L'actualité & Data du capital-investissement : transactions LBO, M&A, Venture
Corporate Finance et Private Equity

Chronique

Asie : Armor, Havas, Inotrem, Axa Imra, Huawei...

PAR  | 18 septembre 2019 | 1972 mots
Armor Intercode, ruban Transfert Thermique

Ruban Transfert Thermique © Armor

Chronique Asie

Industries : Armor / Intercode (France / Inde)

Un an après l’acquisition des activités de ruban Transfert Thermique de l’américain Iconex, Armor se renforce encore dans ce secteur en Inde. Il achète son concurrent indien Intercode et son site à Delhi. Basé à Nantes, Armor est soutenu en LBO par Arkea Capital, Ouest Croissance, Siparex, Amundi PEF et Unexo depuis 2014 (lire aussi l’article CFNEWS : Armor imprime sa reprise ). Le numéro 1 mondial du ruban transfert thermique emploie aujourd’hui 1900 salariés, dont 780 en France, repartis dans 27 sites industriels et logistiques pour un chiffre d’affaires de 265 M€, dont 80 % réalisés à l’export. Grâce à ce build-up, Armor, dirigé par Hubert de Boisredon, se rapproche de la clientèle du nord du pays tout en continuant à adresser le sud avec son site existant de découpe à Bangalore. L’acquisition conforte également le groupe tricolore dans sa position de leader sur le marché local, estimant passer de 30 % à 50 % de parts de marché. Le secteur de l’activité Transfert Thermique est en plein essor en Inde avec une croissance moyenne d’environ 10 %, alors que le taux de croissance d’Armor s’affiche encore plus haut.

Communication : Havas / Langoor (France / Inde)

Après l’acquisition de l’agence indienne Think Design , le groupe de communication Havas pesant 2,2 Md€ de chiffre d’affaires, filiale de Vivendi, intensifie encore ses activités dans le sous-continent indien. Il a acquis l’agence digitale Langoor implantée en Inde, au Moyen-Orient et en Australie. Fondée en 2010, la cible compte aujourd’hui une équipe de 170 personnes qui accompagnent un large panel de clients sur trois secteurs clefs : la santé, le commerce et les communautés pour des diverses disciplines de la communication (stratégie, marketing en ligne, conception et développement de sites web, analyse de données, automatisation marketing, e-commerce et référencement). Langoor prendra son nouveau nom Langoor Havas et sera dirigée par l’un de ses cofondateurs, Venugopal Ganganna, qui est nommé Chief Digital Officer de Havas Group India, rapportant à Rana Barua, CEO de Havas Group India.

Biotech : Inotrem / Morningside Venture, Sofinnova Partners, Andera Partners (France / Chine, France)

Inotrem

Inotrem

Cinq ans après un premier tour record, la biotech Inotrem qui cherche à traiter le choc septique reçoit 39 M€ d’un pool d’investisseurs internationaux, le chinois Morningside Venture en tête, aux côtés des investisseurs historiques Sofinnova Partners , Andera Partners et BiomedInvest (lire aussi : Inotrem finance sa lutte contre le choc septique ). L’opération a été conseillée par Bryan, Garnier & Co . Pour rappel, les investisseurs historiques l’avaient déjà financée avec une enveloppe de 18 M€ en 2014 pour lancer la phase clinique de son composé pharmaceutique (lire aussi l’article CFNEWS : Premier tour record pour Inotrem ).

Services Financiers : LSE / HKEx (Royaume-Uni / Chine)

Le conseil d'administration de London Stock Exchange Group (LSE) a rejeté à l'unanimité l'offre d'achat de 31,6 Md£ (35,4 Md€) proposée par l'opérateur de la Bourse de Hong Kong (HKEx). L’opérateur hongkongais a proposé une offre non sollicitée au prix unitaire de 8361 pence, représentant une prime de 22,9 %, valorisant la cible pour une VE de 31,6 Md£ (dont 29,6 Md£ d’equity), soit 30,2 fois l’Ebitda. L’offre serait conditionnée à ce que le rachat du fournisseur de données financières Refinitiv par LSE, ne soit pas mené à terme. Pour mémoire, LSE avait annoncé le mois précédent son projet d’acquisition de Refinitiv (ancienne division de données financières de Thomson Reuters) pour 27 Md$. L’opérateur de la Bourse de Londres exprime ses doutes fondamentaux sur l’offre de HKEx et affirme que le conseil d'administration ne voit pas l'intérêt de poursuivre son examen. LSE est aujourd’hui détenu par de nombreux investisseurs, dont Qatar Investment Authority, le plus important actionnaire avec ses 10 % et Aberdeen Standard Investments. Le gouvernement de Hong Kong est le plus grand actionnaire d'HKE lequel avait notamment réalisé l’acquisition du London Metal Exchange (LME) en 2012 pour 1,388 Md£ (1,7 Md€) (lire aussi notre chronique précédente ).  

Immobilier : Axa Investment Managers-Real Assets  (France / Australie)

Axa Investment Managers-Real Assets  a réalisé deux opérations en Australie. D’abord, il a signé son entrée sur le marché australien des résidences étudiantes. Le gestionnaire d'actifs vient de s'engager, avec un ticket de 250 M$ AUD, soit environ 156 M€, avec Scape Australia, filiale du spécialiste britannique du logement étudiant, et l'assureur allemand Allianz à travers une joint-venture. Cette dernière met par ailleurs la main sur un portefeuille de six actifs représentant 3 510 lits, cédé par l'australien Atira Student Living Platform. Les résidences sont réparties entre Melbourne, Brisbane et Adelaïde et sont relativement récentes, ayant été développées en moyenne il y a moins de deux ans. La co-entreprise entend mener de nouvelles acquisitions, en reprenant notamment certains projets en développement de Scape (lire aussi l’article CFNEWS IMMO & INFRA : Un investissement à plus de 150 M€ pour Axa IM-RA en Océanie ). Ensuite le gérant faisait ses premiers pas dans le secteur national de la santé, en s'associant à travers une co-entreprise avec Grosvenor et Centuria Heathley pour la reprise de deux hôpitaux pour un montant non communiqué. Pour rappel, en février dernier, Axa IM-RA avait déjà repris un portefeuille d'hôtels australiens cumulant 831 chambres pour un montant total d'environ 207 M€ (330,4 M$ AUD).

Agroalimentaire : Mengniu / Bellamy's (Chine / Australie)

Le géant laitier chinois Mengniu , coté à Hong Kong, a déposé une offre de 1,46 $ de dollars australiens (environ 900 M€) afin d'acquérir le spécialiste australien des préparations bio pour nourrissons Bellamy's, coté à Sydney. L’offre, représentant une prime de 59 %, a déjà eu le soutien du conseil d’administration et est conditionnée au feu vert du Conseil d'évaluation des investissements étrangers (FIRB), l'organisme australien en charge de superviser les transactions cross-border. Fondé en 2004 en Australie, Bellamy's, spécialisé dans les aliments pour bébés et les préparations bio pour nourrissons, a enregistré un chiffre d’affaires de 328,7 M Au$ pour un Ebitda de 64,6 M Au$. Mengniu, qui a réalisé l'an dernier un chiffre d’affaires de 68,98 milliards de yuans (8,8 Md€) pour un résultat net de 3,2 milliards (environ 408 M€), a lancé un projet ambitieux de développement international. Il a signé en juin dernier un accord de sponsorship pour une valeur de 3 Md$ avec le Comité international olympique (CIO) pour la période 2021-2032 aux cotés de Coca-Cola afin promouvoir ses marques.

Télécom : Huawei (Chine)

Huawei

© Huawei

Selon les documents remis aux autorités chinoises, Huawei, équipementier en télécoms et fabricant de smartphones, entendrait émettre deux tranches d'obligations d'une valeur de 3 milliards de yuans (423 M$) chacune. Ces opérations font parti d’une émission d’un montant total de 20 milliards de yuans (2,82 Md$). C’est la première fois que Huawei se lance sur le marché obligataire chinois onshore, alors qu’il se finançait jusqu'à présent sur le marché offshore en dollars. L’opération a pour objectif de reconstituer le fonds de roulement et d’investir dans des activités clés telles que l’infrastructure des TIC. Le groupe chinois lutte contre une interdiction commerciale de Etats-Unis. Malgré les sanctions américaines depuis mai, Huawei a enregistré 58,3 Md$ de chiffre d’affaires pour le premier semestre, soit une augmentation de 23,2 %, pour une marge bénéficiaire nette de 8,7 %  par rapport à la même période de l’année dernière. Son chiffre d’affaires de l’an dernier s’élevait à 721,2 milliards de yuans (104,9 Md$) pour un résultat net de 59,3 milliards de yuans (8,6 Md$).

Co-working : WeWork (États-Unis)

Très attendue, l'IPO de WeWork, dans les services de co-working, a été reportée à la fin de l'année. Pour rappel, WeWork avait été valorisée 47 Md$ lors de son dernier tour de table en janvier, mené par Softbank, mais ces derniers temps, des doutes concernant son modèle économique et sa gouvernance a provoqué une chute drastique de sa valorisation. Selon le FT, WeWork avait tenté de séduire les investisseurs pour une valorisation entre 15 et 18 Md$.

Fintech : Wirecard / SoftBank (Allemagne / Japon)

Cotée à Frankfort, la fintech allemande Wirecard va émettre un emprunt convertible d’une durée de 5 ans pour 900 M€. Le prix d’exercice est fixé à 130€ (niveau de cours de Wirecard à fin avril), avec un coupon de 1,9 %. La conversion entraînera la création de 6,9 millions d’actions Wirecard, soit environ 5,6 % du capital. Ce financement sera utilisé pour le développement technologique, pour le refinancement de lignes de crédit actuelles et un éventuel programme de rachat d’actions. L’opération permettra également au groupe allemand de collaborer avec Softbank dans les domaines des services financiers numériques, l’analyse de données, l’Intelligence Artificielle. Au plan géographique, Wirecard s’ouvre donc les portes des marchés à forte croissance de l’Asie de l’Est, dont le Japon et la Corée du Sud.

Wirecard a déjà signé des accords de partenariat globaux avec 3 entités de l’écosystème SoftBank: AUTO1 (plateforme en ligne en Europe pour véhicules d’occasion), Brightstar (services B2B dans le domaine des téléphones mobiles) et OYO (première chaîne hôtelière en Inde avec 23 000 hôtels). Par ailleurs, l’allemand a récemment signé un protocole d'accord avec l’organisme financier public China UnionPay, émetteur de 7,6 milliards de cartes bancaires (concurrent de Visa et Mastercard), pour établir un partenariat stratégique.

Et aussi :

boutique flagship parisienne d'Icicle

boutique flagship parisienne d'Icicle © Icicle

Connu pour avoir racheté la griffe française Carven , le groupe de mode chinois Icicle vient d’ouvrir sa première boutique flagship parisienne au 35 avenue Georges V, à l'emplacement d'un ancien hôtel particulier d’une superficie de 700 mètres carrés, 400 dédiés à la vente. Icicle doté d’un réseau de 250 boutiques en Chine réalise un chiffre d’affaires de près 300 M€. Pour mémoire, il avait acquis la propriété en 2017. En octobre dernier, l’offre d'Icicle, d'un montant de 42 M€, avait été retenue par le tribunal de commerce de Paris pour la reprise de Carven, marque de robes à carreaux verts et blancs, fondée en 1945 par Marie-Louise Carven, qui habillait alors Edith Piaf (lire aussi notre chronique précédente ). En juin dernier, l’ancienne présidente Europe de Balenciaga, Daphné Cousineau a été recrutée pour redresser la marque.

Bonne semaine !

Une information à nous soumettre pour ce Bulletin Asie ? Écrivez nous à : chao.zhang@cfnews.net