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Chronique

Asie : Igis AM/KIS, Allianz RE, Suez NWS, Tencent, Alantra...

PAR  | 09 octobre 2019 | 1924 mots
La plateforme Amazon de Brétigny-sur-Orge

La plateforme Amazon de Brétigny-sur-Orge, réalisée par GA Smart Building. © GA Smart Building

Chronique Asie

Immobilier : Igis AM, KIS / entrepôt d’Amazon (Corée du Sud / France)

Mis sur le marché par Amazon l'an passé, le portefeuille Neptune comprenant trois sites du géant du e-commerce en Europe, dont celui du français de Brétigny-sur-Orge, est vendu pour une valorisation totale de 412 M€ (lire aussi l’article du site CFNEWS IMMO & INFRA : Les Sud-Coréens remportent leur premier grand entrepôt francilien ). Le consortium composé des deux sud-coréens Igis Asset Management et Korea Investment & Securities (KIS)  finance ces acquisitions par de la dette. Tout compris, le portefeuille représentant près de 450 M€ d'investissement, regroupe trois grands centres logistiques d'Amazon en France, en Espagne et au Royaume-Uni sur du très long terme par le géant du e-commerce (20 ans) : celui de Brétigny-sur-Orge développant 150 195 mètres carrés ; celui d'El Prat de Llobregat près de Barcelone (209 194 m2) et celui d'Avonmouth, près de Bristol (132 079 m2).

Immobilier : Allianz RE / Blackstone / Portefeuille japonais (Allemagne / Etats-Unis / Japon)

Allianz Real Estate, branche immobilière de l’assureur Allianz rachète auprès de Blackstone un portefeuille d'actifs résidentiels d’habitation collective au Japon, pour 1,1 Md€. Le portefeuille comprend 82 actifs totalisant 4 600 unités couvrant 160 000 m² de surface locative nette. 78 des 82 actifs sont situés dans les quatre villes principales du pays : Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuoka. Le taux d'occupation actuel s’élève à 97 %. A la fin juin, les actifs résidentiels représentent 9,8 Md€ des 67,1 Md€ du portefeuille global d'Allianz Real Estate.

Avec deux sièges sociaux, à Munich et à Paris, Allianz Real Estate opère dans 19 grandes villes du monde et assure la gestion de ses investissements et financements au travers de cinq plateformes opérationnelles régionales : Europe de l’Ouest (Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Portugal), Europe du Nord et Centrale (Allemagne, Autriche, CEI, Irlande, Scandinavie), Suisse, États-Unis et Asie-Pacifique.

Nomination : Nova Partners (Paris)

Albane de Saint Hilaire, Nova Partners

Albane de Saint Hilaire, Nova Partners

Le cabinet d’avocats marseillais Nova Partners accueille Albane de Saint Hilaire , 36 ans. Cette spécialiste en opérations M&A cross-border (notamment avec l'Asie), a débuté sa carrière en 2010, chez Duhamel Blimbaum avant d'exercer chez Nova Partners puis chez Lefèvre Pelletier & associés à Hong Kong (voir sa biographie ci-dessous). Chloé Pardal, l'accompagne comme collaboratrice junior. Le cabinet rassemblera désormais 23 avocats dont huit associés.

Environnement : Suez NWS / ALS China (France, Chine / Australie)

Suez NWS , la JV de Suez et de NWS Holdings, rachète les activités chinoises d’ALS, groupe australien coté à Sydney et basé à Birsbane. La transaction s’établit à une VE de 57 M$ (51,1 M€).  Présent en Chine depuis 2004, le groupe ALS se spécialise dans les services de test, d’inspection, de certification et de vérification sur plus de 370 sites répartis dans 65 pays. La cible ALS China emploie 180 salariés repartis entre des laboratoires (Beijing, Shanghai et Guangzhou) et des implantions commerciales (Chongqing, Wuhan et Shijiazhuang). Pour cette opération, le cédant ALS a été conseillé par Clearwater International , avec Barry Chen (Partner) et James Chen (Associate director).

Services Financiers : LSE (Royaume-Uni)

L’opérateur de la Bourse de Hong Kong (HKEx) a renoncé à son offre sur son homologue londonien London Stock Exchange Group (LSE). L’opérateur hongkongais a proposé une offre non sollicitée au prix unitaire de 8361 pence, représentant une prime de 22,9 %, valorisant la cible pour une VE de 31,6 Md£ (dont 29,6 Md£ d’equity), soit 30,2 fois l’Ebitda. L’offre était conditionnée à ce que le rachat du fournisseur de données financières Refinitiv par LSE, ne soit pas mené à terme. LSE a maintenu sa stratégie d’acquisition de Refinitiv (ancienne division de données financières de Thomson Reuters) pour 27 Md$. Il a exprimé ses doutes fondamentaux sur l’offre de HKEx et a affirmé que le board n’allait pas poursuivre l’examen de l’offre hongkongaise. LSE est aujourd’hui détenu par de nombreux investisseurs, dont Qatar Investment Authority, le plus important actionnaire avec ses 10 % et Aberdeen Standard Investments. Le gouvernement de Hong Kong est le plus grand actionnaire d'HKE, lequel avait notamment réalisé l’acquisition du London Metal Exchange (LME) en 2012 pour 1,388 Md£ (1,7 Md€) (lire aussi notre chronique précédente ).  

Éducation : Tencent / VIPKid (Chine / Chine)

VIPKid

© VIPKid

Tencent, groupe coté à Hong Kong, apporte 150 M$ pour le tour de table de série E de VIPKid, plateforme en ligne dédiée à l’éducation des enfants entre 4 et 15 ans. Aucun d’autre détail financier n’est communiqué. Fondée en 2013, la plateforme chinoise cherchait à lever 500 M$ pour ce tour sur une base de valorisation de 4,5 M$ contre 3,5 M$ lors de son dernier tour de table réalisé l’an dernier. Pour mémoire, Tencent avait déjà participé au tour de table D+ avec une levée de 500 M$ en juin 2018 et au tour de table D avec une levée de 200 M$ effectuée en 2017. Basée à Beijing, la plateforme, réunissant 700 000 élevés dont la plupart à l’école primaire en Chine et 90 000 professeurs anglophones aux États-Unis et au Canada, compte par ailleurs des actionnaires de renom comme Sequoia Capital China et le business angel joueur de la NBA Kobe Bryant.  

Étude : Alantra

D’après l’étude réalisée par la banque d’affaires Alantra , malgré le recul des acquisitions par des entreprises chinoises à l’étranger, il existe de nombreuses raisons d’être optimiste. Le ralentissement de l’économie chinoise et les guerres commerciales entre les États-Unis et la Chine ont impacté les fusions et acquisitions. Les chiffres de Dealogic montrent qu'en Chine, qui compte pour près de la moitié du marché asiatique, les volumes d’opérations inbound ont diminué de 35 % pour atteindre 77,8 Md$ par rapport à la même période de l’année dernière, tandis que les valorisations ont chuté pour la deuxième année consécutive. Le taux de VE / Ebitda de PME/ETI est descendu à 17,8 fois au premier trimestre de 2019, son plus bas niveau depuis 2014, alors qu'il se situait à 17,7 fois.

Mais de nombreuses opportunités sont en train d’apparaître du fait notamment du ralentissement de la croissance et de la baisse des IPO, mais aussi du vieillissement des entrepreneurs. L'activité M&A serait générée par une première vague d'entrepreneurs cherchant à prendre leur retraite en cédant leur contrôle. Elle serait également conduite par des sociétés multinationales ou domestiques, qui, dans le passé, avaient construit des sites vierges, sont plus intéressés à acheter des entreprises pour atteindre une taille réelle ou renforcer leur avantage concurrentiel. Par ailleurs, la régulation de plus en plus souple faciliterait également les opérations M&A, d’après la nouvelle publication de la Commission nationale de développement et de réforme (NDRC), la liste négative d’investissement est réduite jusqu’à 4 secteurs sur 151 mentionnés. Le cabinet d’avocats britannique Linklaters estime que cette nouvelle loi pourrait attirer 1,5 Md$ d’investissements étrangers en Chine d’ici 10 ans.

Études : Mazars

La Chine et l’Inde sont en tête de la course à la technologie, la France mise au défi, selon l’étude réalisée par Mazars « Comment prendre le virage technologique ? - Les tendances mondiales de l’investissement dans les technologies ». Le cabinet évalue le niveau de connaissance des dirigeants de six pays (Chine, France, Allemagne, Inde, Royaume-Uni et États-Unis), les taux d’adoption et d’investissements de leur organisation concernant 5 technologies majeures : l’IA, l’automatisation des processus robotiques (RPA), l’Internet des objets (IoT), la blockchain et l’erp (entreprise resource planning).  

Les dirigeants chinois sont ceux qui ont la plus forte connaissance des cinq technologies (79 %), suivis par l'Allemagne (71 %), l'Inde (69 %), et les Etats-Unis (64 %). La France (53 %) et le Royaume-Uni (44 %) arrivent en queue de peloton. Les dirigeants indiens (52 %) et chinois (49 %) sont les plus enclins à augmenter les budgets qu'ils consacrent à ces cinq technologies ; la France (28 %) et le Royaume-Uni (20 %) sont les plus réticents. En termes d'adoption, la Chine et l’Inde font figure d’exceptions, avec respectivement 87 % et 83 % des répondants indiquant qu’ils sont au moins en train de procéder à l’analyse comparative des cinq technologies.

Et aussi :

  • Spécialiste coté de la communication extérieure, le groupe français JCDecaux continue de faire avancer ses pions en Asie. Il a signé un contrat, via sa filiale japonaise à 60 % MC Decaux, dont le solde est détenu par son partenaire local Mitsubishi Corp, avec le groupe de distribution Ito Yokado. Il a obtenu ainsi l′exclusivité de l′installation de MUPI (mobiliers urbains pour l′information) publicitaire dans les centres commerciaux d’Ito Yokado (au nombre de 116 dans la région du grand Tokyo et 179 dans l′ensemble de l′archipel). Grâce à ce contrat d′une durée de 15 ans, MC Decaux va devenir le numéro un de la publicité dans les centres commerciaux au Japon.
  • Soutenue depuis 2013 par le fonds norvégien Altor, la marque d’équipements sportifs Rossignol accélère sa diversification dans le vêtement urbain. La marque de ski se diversifie dans le textile pour diminuer sa dépendance au matériel de montagne, qui compte pour 70 % de son chiffre d’affaires (stable), évalué au moins à 370 M€ pour l’exercice en cours. Pour mémoire, elle avait accueilli en juin 2018 le nouvel actionnaire chinois IDG Capital, qui s’était emparé d’environ 20 % du capital et l'avait aidé à ouvrir des flagships en Chine, à Beijing, Shanghai et Hong Kong.
  • La nouvelle édition (8ème édition) du French Tech Tour China - programme d'accompagnement des entreprises françaises de la tech sur le marché chinois, organisée par Bpifrance et Business France - a dévoilé la liste des douze start-up gagnantes. Les deux organismes vont accompagner ces jeunes sociétés au cœur de quatre écosystèmes de l’innovation parmi les plus dynamiques du pays : Guangzhou ou Shenzhen ; Hong Kong ou Chengdu ; Shanghai puis Beijing. L’honneur est attribué aux acteurs des nouvelles technologies et de la transition énergétique en particulier aux cleantech. Parmi les entreprises lauréates sélectionnées figurent Eclipse, Equium, Ergosup , EyeLights , IndiceA,  Kalray , Nahimic, Nanomakers , Seamless Waves, serviceTag, Speedernet, Unéole.

Bonne semaine !

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