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Chronique

Asie : JustCo, Lydia, Questel, Sensome, WonderFull, SES-imagotag...

PAR  | 15 janvier 2020 | 1500 mots
JustCo

© JustCo

Co-working : Tikehau Capital / JustCo (France / Singapour)

Le fonds d’investissement coté Tikehau Capital , gérant 24,3 Md€ et disposant d’une antenne à Singapour depuis 2014, réalise sa première cession de l’année JustCo. L’opération rapporte au fonds une plus-value nette de 27,7 millions de dollars singapouriens (18,6 M€), soit un multiple de rendement plus de 7 fois. L'identité de l'acquéreur reste confidentielle. Fondée en 2011 à Singapour, la cible offre des espaces partagés aux indépendants, entrepreneurs, start-ups et petites et grandes entreprises dans de nombreuses villes en Australie, en Chine continentale, en Indonésie, au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, en Thaïlande et à Singapour. Elle y gère une quarantaine de centres et occupe une position dominante sur la plupart de ses marchés. Pour mémoire, le fonds français a injecté, en 2015, via son ancienne filiale cotée Salvepar (absorbée par Tikehau en 2017), 4 millions de dollars singapouriens (2,5 M€). Du côté de la société JustCo, en novembre dernier, elle a levé 74 M$ après du constructeur immobilier japonais Daito Trust. Ce dernier a investi 50 M$ dans le capital de JustCo et 2,65 milliards de yens (24 M$) supplémentaires pour créer une coentreprise de coworking au Japon. La JV est détenue à 51 % par Daito Trust et à 49 % par JustCo. En 2018, l'opérateur a reçu une enveloppe de 177 M$ apportée par le fonds souverain singapourien GIC et de la société immobilière Frasers Property.

Basé à Séoul, Singapour et Tokyo en Asie, le fonds français se développe rapidement en Asie après l'arrivée du fonds souverain singapourien Temask dans son capital (lire aussi : Tikehau Capital s'ouvre à de nouveaux actionnaires ). L'an dernier, il s'est associé à la société immobilière cotée à Singapour City Developments Limited (CDL) dans Ireit Global Group, la société de gestion d’Ireit Global, foncière cotée à Singapour. Cette dernière est le seul investisseur immobilier à Singapour (lire aussi notre chronique précédente ). Par ailleurs, d’après le Private Equity International (PEI), Tikehau a récemment récolté 100 M$ pour son premier fonds de fonds en Asie et prévoyait de lever 150 M$ et de clôturer la levée d'ici la mi 2020.

Fintech : Lydia / Tencent (France / Chine)

Lydia , fintech spécialisée dans le paiement mobile attire le conglomérat chinois Tencent à son capital, qui mène un tour de 40 M€ devant les actionnaires historiques, tels que CNP Assurances, XAnge ou encore NewAlpha AM pour se développer sur le marché européen (lire aussi l'article CFNEWS : Lydia s'appuie sur un géant coté chinois ).

Logiciel : Questel / NRI Cyber Patent (France / Japon)

Soutenu par IK Investment et Raise sous forme de LBO, Questel , fournisseur de logiciels et services dédiés à la propriété intellectuelle aux 150 M€ de revenus, réalise un build-up à l’archipel japonais. Il a signé l’acquisition de NRI Cyber Patent, éditeur des logiciels de business intelligence et d’asset management de patent information, auprès du groupe coté Nomura Research Institute (NRI). Basée à Tokyo, la cible a été fondée il y a 25 ans et compte plus de 50 employés et 1 000 clients. L’acquisition permet à Questel de consolider fortement sa présence sur ce marché. Pour mémoire, Questel est entré sur le marché nippon dans les années 90 à travers divers partenariats de distribution et a accéléré son développement grâce à l’acquisition d’ULT (aujourd’hui Questel Japon) il y a trois ans et de la filiale japonaise de l’américain Multiling (lire aussi l’article CFNEWS : Questel brevète une cible américaine ). Après l’acquisition de NRI Cyber Patent, Questel revendique la place de numéro 1 dans son secteur au Japon. 

Matériel médical : Sensome / Asahi Intecc (France / Japon)

Sensome

© Sensome

Sensome , fabricant de capteurs, employés à identifier les tissus biologiques, amasse une enveloppe de 8 M€, dix mois après une série B de plus de 4,5 M€, principalement auprès de ses anciens investisseurs, tels que le fonds Paris-Saclay, géré notamment par Kurma Partners, ainsi qu'Idinvest Partners ou encore BNP Paribas Développement. Mais cette augmentation de capital, la quatrième depuis sa création en 2014, qui porte à plus de 17 M€ la somme globale reçue depuis cinq ans, est principalement marquée par l'entrée de l'un de ses nouveaux partenaires, le concepteur japonais coté de dispositif médicaux Asahi Intecc . Le président fondateur de Sensome, Franz Bozsak, n'est plus majoritaire à l'issue de ce tour, bouclé en fin d'année dernière (lire aussi l’article CFNEWS : Sensome tisse des liens avec un industriel japonais ). La jeune pousse francilienne de 19 personnes devrait d'ailleurs en lancer les premiers tests cliniques avant la fin de cette année. Par la suite, plusieurs étapes réglementaires la sépareront encore d'une mise sur le marché, qu'elle espère pouvoir entrevoir en 2022. Sensome va également profiter de son partenariat avec Asahi Intecc pour intégrer sa technologie dans leur propre guide, et ainsi travailler sur la conception d'un nouveau dispositif, d'ici les deux prochaines années.

E-commerce: SBI Holdings / WonderFull (Japon / Chine, France)

WonderFull (豌豆公主 en chinois, Princesse au petit pois), spécialisé dans l’e-commerce cross-border sino-japonaise, a réussi une levée de 5,3 milliards JPY (environ 48,8 M$). L’enveloppe est apportée par SBI Holdings (la plus grande chaîne de pharmacie japonaise), Sugi Holdings et Xinjin Holdings. La nouvelle levée va aider les opérations, le marketing et le recrutement de l'équipe. Ventech China a soutenu WonderFull dans le cadre de son tour d’amorçage avec les autres investisseurs comme Itochu Corporation, Zhen Fund, IDG Capital, World Innovation Lab, SBI Holdings, KDDI (opérateur télécom) et Chia Tai Group. WonderFull est active dans deux domaines, le premier dans la plateforme de commerce B2B2C vendant des produits japonais en Chine et le second dans le marketing en Chine pour les marques japonaises. Elle dispose de sa propre application e-commerce, lancée en septembre 2015, réunissant aujourd’hui 3 300 marques japonaises, 40 000 produits, et notamment 20 millions d'utilisateurs enregistrés principalement chez les 20-30 ans.

Électronique & Informatique : SES-imagotag / Bossard (France / Suisse)

SES-imagotag

© SES-imagotag

Détenu à 68,48 % par le chinois BOE Technologie, SES-imagotag , groupe coté fournissant des prestations numériques pour le commerce physique, s’allie au suisse Bossard dans le domaine des solutions industrielles et logistiques pour l'internet des objets (IoT). La coopération sera scellée par la création d'une coentreprise. Baptisée PDi Digital, elle sera détenue à raison de 30 % par Bossard, spécialiste de la connectique industrielle, le solde pour le groupe français. Elle combinera notamment le savoir-faire des deux sociétés : l'expertise de SES-imagotag dans les technologies ESL (Electronic Shelf Label) dans le secteur de la distribution et la compétence de Bossard dans le domaine des solutions logistiques automatisées pour le secteur industriel. Pour cette opération, White & Case a conseillé le groupe SES-imagotag.

Automobile : Geely / Aston Martin (Chine / Royaume-Uni)

Le groupe chinois privé Geely, déjà propriétaire du constructeur automobile suédois Volvo Cars, de l’anglais Lotus et du malaisien Proton, serait en discussions pour entrer dans le capital du britannique Aston Martin, coté à Londres, qui connaît d'importantes difficultés financières, selon le Financial Times. Les discussions pourraient aussi déboucher sur un partenariat technologique et Geely fait partie d'une liste de plusieurs prétendants, alors que Aston Martin cherche à lever des fonds. Par ailleurs, le milliardaire canadien Lawrence Stroll, propriétaire de l'écurie Racing Point F1, pourrait être plus proche du dossier, selon plusieurs journaux anglophones. Le constructeur des voitures de James Bond accumule les déconvenues et a émis en début de semaine un avertissement sur résultat, compte tenu de ventes en berne. Sa capitalisation boursière atteint tout juste 1 Md£, loin des 4,3 Md£ lors de son entrée en Bourse fin 2018. Les parties concernées n'ont pas fait de commentaires.

Bonne année et bonne semaine !

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