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Chronique

Asie : Djula, Capgemini, ABB, Li & Fung, FCT, SoftBank...

PAR  | 25 mars 2020 | 2258 mots
Djula

© Djula

Luxe & Mode : Djula / Yuyuan, Fosun (France / Chine)

Djula , marque de bijoux de luxe aux 17 M€ de revenus, cède 55,4 % du capital contre 27 M€, au groupe chinois coté à Shanghai, Yuyuan , lequel compte Fosun comme actionnaire principal. Il table sur l'ouverture de quinze boutiques d'ici un an (lire aussi l'article CFNEWS : Djula cède le contrôle à un chinois ).

Services informatiques : Capgemini / WhiteSky Labs (France / Australie)

Capgemini , l'ESN cotée aux 14,1 Md€ de chiffre d'affaires s'offre WhiteSky Labs , intégrateur australien du logiciel de connectivité MuleSoft de Salesforce . Fondé en 2009 et basée à Sydney, la cible a étendu sa présence en Nouvelle-Zélande, aux Philippines et à Singapour pour un effectif dépassant les 150 personnes. Elle travaille pour plus de 40 clients comme Energy Australia, Mynt, Qantas, 7-Eleven et Blackmores (lire aussi l’article CFNEWS : Capgemini se connecte en Australie ).

Énergie & Automation : ABB / Chargedot (Suisse / Chine)

L’un des acteurs majeurs des technologies de l’énergie et de l’automation, ABB , basé à Zurich, a finalisé sa prise de participation majoritaire (67 %) dans Chargedot Shanghai New Energy Technology (Chargedot). L’acquisition, dont les terme financiers sont restés confidentiels, a été annoncée en octobre dernier. Depuis sa création en 2009, Chargedot, basée à Shanghai, fournit des stations de recharge AC et DC, ainsi que la plateforme logicielle à des constructeurs de véhicules électriques (VE), des opérateurs de réseaux de recharge de VE, et des promoteurs immobiliers. En employant environ 205 employés, elle compte par ailleurs l’actionnaire Shanghai SAIC Anyo Charging Technology, filiale de SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation). Coté à New York et Zurich, le groupe helvético-suédois ABB de 130 ans aux 28,6 Md$ de revenus renforcera, grâce à cette acquisition, ainsi ses relations avec les principaux constructeurs chinois de VE et élargira son portefeuille de mobilité électrique du matériel et des logiciels développés spécifiquement pour les exigences locales, ainsi que ses offres de services.

Mode : Li & Fung (Hong Kong)

Li & Fung

Entrepôt en Thaïlande © Li & Fung

La société hongkongaise de sourcing et de supply chain pour la mode Li & Fung a reçu une offre ferme de 931 M$ pour réaliser une opération de retrait de cote, sur une base de valorisation de 1,4 Md$. Golden Lincoln Holdings, une holding formée par les actionnaires familiaux de contrôle de Li & Fung et le groupe singapourien d'entreposage et de logistique GLP, qui compte des investisseurs comme Vanguard Group et Norges Bank, a proposé une offre de 1,25 HK$ par action, représente une prime d’environ 72,7 % supérieur au cours de clôture moyen de l’entreprise au cours des 60 derniers jours et plus du double de sa clôture de 0,50 HK$ de la veille. Selon l’offre, Golden Lincoln, contrôlée par la famille Fung, détiendrait 60 % des actions avec droit de vote, GLP possédera les 40 % restants des actions avec droit de vote et 100 % des actions sans droit de vote (en conséquence, GLP détiendra 67,67 % du capital).

Fondé en 1906 et coté à Hong Kong depuis 1973, Li & Fung est devenu un géant textile avec la montée en puissance de la Chine comme usine au monde. Mais son résultat a chuté alors que le monde numérique comprenant des acteurs tels qu'Alibaba et Amazon a supprimé les intermédiaires, et ses clients principaux dans le détail en Europe et aux États-Unis ont rencontré des difficultés de développement. Son chiffre d’affaires était en baisse de 10,1 % de pour atteindre 11,4 Md$ pour un bénéfice d'exploitation de 228 M$, soit une baisse de 22,9 %. Son story en France compte notamment la liquidation de la marque Sonia Rykiel l’an dernier, dont 80 % du capital ont été acquis par Fung en 2012 (lire aussi notre chronique précédente ).

Industries : Flow Control Technologies (France)

Flow Control Technologies (FCT), placé en redressement judiciaire depuis octobre dernier par le Tribunal de Commerce de Paris, a reçu des marques d'intérêt d'acquéreurs indien et chinois, d’après un délégué syndical CGT cité par La Dépêche du Midi. D’après la source, un seul repreneur devait se manifester avant le 13 mars, délai fixé par le tribunal, deux nouveaux potentiels repreneurs se sont manifestés in-extremis, dont un groupe indien a déposé une lettre d'intention d'intérêt avec une demande de report de date limite et un groupe chinois manifesterait son intérêt mais sans déposer un dossier.

Pour mémoire, déjà en grandes difficultés en 2018, Flow Control Technologies, filiale de l’époque (hors core business) du groupe américain Emerton, spécialisée dans la fabrication de vannes à très haute pression utilisées notamment pour les forages en Mer du Nord, a été repris par Altifort (lire aussi l’article : Altifort ouvre les vannes ). Flow Control Technologies, dont le siège social à Saint-Juéry (Tarn), en employant 126 salariés pour un chiffre d’affaires de 12 M€ en 2018 contre 32,8 M€ de l’an précédent, a subi encore une fois un mauvais sort. Du au redressement judiciaire d'Altifort, une trentaine d'entreprises sont en difficulté en France, avec 1 500 emplois dans toute la France sont menacés.

EdTech : Yuanfudao (Chine)

Yuanfudao

© Yuanfudao

La plateforme d'éducation en ligne chinoise Yuanfudao, soutenue par le géant de l’internet Tencent Holdings, coté à Hong Kong, devrait établir un nouveau tour de table, qui la valoriserait environ 7,5 Md$, selon le Reuters. Le montant de levée visé serait d’1 Md$ auprès de Tencent Holdings et le fonds Hillhouse Capital Group. Yuanfudao a démenti les informations de l’agence britannique mais sans préciser davantage. Fondée en 2012, la cible propose des cours en ligne et des aides scolaires aux étudiants, un rare point lumineux d'activité dans le monde des affaires. Mais le contexte a évolué car la pandémie du covid-19 a suspendu la vie scolaire de la plupart des élèves dans les quatre coins du monde.  Les fermetures d'écoles obligent les étudiants en Chine à suivre des cours via Internet comme en Europe et le reste du monde. Les applications éducatives chinoises en ligne comme Yuanfudao ont vu une forte augmentation des téléchargements et de l'utilisation au milieu de l'épidémie. Pour mémoire, Yuanfudao avait été valorisé à 3 Md$ lors son dernier tour de table avec une levée de 120 M$ en 2018. Elle compte également Warburg Pincus, Matrix Partners China et IDG Capital comme investisseurs historiques.

Par ailleurs, DingTalk, développé par un autre géant chinois, Alibaba Group pour les cours en ligne, est devenu l'application gratuite la plus téléchargée sur l'App Store en Chine en février dernier, selon l'agence d'analyses App Annie.

Télécom : SoftBank (Japon)

SoftBank

SoftBank , conglomérat télécom japonais et gestionnaire du plus grand fonds tech doté de près de 100 Md$, va initialiser une méga-opération de cession d’actifs pour racheter près de la moitié de ses titres en circulation (environ 45 %). En raison des investissements comme WeWork et Uber et de l’impact financier de l’outbreak du covid-19, le groupe de Masayoshi Son a vu sa capitalisation boursière divisée par deux en moins d’un an. Le projet de cession d’actifs a fait bondir son titre de 19 % en une journée.

Le conglomérat japonais souhaiterait céder sur un an pour 38 Md$ d’actifs sur une totalité de 245 Md$ et d’en utiliser pour racheter ses propres titres, jugé sous-évalué, pour finir par racheter 45 % du capital en circulation avant de les annuler. Le fonds activiste Elliott, gérant 40 Md$, a déboursé 2,5 Md$ pour devenir actionnaire minoritaire du groupe japonais, lui mettant la pression sur le projet de rachat de ses propres actions ou encore sur une plus de transparence dans la gestion de Vision Fund.

SoftBank entendrait aussi réduire significativement sa dette d’un montant total de 55 Md$. Le groupe japonais est déjà dans le viseur des hedge funds. L’américain Apollo Global Management a placé un pari court important contre les obligations émises par SoftBank, en argumentant que son exposition aux startups technologiques brûle ses liquidités. L’agence de notation financière Standard & Poor a abaissé la perspective de la note de long terme de SoftBank à "négative" contre "stable" auparavant.  

Parmi tous les "trésors" possédés par SoftBank, on remarque notamment sa participation minoritaire d’environ 30 % dans le capital du géant de l'e-commerce chinois Alibaba, dont la valeur estimée s’élèverait environ 140 Md$. Par ailleurs, l’opérateur télécom américain Sprint et le groupe britannique ARM spécialisé dans le développement de processeurs d'architecture 32 bits et d'architecture 64 bits de type RISC, sont également dans la liste de cessions potentielles.

Smartphone : Xiaomi (Chine)

Le fabricant de smartphones coté à Hong Kong, Xiaomi, va émettre des obligations panda de 8 milliards de yuans (environ 1 Md€) pour financer les efforts de prévention des coronavirus, sa première émission en Chine continentale, selon le Reuters. La première tranche d'un milliard de yuans (131 M€) aura un coupon fixe et une durée de trois ans. L’ensemble des produits des obligations serait utilisé pour rembourser les intérêts sur les prêts pour des projets en Chine, représentant environ 4 milliards de yuans, reconstituer le fonds de roulement et soutenir les efforts de lutte contre les virus avec également 4 milliards de yuans. La Bank of China sera le principal garant et teneur de livre, avec ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) en tant que co-garant. Xiaomi a déclaré que plus de 80% de sa chaîne d'approvisionnement sera opérationnelle à partir de jeudi (soit demain), suite à l'épidémie du Covid-19 dans le pays.

Services Financiers & Restucturing: Galaxy AM (Chine)

D’après l’autorité financière chinoise, CSC (China Securities Co) a reçu l’approbation pour se transformer en statut d’Asset Management Company (AMC). La nouvelle entité sera nommée China Galaxy AM. La transformation durera six mois à compter de la date d'approbation. CSC (China Securities Co) est détenu aujourd’hui par Central Huijin à 70 %, filiale du fonds souverain China Investment Corporation, et le courtier boursier Citic Securities. Les quatre autres acteurs chinois sont Cinda, Huarong (tous les deux coté à Hong Kong), Great Wall AM et China Orient AM. Ils ont été successivement créé pour absorber les actifs non performants du secteur bancaire chinois. La Chine a intensifié sa gestion des risques des petites et moyennes banques, ces AMC ont joué un rôle important dans ce processus. Avec l’épidémie, la taille d’actifs non performants pourrait augmenter encore considérablement.

PIB chinois

Selon le dernier rapport publié par la China International Capital Corp (CICC), l’une des principales banques d'investissements en Chine, l'épidémie du Covid-19 se propage rapidement et s'intensifie à l'échelle mondiale, la prévision du taux de croissance du PIB de la Chine en 2020 serait de 2,6 % contre 6,1% de l’an précédent. La banque chinoise prévoit également un fort rebond en 2021 pour un taux de 9 %. Goldman Sachs a revu pour sa part la prévision de croissance du PIB mondial à 1,25 %, ce qui signifie une récession moins grave qu'en 1981-82 et 2008-09, mais pire qu'en 1991 & 2001. Le groupe bancaire américain estime que la Chine devrait enregistrer un taux de croissance de 3 % du PIB pour cette année contre 5,5 %, avec la prévision précédente qui ne prenait pas en compte l’épidémie.

Lanvin (France)

Jean-Philippe Hecquet, directeur général du groupe Lanvin, acquis par le groupe privé chinois Fosun en 2018 (lire aussi l’article CFNEWS : Lanvin s'habille d'un nouvel actionnaire ), a quitté son poste. Yun Cheng, CEO de Fosun Fashion Group, prend temporairement la direction. Diplômé de l’université Northwestern, Jean-Philippe Hecquet avait passé environ 14 ans chez Louis Vuitton (LVMH) à différents postes opérationnels entre la France et les États-Unis pour passer chez Tag Heuer, marque horlogère détenue également par LVMH, où il a été directeur du retail international. En outre, il a notamment exercé, en tant que directeur général de la marque Sandro (aujourd’hui Groupe SMCP).

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