriott International, le premier opérateur hôtelier dans le monde, avec son portefeuille de plus d'un million de chambres d'hôtels.

Mode & Luxe : Carven (France)

Boutique de Carven à Hong Kong

Le tribunal de commerce de Paris désignera demain un repreneur de la griffe française Carven , contrôlée par Bluebell, son distributeur en Asie, depuis deux ans (lire aussi : Carven s'internationalise ). Selon le Figaro, un autre chinois, Icicle, est bien placé pour reprendre la marque de robes à carreaux verts et blancs, fondée en 1945 par Marie-Louise Carven, qui habillait alors Edith Piaf. Carven, avec quatre boutiques en propre et 300 points de vente dans le monde, a notamment connu un accident industriel cette année : les collections printemps-été 2018 n'ont pas été livrées dans les temps, ce qui a coûté 2 M€ à l'entreprise. Son chiffre d'affaires n'était plus que d'une vingtaine de millions d'euros fin 2017 et serait estimé à environ 15 M€ cette année. Le repreneur potentiel Icicle, créé en 1997 et basé aujourd’hui à Shanghai, emploie plus de 2 100 salariés dans trois usines et 250 magasins et prévoit un chiffre d’affaires de 300 M€ pour cette année. Désireux de l'internationalisation, le groupe chinois a créé en 2013 sa filiale française Icicle Paris Mode.

Assurance : BNP Paribas Cardif / SBI Life (France / Inde)

BNP Paribas Cardif envisage de réduire sa participation dans la compagnie d'assurance-vie indienne SBI Life Insurance, coté à Mumbai et à New York, au cours des prochains trimestres. Détenue majoritaire par la société elle-même (62,1 %) avec BNP Paribas (environ 22 %), la cible fait l’objet d’une réduction de participation d’actionnaires, l’opération a pour objectif de se conformer à la réglementation indienne prévoyant un flottant d'au moins 25 % pour les sociétés cotées. BNP Paribas, Citigroup Global Markets India Private et Kotak Mahindra Capital Company sont conseils de l'opération. Aucune décision n'a été arrêtée concernant la taille, le calendrier ou la nature de cette opération. La participation de la banque française vaut 2 Md€ sur la base du cours d'introduction en octobre 2017, le cours s'est toutefois replié depuis de 20 %. 

Co-working : Softbank / WeWork (Japon / États-Unis)

Salle de coworking de WeWork à Paris Lafayette

Le géant japonais SoftBank, actionnaire d'environ 20 % de WeWork, souhaiterait encore poursuivre sa montée en puissance au sein du capital du groupe de coworking, selon le Wall Street Journal. Il pourrait prendre une participation majoritaire en injectant 15 à 20 Md$ supplémentaires via son méga véhicule Vision Fund de 92 Md$ que le conglomérat nippon pilote avec les fonds souverains d'Arabie saoudite et d'Abu Dhabi. L’opération pourrait valoriser la cible près de 40 Md$ d’après le journal américain. Le pari ne semble pas convaincre les investisseurs de Softbank, son titre à la bourse de Tokyo a baissé de plus de 5 % après la parution de cette information. Toujours déficitaire, WeWork, créé il y a huit ans et revendiquant plus de 268 000 membres répartis dans 287 espaces dans 23 pays, a affiché une perte nette de 723 M$ pour un chiffre d'affaires de 764 M$ pour le premier semestre de cette année. Des analyses estiment que l'entreprise newyorkaise, née en 2010, est surévaluée et notamment par rapport à son concurrent IWG (Regus). Coté à Londres, ce dernier, rentable, dispose de 3 300 locaux dans plus de 1 000 villes des 110 pays. Sa capitalisation boursière ne dépasse que 2 Md£.

Fintech : Tencent / Nubank (Chine / Brésil)

NubankLa fintech brésilienne Nubank a reçu un investissement de 180 M$ auprès du géant de l'internet chinois Tencent, rival du groupe Alibaba. Sur une base de valorisation de 4 Md$, l'opération comprend deux volets: une augmentation de capital de 90 M$ et une acquisition de participations auprès d’actionnaires pour également 90 M$. Fondée en 2013 par Cristina Junqueira, David Vélez et Edward Wible, la cible, basée à São Paulo revendique 5 millions de clients au Brésil, est aujourd’hui l’une des start-up les plus attractives d’Amérique latine. L’opération permet à Tencent, géant de jeux vidéos - qui vient de prendre une participation minoritaire dans l’éditeur coté Ubisoft (lire aussi : Ubisoft change d'actionnaire ) - d’étendre son influence dans la première économie d’Amérique latine. Elle est aussi sa première opération internationale dans la fintech, où il est fortement concurrencé en Chine par Alibaba via sa filiale Ant Financial.

Automobile : Moto Morini / Zhongneng Motor (Italie / Chine)

Le constructeur de moto italien Moto Morini est cédé à son homologue chinois Zhongneng Motor Vehicle Group par la famille Jannuzzelli. Ce dernier, propriétaire depuis 2012, a été conseillé par Translink Corporate Finance. Fondée en 1937 par Alfonso Morini et basée aujourd’hui à Trivolzio (entre Milan et Pavie), la cible s’était pour mémoire déclaré en faillite en 2009. Elle a été relancée avec succès par la famille Jannuzzelli avec des nouveaux modèles comme Corsaro ZZ, Corsaro ZT etc. Créé par Chen Huaneng en 1987, le nouvel actionnaire chinois commercialise sa propre marque ZNEN en Chine. L’acquisition représente la première étape pour son développement international.

Et aussi :

Dédiée à la location longue durée, Parcours, filiale d’ALD France, confie à Speedy la gestion de ses activités mécanique et carrosserie. Speedy, filiale du japonais Bridgestone, se spécialise dans la réparation et l’entretien automobile. Cette nouvelle relation entre les deux entreprises sera également formalisée via un accord de partenariat de longue durée. L'équipe de Hogan Lovells conseillait Parcours pour cette opération et Speedy était représenté par EY.

Bonne semaine à tous.

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