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Asie : Le Bélier, Navya, Orès Group, Manbang, Reliance Retail... Accès libre

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Le Bélier

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Automobile : Le Bélier / Wencan (France / Chine)

Le groupe chinois Wencan, coté à Shanghai et spécialisé dans la fonderie sous pression pour l'automobile, finalise l’OPA sur la totalité des titres qu'il ne détient pas encore du groupe Le Bélier. La cible retire ainsi sa cotation sur le compartiment B du marché Euronext Paris depuis 1999. Après la finalisation de l’acquisition majoritaire auprès de la famille fondatrice emmenée par Phillipe Galland, et Philippe Dizier, le groupe chinois a lancé cette OPA en octobre dernier (lire aussi notre chronique précédente). Fondé en 1961, Le Bélier, basé à Vérac en Gironde, était, pour mémoire, entré en négociations exclusives en décembre dernier avec Wencan, en vue d'une cession de l'intégralité de la participation des actionnaires majoritaires sur une base de valorisation d'environ 250 M€. L’offre chinoise de 38,18 euros par titre, représente une prime de 29 % par rapport au dernier cours de clôture de la veille (le 6 décembre 2019). Pour financer l'opération, Wencan a recouru à ses fonds propres à hauteur de 60 % ainsi qu'à des financements bancaires auprès de la banque chinoise Industrial Bank of China - 400 millions de yuans (51,3 M€), soit environ 20 % du montant d’acquisition- , et de la banque française Société Générale au maximum 100 M€ en quatre tranches (lire aussi l'article CFNEWS : Le Bélier conduit en Chine). Le Bélier a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 68,9 M€ au T3 cette année, en baisse de 6,7 % sur un an. Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires consolidé ressort à 178,6 M€, soit une chute de 26 %.

Véhicule Autonome : Navya / Esmo (France / Corée du Sud)

Navya aux Gardens by the Bay à Singapour

Navya aux Gardens by the Bay à Singapour

Coté sur Euronext, Navya, concepteur et constructeur de navettes et de taxis électriques autonomes, structure son activité en Asie et met en place une ligne de financement en fonds propres avec Kepler Cheuvreux. D’abord, la société tricolore basée à Villeurbanne renforce ses partenariats stratégiques établis avec ESMO Corporation, qui a en juin 2019 souscrit des ORNANE pour un montant total de 20 M€ avec une maturité de cinq ans (lire aussi notre chronique précédente). Après la conversion des obligations, Esmo deviendrait le deuxième actionnaire (20 %). Esmo Corporation, distributeur exclusif de Navya en Chine et en Corée du Sud, et Navya ont déjà en place d’une ligne de production de l’Autonom Shuttle au sein de l’usine « Jinhae », un complexe de 6 000 m2. Navya crée également une entité de services à Singapour avec l’accompagnement financier de ST Engineering Land Systems (STELS), filiale de ST Engineering, groupe singapourien de technologie de défense et d’ingénierie. Ils ont lancé plusieurs expérimentations, comme celle aux Gardens by the Bay, un site touristique emblématique situé en plein centre de Singapour.

En parallèle, Navya a conclu un accord avec l’asset manager Kepler Cheuvreux pour une mise en place d’une ligne de financement en fonds propres. Ce dernier s’est engagé à souscrire un maximum de 5,8 millions de titres (représentant un montant d’émission de 18 M€) sur une période maximale de 24 mois. Navya dispose d’une trésorerie de 22,0 M€ au novembre contre 27,4 M€ à fin août dernier. Au premier trimestre de cette année, la société française a enregistré un chiffre d’affaires de 4,7 M€, une baisse 23,4 %, pour une perte de 11,3 M€, qui a réduit de 18,2 %.

Communication : European Digital Group / Orès Group (France / France)

Holding d'investissement créé par Montefiore, European Digital Group (EDG) se voit aussi comme un animateur des sociétés rachetées. Cette structure apparentée donc à une « holding animatrice » a signé le mois dernier sa troisième prise de contrôle, de l'agence de publicité lilloise Orès Group. EDG, immatriculée en juillet 2019 juste avant le rachat de Digilinx (Les BigBoss), avait mis la main cet été sur Ad's up Consulting, spécialiste de référencement sur moteur de recherche. La structure de Montefiore prend une participation légèrement supérieure à 50 %, offrant une valorisation qui pourrait flirter in fine autour de 35 M€ selon nos informations. L'agence de publicité lilloise, très présente en Asie, affiche 15 M€ de revenus (lire aussi l’article CFNEWS : Orès Group chez une holding animatrice).

Transports : Manbang (Chine)

Né après la fusion entre Huochebang et Yunmanman (ymm56.com) en novembre 2017, le groupe chinois Manbang, mettant en relation de chauffeurs routiers avec des propriétaires de camions et demandeurs de services logistiques, bouclera une méga levée de 1,7 Md$. Et ce, après d’un groupe d’investisseurs, dont quatre en lead, SoftBank Vision Fund, Sequoia Capital China, Permira et Fidelity. De nombreux investisseurs historiques vont remettre au pot comme Hillhouse Capital, GGV Capital, Lightspeed Capital Partners, Yunfeng Capital (de Jack Ma Yun, fondateur d’Alibaba Group), Xiang He Capital, Baillie Gifford, All-Stars Investment, CMC Capital Group, et Tencent Holdings. L’opération devrait être finalisée cette année et s’établit sur une base de valorisation pre-money de 10 Md$, selon le WSJ. Pour mémoire, sa dernière levée avait été réalisée il y a deux ans pour un montant de 1,9 Md$. L’opération, emmenée par le fonds Softbank Vision et suivie notamment par CapitalG (ex Google Capital) avec un ticket de 30 M$, valorisait la cible 6 Md$ (lire aussi notre chronique précédente).

Distribution & e-commerce: Reliance Retail (India)

Reliance Retail

Reliance Retail

Le milliardaire indien Mukesh Ambani réorganise l’actionnariat de la branche de distribution de son empire de business Reliance Industries. Il a ouvert le capital de Reliance Retail à huit investisseurs en leur cédant 10,09 % du capital pour empocher 6,38 Md$ (472,65 Md INR). L’opération, qui aura pour ambition de conquérir les consommateurs online et offline, valorise la cible 63,25 Md$. Silver Lake était le premier investisseur à injecter d’abord en septembre dernier 75 Md INR (contre 1,6 %), puis en octobre 18,75 Md INR (0,4 %). Il était suivi par KKR (1,19 %), Mubadala (1,33 %), ADIA (1,18 %), GIC (1,18 %), TPG (0,39 %), General Atalantic (0,78 %), PIF d'Arabie saoudite (2,04 %). Fondée en 2006, Reliance Retail, spécialisé dans la distribution de détail pour toutes sortes d’articles (produits alimentaires, épicerie, vêtements et chaussures, produits électroniques etc) via plusieurs enseignes, compte plus de 11 000 magasins physiques dans plus de 6 700 villes et communes du pays pour un chiffre d’affaires de 21,7 Md$ et un résultat net de 726,4 M$ (2019).  

Pour mémoire, au premier semestre de cette année, Reliance Industries avait réuni près de 21 Md$ en cédant 32,97 % du capital de la nouvelle entité Jio Platform sur une valorisation de 65 Md$ en equity pour une valeur d’entreprise de 68,6 Md$ (lire aussi notre chronique précédente). Regroupant toutes ses activités télécom et de services numériques, cette dernière a pour ambition de devenir un groupe comparable aux géants numériques mondiaux comme l’américain Alphabet (propriétaire de Google), ou les chinois Tencent et Alibaba. Ses actionnaires comptent aujourd’hui ainsi Facebook (9,99 %), Google (7,73 %), Vista Equity Partners (2,32 %), KKR (2,32 %), Silver Lake Partners (2,08 %), General Atlantic (1,34 %), ADIA (1,16 %), TPG (0,93 %), L Catterton (0,39 %), Intel (0,39 %), Qualcomm (0,15 %).

Infrastructure médicale : AIIB (Chine)

La Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII ou AIIB), initialisée par la Chine, va créer une division dédiée à l’infrastructure de santé après le constat de faiblesse de ce domaine depuis la pandémie. Selon une interview de l'économiste en chef de la banque Erik Berglöf au FT, l’AIIB envisageait depuis longtemps une unité de soins de santé, et Covid-19 a accéléré ses plans, et lui-même travaille actuellement sur le lancement de ce département. L’AIIB avait été créé en 2014 sur la proposition de la Chine, elle répond notamment au besoin croissant d'infrastructures en Asie du Sud-Est et en Asie centrale sur le financement de projets d'infrastructure dans des secteurs tels que l'énergie, les transports et l'eau. Cette banque concurrence directement l'action du FMI, de la Banque Mondiale ou encore de la Banque asiatique de développement, bailleurs de fonds internationaux qui comptent les États Unis et leurs alliés. De nombreux pays européens comme le Luxembourg, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Suisse y sont pourtant membres fondateurs. En avril dernier, la banque a octroyé pour une première fois dans le secteur de santé, en accordant des crédits d’urgence de 355 M$ à deux villes chinoises Beijing et Chongqing pour leur aider à maîtriser l’épidémie de la covid-19.

Et aussi :

Forsee Power, fabricant francilien de batteries industrielles, va s’installer en Inde pour équiper progressivement les deux roues, trois roues et, les bus électriques. Plus de 1000 batteries pour deux roues seront livrées d'ici la fin de 2020. Forsee Power India sera pleinement opérationnel en mars 2021 et comprendra la production locale à Pune, les ventes, l'intégration et le SAV. Pour mémoire, en mars 2019, le fabricant de batteries avait levé 51 M€, l’enveloppe avait été apportée par Bpifrance, Idinvest, et le japonais Mitsui & Co. (lire aussi l’article CFNEWS : Forsee Power continue de se charger).

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