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Asie : Dahmakan, EOS Imaging, EuropaCorp, Pony.ai... Accès libre

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Dahmakan

© Dahmakan

Internet : Dahmakan / Partech, Rakuten, GEC-KIP, White Star (Malaisie / France, Japon, Corée du Sud, États-Unis)

Dahmakan, plateforme en ligne et mobile malaisienne de livraison de repas cuisinés en interne, au portefeuille de Partech depuis un an, ouvre son capital, contre 18 M$. La start-up, toute première acceptée dans l'accélérateur américain Y Combinator, lève un deuxième tour auquel participent quatre nouveaux entrants. Les japonais Rakuten Capital et JAFCO Asia, fonds venture ciblant l'Asie de l'investisseur nippon éponyme, le transatlantique White Star Capital, GEC-KIP Fund, véhicule co-géré par le singapourien Golden Equator Capital (GEC) et Korea Investment Partners (KIP), et son homologue sud-coréen Woowa Brothers, acquis par l’allemand Delvery Hero sur une valorisation de 3,6 Md€ en décembre dernier (lire aussi notre chronique précédente), rejoignent au capital. Partech remet au pot, tout comme Y Combinator. Le français, dont le portefeuille asiatique compte 13 participations, soit presque autant qu'au Royaume-Uni/Irlande par exemple, avait misé 5 M$ il y a un an avec le chinois UpHonest Capital et le VC historique, l'anglais Atami Capital. Basé à Kuala Lumpur, également sa zone de couverture actuelle, Dahmakan est né en 2014 et fonctionne avec un modèle intégré, du choix des recettes à la livraison, grâce à ses propres cuisines réparties à proximité de ses clients. Un fonctionnement plus proche d'un Frichti ou FoodChéri que d'un Deliveroo ou FoodPanda, acteur asiatique de livraison de plats de restaurants lancé par Rocket Internet, puis racheté par Delivery Hero et dont sont issus les fondateurs de Dahmakan.

Matériel médical : EOS Imaging / Alphatec Holdings / Fosun, Bpifrance (France / États-Unis / Chine, France)

EOS Imaging

© EOS Imaging

Coté sur le compartiment C d'Euronext à Paris depuis 2012, EOS Imaging, spécialiste de l'imagerie médicale 2D/3D pour l'orthopédie fait l'objet d'une OPA à titre principal et d'une OPE à titre subsidiaire par Alphatec Holdings (ATEC), un groupe américain de dispositifs médicaux coté sur le Nasdaq, le valorisant 122 M$ (environ 111 M€). L'offre divisée en deux consiste d’abord en une OPA en numéraire. Dans ce cadre, les actionnaires d'EOS Imaging pourront recevoir 2,80 € par action apportée, ce qui représente une prime de 64 % par rapport au cours de clôture de l'action avant l'annonce de l'opération. La seconde, à titre subsidiaire, consiste en une OPE avec une parité d'échange de 1 action ordinaire ATEC pour 2 actions EOS Imaging, soit une prime de 67 % par rapport au cours de clôture du 27 février dernier. Les deux principaux actionnaires soutiennent l'opération. Le chinois Fosun Pharma - détenteur de plus de 13 % du capital depuis une augmentation de capital réservée en juillet 2018 (lire aussi l’article : EOS Imaging diagnostique un chinois) - ainsi que Bpifrance - actionnaire historique avec plus de 9 % du capital - apporteront l'ensemble de leurs titres (21,35 % du capital) à l'OPE. C'est le cas, également, pour la fondatrice Marie Meynadier et Mike Lobinski, le directeur général portant le montant d'engagements autour de 23 % des titres. Accompagné par le conseil américain Cowen, ATEC pourrait renoncer à son offre s'il n'obtient pas au moins deux tiers du capital et des droits de vote d'EOS Imaging sur une base entièrement diluée (lire aussi l’article CFNEWS : EOS Imaging se modélise aux cotés d'un américain).

Cinéma : EuropaCorp, Luc Besson / Vine Alternative Investments / Fundamental Films (France / États-Unis / Chine)

EuropaCorp

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Créé par Luc Besson, EuropaCorp, producteur coté de films et séries en Europe, verra son créancier le fonds américain Vine Alternative Investments Group prendre la majorité des titres (60,15 %) à la suite de la conversion en capital de ses créances dans le cadre du projet de plan de sauvegarde. Moins d'un an après les discussions avortées avec Pathé, l'avenir s'éclaircit pour EuropaCorp en initiant une opération de debt to equity swap. Les deux créanciers deviendront actionnaires. D'une part, la créance issue de l'accord de participation (dette de troisième rang) d'un montant d'environ 86,5 M$ (77,84 M€) sera convertie en capital par le biais d'une augmentation de capital de 20 757 379 actions à un prix d'environ 3,72 €. La dette est détenue à 63 % par Vine Alternative Investments Group (Vine) à 37 % par Falcon Strategic Partners IV géré par l’américain Falcon Investment Advisors. D'autre part, le crédit second lien d'un montant d'environ 128,6 M$ (115,74 M€) au niveau de la filiale américaine débouchera sur une capitalisation de la créance. Son propriétaire, l'américain Vine, souscrira à une augmentation de capital réservée de 60 367 343 actions au prix d'environ 1,99 € par action. A l'issue de ces augmentations de capital, Vine détiendra 60,15 % du capital d'EuropaCorp et Falcon Strategic Partners IV, 6,29 % du capital. De son côté, Luc Besson via sa holding Front Line verra sa participation diminuer de 31,58 % à 10,65 %. Un nouveau concert sera formé, pour l'occasion, entre Luc Besson et Vine. Actionnaire depuis 2016, le distributeur shanghaïen Fundamental Films, qui détenait jusqu’ici 27,89 % du capital (lire aussi l’article : EuropaCorp se recentre sur la production), possédera, post-opération, environ 9,36 % (lire aussi l’article CFNEWS : EuropaCorp filme ses créanciers).

Automobile : Pony.ai / Toyota (Chine, États-Unis / Japon)

Pony.ai, société sino-américaine de technologie de véhicule autonome, établit son deuxième tour de table en levant 462 M$. Et ce, auprès de trois investisseurs : Tokyo, qui lui apporte 400 M$ contre 13 % du capital et un siège au board, Sequoia Capital China, et Kunlun Technologie, coté à Shenzhen, sur une base de valorisation de 3 Md$. Co-implantée aujourd’hui dans la Silicon Valley, Beijing et Guangzhou, la société a été fondée en décembre 2016 par James Peng et Lou Tiancheng qui étaient auparavant chez Baidu dans la Silicon Valley. Elle emploie aujourd’hui environ 600 salariés, dont près d’une moitié en Chine. En 2018, elle a lancé son projet baptisé Robotaxi, qui a déjà obtenu la licence d’essai en Chine (Beijing et Shanghai) et aux États-Unis (Californie). Partenaire du constructeur coréen Hyundai Motor, elle collabore notamment avec le constructeur chinois public GAC dans le développement du niveaux 4 de véhicule automobile (le cinquième niveau sur 6). Pour mémoire, après un tour d’amorçage en janvier 2017, Pony.ai avait levé 102 M$ auprès de onze investisseurs, dont Sequoia Capital China, Redpoint Ventures China, Morningside Venture Capital, DCM Ventures, China Merchants Capital etc. Quant au constructeur japonais Tokyo, il souhaite créer un lien entre son activité principale et l’innovation en investissant dans Uber, le chinois Didi et le singapourien Grab durant deux ans passés.

Et aussi :

  • Huawei, équipementier en télécoms et fabricant de smartphones, a annoncé la création d'un site de fabrication d'antennes mobiles dans l'Hexagone avec un budget de construction de 200 M€ pour 500 nouveaux emplois. L’emplacement et la date de travaux et d’ouverture ne sont pas encore divulgués. Après avoir créé de nombreux centres de R&D - dont cinq en France - et trois centres de cybersécurité sur le continent, le groupe chinois entend fabriquer des antennes de téléphonie mobile pour approvisionner le marché européen.
  • Le cabinet Gide a accompagné le japonais Sumitomo Electric Group, coté à Tokyo et basé à Osaka, dans le cadre de son implantation en Tunisie à travers la création d'une usine de fabrication de faisceaux électriques destinée à l'industrie automobile. Ce projet de plus de 20 M€ emploiera plus de 5 000 personnes et représente l'un des plus importants investissements directs étrangers réalisés en Tunisie en 2019.
  • Fast Track, accélérateur de business pour les startups/scaleups françaises et européennes, met en lumière les marchés japonais et australiens en Asie-Pacifique. Fondé par Alexandre Olmedo et Ivan Bernard-Brunel, l’accélérateur, basé à Singapour, est convaincu que l’Asie-Pacifique offre autant d'opportunités que les États-Unis pour les jeunes sociétés européens d’innovation souhaitant s’internationaliser. Fast Tack a notamment accompagné StickyAds (acquis par le new-yorkais FreeWheel), les londoniens Unruly et Mobkoi dans leur développement dans cette zone. Pour mémoire, l’an dernier, Fast Track s’est associé à Dentsu, l’une des plus grandes agences de publicité au monde, pour organiser une sélection de scaleups françaises afin de les accompagner un roadshow dans l’Archipel. OpenClassrooms et Botify ont remporté cette opportunité.

Bonne semaine !

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