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Chronique

Asie : B2A Technology, Sandoz, Softbank, BME, Aviva...

PAR  | 20 novembre 2019 | 2851 mots
Glidepath Limited

© Glidepath Limited

Industries : B2A Technology / Glidepath (France / Nouvelle-Zélande)

Après la fusion d’Alstef et de BA Robotic Systems Group pour former B2A Technology l’an dernier, la nouvelle entité, soutenue par Future French Champions (Bpifrance et Qatar Investment Authority), réalise son premier build-up. Fort d’un chiffre d’affaires de 120 M€, le spécialiste orléanais des systèmes de manutention automatisée, basé aujourd’hui à Boigny-sur-Bionne (Loiret), acquiert auprès de Sir Ken Stevens, actionnaire et président exécutif de Glidepath, l’entreprise qu’il a fondée il y a 47 ans. Implantée à Auckland, la cible propose des solutions automatisées pour les systèmes de manutention des bagages dans les aéroports, les systèmes de manutention pour le fret et le tri des colis ainsi que les tapis roulants. Employant 300 salariés, elle dispose d’un centre de R&D ainsi que d’une usine de fabrication et de prototypes à Auckland, d’un réseau de bureaux au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, en Afrique du Sud, dans le Pacifique, en Australie et en Inde avec une usine de fabrication. Pour mémoire, Alstef et BA Robotic Systems Group s’était rapproché l’an dernier pour former B2A Technology (lire aussi l’article CFNEWS : Alstef et BA Robotic Systems s'unissent ). Une fusion soutenue par Future French Champions (FFC comprenant Bpifrance et Qatar Investment Authority), qui finançait la sortie des financiers présents dans chaque entreprise, à savoir CM CIC investissement et Société Générale (pour 15 % et 5 %) chez Alstef depuis 2011 et Kreizig qui détenait 15 % de BA Robotic Systems Group depuis 2013. FFC, à la tête de 31 % du capital, reste actionnaire aux côtés de Pierre Marol, le patron de Alstef (25 %), Jean-Luc Thomé, le dirigeant de BA Robotic Systems Group (18 %), les cadres des sociétés (14%) et les salariés (12 %). Une dette senior a été levée auprès de Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole. B2A Technology avait été valorisée plus de 100 M€.

Matériel médical : IntelliBio / Cathay Capital, Jinhe Tech et Jinyuan (Chine / France)

Cathay Capital s’associe à deux fonds chinois Jinhe Tech et Jinyuan pour investir dans IntelliBio. Confidentiel, le montant de l’enveloppe pourrait s’élever à une centaine de millions de yuans (soit une douzaine de millions d’euros). Fondée en 2013 et basée à Qingdao (province du Shandong, Est de Chine), la cible développe et commercialise des équipements pour les sciences de la vie, notamment dans les études protéomiques, appliqués dans les usages médicaux et alimentaires. Elle a développé en particulier deux technologies. L’une est la nouvelle génération de la plateforme de MALDI-TOF (en anglais Matrix Assisted Laser Desorption Ionisation - Time of Flight, spectromètre de masse couplant une source d'ionisation laser assistée par une matrice), nommé QuanTOF. Elle est appliquée dans l’analyse qualitative et quantitative des protéines, acides nucléiques et métabolites pour les R&D biotechnologiques et pharmaceutiques ainsi que les tests médicaux et alimentaires. L’autre est QuanPLEX, qui combine les technologies microfluidiques et de PCR quantitative (une méthode particulière de réaction en chaîne par polymérase permettant de mesurer la quantité initiale d'ADN). Elle est appliquée dans la détection rapide pour la sécurité publique et alimentaire (par exemple, agents pathogènes respiratoires, virus de la grippe, de la diarrhée, maladies animales, OGM etc).

Pharma : Sandoz / Aspen (Suisse, Allemagne / Japon / Sud-Afrique)

Sandoz pesant 9,9 Md$ de revenus renforce sa présence dans l’Archipel en rachetant les activités japonaises de son concurrent sud-africain Aspen Pharmacare. La filiale allemande du groupe suisse Novartis spécialisée dans les génériques et les biosimilaires prévoit un paiement initial de 300 M€, ainsi qu'une contrepartie différée qui ne devrait pas dépasser les 100 M€. L'opération, dont la finalisation est attendue pour le premier semestre 2020, devrait permettre à Sandoz d'ancrer sa présence au Japon, le troisième marché mondial des médicaments génériques. Le portefeuille d'Aspen au Japon consiste en une vingtaine de traitements dont le brevet a expiré, en particulier dans l'anesthésie (notamment le Xylocaine) et des produits spécialisés (notamment l'Imuran), ainsi que des marques locales pour un chiffre d'affaires de 130 M€ l’an dernier. Par ailleurs, les deux groupes ont conclu un accord d'approvisionnement de cinq ans à compter de la finalisation de l'acquisition, assorti d'une option de prolongation de deux années supplémentaires, aux termes duquel Sandoz fournira à Aspen des substances actives, ainsi que des produits finis et semi-finis en lien avec son portefeuille.

Internet : Yahoo Japan / Line / Softbank / Naver (Japon / Corée du Sud)

Yahoo Japan et Line

Une fusion d’une valeur de près de 30 Md$ dans l’Internet se prépare en Asie. Les deux sociétés japonaises Z Holding, maison mère du portail Yahoo Japan cotée à Tokyo, et Line (messagerie instantanée et réseau social mobil), cotée également à Tokyo, devraient fusionner. La première est contrôlée par le géant télécom nippon SoftBank (près de 50 % du capital) et la seconde par un autre mastodonte sud-coréen, Naver (72,64 % du capital). Un accord de principe a été trouvé qui doit encore être confirmé par une entente définitive prévue en décembre prochain et une intégration qui devrait être bouclée en octobre 2020. Z Holdings, dont la capitalisation boursière s’élève aujourd’hui à environ 17 Md$, lancera une offre publique de retrait (OPR) sur Line, la valorisant 12 Md$, soit 5 200 yens par titre, représentant une prime de plus de 13 %. Z Holdings, qui sera détenue à parité par SoftBank et Naver, restera l’entité-mère cotée du nouvel ensemble de Line et Yahoo Japan, cumulant 11 Md$ de revenus et employant 20 000 salariés. Le nouvel ensemble dépasse notamment son concurrent local Rakuten en devenant le leader du secteur de l’internet.

Line, une messagerie instantanée couplée à un réseau social, compte 164 millions d’utilisateurs actifs, dont plus de 80 millions au Japon. Elle est également très populaire dans plusieurs pays d’Asie comme la Thaïlande, l’Indonésie etc. Le portail Yahoo Japan offre quant à lui de nombreux services (recherche, informations, achats, courtage en ligne, voyages, paiement) pour ses 40 millions de souscripteurs. La fusion permettra de profiter des synergies aux deux groupes (Z Holding Yahoo Japan et Line) et de leurs sociétés mères comme SoftBank et Naver pour une vaste palette de services associés.

Agro-alimentaire : Mengniu / Bellamy's (Chine / Australie)

Les autorités australiennes ont donné leur feu vert à l’acquisition de Bellamy's par son homologue chinois Mengniu, coté à Hong Kong (lire aussi notre chronique précédente ). Ce dernier a lancé une offre de 1,46 Md Au$ (environ 950 M$) pour s'emparer du spécialiste australien des préparations bio pour nourrissons Bellamy's, coté à Sydney. Cette offre représente une prime de 59 %. L’approbation est conditionnée à trois termes : le siège social de la cible doit rester en Australie, la majorité du conseil d’administration doit être citoyen australien et un investissement supplémentaire de 12 millions de dollars australiens pour la rénovation du site local. Fondée en 2004 en Australie, la cible a enregistré un chiffre d’affaires de 328,7 M Au$ pour un Ebitda de 64,6 M Au$. Mengniu a réalisé l'an dernier un chiffre d’affaires de 68,98 milliards de yuans (8,8 Md€) pour un résultat net de 3,2 milliards (environ 408 M€).

Services Financiers : Bourse de Madrid (Espagne) 

Bolsas y Mercados Españoles (BME)

© Bolsas y Mercados Españoles (BME)

Indépendante, la Bourse de Madrid (Bolsas y Mercados Españoles, BME) fait l’objet d’une bataille financière entre plusieurs opérateurs boursiers. La place boursière héberge aujourd’hui les titres de plus de 2 900 sociétés. Le 19 novembre dernier, l’opérateur suisse SIX a d’abord lancé une offre de 2,8 Md€ pour la totalité du capital, soit 34 euros par titre, représentant une prime de plus de 30 %. Dans la même journée, Euronext, l’opérateur paneuropéen regroupant déjà les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Oslo et Lisbonne, a annoncé pour sa part les discussions avec la Bourse de Madrid d'un potentiel rachat sans dévoiler le montant. Euronext a dernièrement gagné un bras de fer l'opposant au Nasdaq pour le rachat de la Bourse d'Oslo (lire aussi l’article CFNEWS : Euronext s'empare de la bourse d'Oslo ). Après Euronext et le suisse SIX, l’allemand Deutsche Börse pourrait à son tour se lancer dans la bataille mais il en est à un stade très préliminaire d’après plusieurs journaux européens. Dernièrement, le journal espagnol Cinco Días a indiqué que l’opérateur hongkongais (HKEx) pourrait être en lice mais le hongkongais n’a pas souhaité commenter cette information. Pour mémoire, récemment, il a été refusé par son homologue londonien London Stock Exchange Group (LSE) pour son projet de rapprochement (lire aussi la chronique précédente 311201).

Services Financiers : Aviva (Royaume-Uni / Asie)

Aviva revoit la cession de ses activités en Asie. L’assureur britannique a décidé de conserver ses périmètres à Singapour et en Chine continentale, la vente ne concerne ainsi que ses activités à Hong Kong, au Vietnam et en Indonésie. Le groupe a généré 150 M£ de résultat en Asie au cours du premier semestre, représentant environ 10 % des résultats globaux. Ses activités assurance-vie à Singapour a notamment contribué 54 M£ de bénéfice au groupe. En Chine, Aviva y opère via une JV codétenue avec Cofco, le conglomérat public agroalimentaire, profitant de l'essor du marché d’assurance-vie. À Hong Kong, Aviva a déjà finalisé la restructuration de ses activités sous la marque en ligne Blue, dont ses actionnaires comprennent également Tencent et le fonds chinois Hillhouse Capital. 

Automobile électrique : Xpeng (Chine)

Le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng Motors lève 400 M$ pour son troisième tour de table. Parmi les investisseurs, figurent  notamment la marque chinoise de smartphone Xiaomi, cotée à Hong Kong. L’opération valoriserait la cible, fondée en 2014 et basée aujourd’hui à Guangzhou, près de 4 Md$, d’après le FT. Pour rappel, la cible avait réalisé des levées de fonds auprès d’Alibaba et de Foxconn (sous-traitant d’Apple). Le constructeur chinois devrait lancer son deuxième modèle l’an prochain P7, une berline électrique. Le premier modèle, le VUS G3, a commencé à être livré au grand public fin de l’an dernier. La levée de fonds intervient dans un contexte où le gouvernement chinois a réduit les subventions aux véhicules électriques depuis juin dernier et la perte financière de son concurrent Nio s’accélère. Par ailleurs, sur le marché chinois, la vente de véhicules électrique et hybride a poursuivi sa chute pour un quatrième mois consécutif, selon le FT. En parallèle, un autre acteur électrique, WM Motors est en train de chercher des investisseurs pour établir son quatrième tour de table, visant à un montant de 1 Md$.

Étude : Fintech 100 (KPMG et H2 Ventures)

Fintech

Fintech © CafeCredit

L’Asie demeure le continent où sont localisées les Fintech les plus puissantes au monde, les États-Unis étant toutefois le pays en concentrant le plus grand nombre, selon un classement publié par le cabinet KPMG et H2 Ventures. Cette étude répertorie les 100 entreprises de technologie financière les plus en vue de l’année et les divise en deux catégories : les 50 premières Fintech établies dans le monde en fonction de leurs levées de fonds, de leur taille, de leur implantation et de leur innovation (dit Leading 50). Les 50 suivantes sont de nouvelles entreprises qui se sont distinguées au cours de l’année par leurs pratiques et technologies novatrices (dit Emerging 50). Le podium est toujours occupé par la chinoise Ant financial, propriétaire de la plateforme de paiement en ligne Alipay. Elle est suivie par le groupe singapourien Grab, et le chinois JD Digits.

En termes de répartition continentale, sur les 100 Fintech, 42 sont situées en Asie (Australie et Nouvelle-Zélande inclus), 36 en EMEA (dont 32 en Europe) et 22 sont basées sur le continent américain (dont 17 en Amérique du Nord). Par pays, ce sont les États-Unis qui en concentrent le plus (15), suivi par le Royaume-Uni (11), la Chine (10) puis l’Inde (8). Ces 100 Fintech ont levé plus de 18 Md$ au cours des 12 derniers mois. Depuis leur création, elles ont levé plus de 70 Md$, un chiffre en augmentation de 35 % par rapport aux 100 répertoriées l’an dernier. Quatre fintech françaises sont dans le classement 2019 « Emerging 50 » : Dether, Lunchr, Moonshot-Internet, Spendesk.

Étude : l’environnement alimentaire et agricole en Asie (Temasek, PwC et Rabobank)

A l’occasion de la tenue à Singapour de l’Asia Pacific Agri Food Innovation Week, le fonds souverain singapourien Temasek, gérant 206 Md€ et principal partenaire de l’événement, publie un rapport en partenariat avec PwC et Rabobank. L’étude explore l’environnement alimentaire et agricole en Asie et met en évidence des possibilités d'investissement de 800 Md$ dans le secteur agroalimentaire asiatique au cours de la prochaine décennie. L’étude précise que La majorité de ces investissements - environ 550 Md$ - permettront de répondre aux principales exigences en matière de développement durable, de sécurité, de santé etc. Les 250 Md$ restants entraîneront une augmentation des quantités de produits alimentaires destinés à nourrir la population croissante de l’Asie.

Et aussi :

  • Paris Inn Group, gérant 1Md€ d’actifs, a signé à Shanghai un partenariat commercial de grande envergure avec le groupe hôtelier chinois Dossen International. Les deux groupes co-coiffurent une partie de leurs hôtels respectifs. Après le succès de la création de sa marque 5 étoiles, Paris Inn Group pénètre le marché 4 étoiles avec une nouvelle marque dans ce segment, dont le nom restant confidentiel à ce stade. Cette nouvelle enseigne sera apposée aux côtés de l’une des marques du groupe Dossen sur une dizaine d’hôtels à travers la Chine. En écho à cela, Paris Inn Group apposera la marque de Dossen aux côtés de la sienne sur une dizaine d’hôtels parisiens.

 

  • Vivement critiqué depuis plusieurs années, sur la sellette depuis quelques mois, le mégaprojet EuropaCity, porté par Ceetrus (Auchan) et le consortium chinois Wanda, ne verra définitivement pas le jour. Le gouvernement a annoncé l’abandon pur et dur du site, bien qu’une 3e version du projet était présentée cette année, se voulant plus verte.

 

  • Le Puy du Fou a signé un contrat pour la création d’un grand spectacle nocturne à Qinhuangdao, face à la Grande Muraille. Un investissement de 230 M€ est confié à un partenaire local, pour ouvrir le deuxième parc à thème à l’export. Le projet du Puy du Fou s'accompagne de la création d'un hôtel à thème, d'un restaurant et d'un village d'époque. Le premier spectacle pourrait avoir lieu à l'été 2022.

 

  • Fast Retailing, maison mère de Uniqlo, a choisi deux sociétés spécialisées dans les robots pour équiper ses entrepôts pour la préparation de commandes. L’une est une japonaise Mujin, l’autre est la tricolore Exotec. Cette dernière, qui commercialise les robots Skypod, a levé 15 M€, auprès du chef de file Iris Capital et des investisseurs historiques 360 Capital et Breega en juin dernier (lire aussi l’article CFNEWS : Les robots d'Exotec déplacent un 3e fonds ).

Bonne semaine !

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