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Chronique

Asie : PSA Groupe, Adira Insurance, Sonia Rykiel, Ant Financial, Gong Cha...

PAR  | 04 décembre 2019 | 1808 mots
PSA Groupe

© PSA Groupe

Automobile : PSA / JV en Chine (France / Chine)

Le constructeur français coté PSA Groupe allège ses activités en Chine, en cédant sa JV, une usine locale de fabrication de la série DS, détenue à parité avec son partenaire chinois Chang An. Cette usine pour DS, dont la date de création remonte à 2011 a été inaugurée à Shenzhen il y a environ 6 ans. D’après les Echos, l’usine serait reprise par le conglomérat chinois Baoneng. Le site continuera à produire des DS, mais en sous-traitance pour PSA, et tout en construisant probablement des modèles pour d’autres marques. Une information des syndicats de PSA devait se tenir dans le cadre d'un CSE central extraordinaire. Le conseil de surveillance devrait pour sa part étudier le dossier. En difficulté en Chine, le plus grand marché automobile du monde, le constructeur a perdu 300 M€ (cité par les Echos) l’an dernier. Son autre coentreprise avec Dongfeng (DPCA - Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles), qui produit les marques Peugeot et Citroën, fait par ailleurs l'objet d'une restructuration. L'année 2015 était le pic des ventes de PSA dans l’empire du milieu, qui écoule jusqu’à 736 000 véhicules. En 2018, il n’en a vendu que 5478 exemplaires de DS, un baisse de 10 %.

Longtemps considéré comme un Eldorado, le marché automobile chinois, représentant une fois et demie le marché nord-américain, apparaît désormais comme une source de difficultés pour constructeurs, y compris le français PSA. Le marché a baissé de 2,8 % en 2018, une première depuis 1990. La chute devrait avoisiner les 5 % en 2019.

Assurance : Zurich Insurance / Adira Insurance (Suisse / Indonésie)

L'assureur suisse Zurich Insurance a finalisé le rachat de 80 % des parts dans l'assureur indonésien PT Asuransi Adira Dinamika (Adira Insurance). Pour mémoire, la transaction avait été annoncée en septembre 2018. L'assureur suisse avait alors dit proposer 6,15 trillions de roupies indonésiennes (414 M$) pour cette participation. Il a repris ces parts auprès de Bank Danamon, la cinquième plus grosse banque d'Indonésie en termes de capitalisation boursière, ainsi que d'un actionnaire minoritaire, dont l’identité restant confidentielle. L’opération comprend également deux accords de distribution à long terme, d’un avec Bank Danamon, qui conserve 20 % des parts d’Adira, et l’autre avec Adira Finance, le numéro deux indonésien du financement de véhicules à moteur. Grâce à cette acquisition, Zurich Insurance revendique désormais une place dans le top 10 des assureurs dommages en Indonésie, avec des primes brutes de 170 M$ en 2018 (chiffres d’Adira Insurance).

Mode : Sonia Rykiel (France / Chine)

Faute de repreneur valable, la Maison Sonia Rykiel, placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, a mis la clé sous la porte en été dernier. D’après le Journal du Luxe, la semaine dernière, plusieurs offres de reprise des droits de la marque ainsi que de ses prestigieuses archives ont été examinées par un juge. Le verdict, formulé par ordonnance, devrait être prononcé en décembre. Cela fait songer à un nouvel épisode. Pour mémoire, la marque avait été rachetée à 80 % en 2012 par Fung Brands, contrôlé par la famille hongkongaise Fung, ce dernier avait pris le solde du capital au début de 2016, puis cette année-là il avait placé la marque sous la nouvelle structure First Heritage Brands, co-lancée par le fonds souverain singapourien Temasek et l’ancien de LVMH Jean-Marc Loubier. Malgré plusieurs tentatives de relance, la marque n'avait pas réussi à redynamiser les ventes. Son chiffre d'affaires l'an dernier était tombé à 35 M€, presque deux fois moins qu'en 2012 (83,7 M€) lors de l’acquisition par Fung Brands, avec plus de 30 millions de pertes.

Fintech : Ant Financial (China)

Ant Financial

© Ant Financial

Ant Financial, société mère d’Alipay contrôlée par Jack Ma Yun (cofondateur du géant d’e-commerce Alibaba), est en train de lever 1 Md$ pour un véhicule dédié aux start-ups en late-stage en Asie du Sud-Est, selon le journal en ligne DealStreetAsia (filiale du groupe de média japonais Nikkei). Pour mémoire, la plus grosse fintech du monde avait finalisé un méga tour de table 14 Md$ en juin 2018 sur une base de valorisation de 150 Md$. L’enveloppe avait été apportée par deux fonds souverains de Singapour, GIC et Temasek, le fonds souverain malaisien Khazanah Nasional, le régime de pensions du Canada CPPIB et les fonds américains Warburg Pincus, General Atlantic etc. (lire aussi notre chronique précédente ). Elle s’était associée à Alibaba pour investir dans plusieurs sociétés chinoises, comme la medtech Meinian Onhealth, l’opérateur de vélo en libre-service Hellobike. Il détient également un portefeuille de sociétés de fintech dans plusieurs pays, telles que la singapourienne helloPay, la britannique WorldFirst (lire aussi notre chronique précédente ), l’indienne Paytm. Toutefois, son ambition aux États-Unis, de racheter MoneyGram pour 1,2 Md$, a dû être arrêtée en raison de l’opposition de l’autorité américaine CFIUS, au motif de risque pour la sécurité nationale (lire aussi notre chronique précédente ).

Alimentaire : Gong Cha / TA Associates / Partners Group (Corée du Sud / Suisse)

Gong Cha

© gong-cha-sg.com

TA Associates a finalisé son acquisition sous forme de buyout de la marque Gong Cha, chaîne de points de vente de bubble tea (spécialité taïwanaise) et de thé au lait, basé aujourd’hui à Séoul et Singapour. Le fonds suisse Partners Group y a apporté une unitranche, dont le montant est confidentiel. Aucun détail financier n’est communiqué par les intervenants mais d’après la presse sud-coréenne, l’opération aurait valorisé la cible 350 milliards de wons coréens (environ 296 M$), soit près de 11 fois l’Ebitda. Fondée en 2006 dans le sud de l’île Taïwan (Kaohsiung), la marque a rencontré un grand succès sur les marchés asiatiques comme en Chine, au Japon, en Corée, Malaisie également en Australie, au Canada, au Royaume Uni et aux États-Unis. Elle bénéficie aujourd’hui d’un réseau de plus de 1100 points de vente dans 17 pays. L’enseigne de chaîne de boisson était soutenu jusqu’ici par le fonds sud-coréen Unison Capital (environ 76,9 %) et Martin Berry (23,1 %). Pour mémoire, Unison Capital avait acquis 70 % du capital de la branche coréenne en 2014 auprès de Martin Berry, franchiseur en Corée du Sud, pour environ 36 milliards de wons coréens (32,8 M$). En 2016, il a pris une part minoritaire de 35 % dans Royal Tea Taiwan, holding de franchise à travers le monde pour 15 milliards de wons (12,4 M$). L’année suivante, le fonds coréen a augmenté ses parts à 69 % et a commencé à gérer l’ensemble des activités de la marque Gong Cha. Durant les cinq années passées, Unison Capital avait injecté successivement au total 60 milliards wons dans la chaîne de bubble tea.

Dapp: Binance / DappReview (Europe / Chine)

Binance DappReview

© Binance DappReview

Née en 2017 en Chine et installée à Malte depuis 2018, Binance, la plateforme d'échange de cryptomonnaies et écosystème blockchain, accélère son rythme de croissance externe. Après l’acquisition de la bourse seychelloise JEX début septembre et la plateforme de trading indienne WazirX en novembre, elle s’empare de DappReview. Fondée en mars 2018 à Beijing, la cible propose, en plusieurs langues (le chinois, l’anglais et le coréen) des analyses de données, des informations sur les utilisateurs et des informations Dapp pour plus de 3 900 dapps sur treize blockchains publiques. Une Dapp, ou application décentralisée, est une application qui fonctionne sur un réseau décentralisé, par opposition aux applications classiques qui reposent sur des serveurs centralisés. L’acquisition a pour objectif de développer davantage l'écosystème dapps et favoriser une plus grande adoption de la blockchain.

Et aussi :

Après un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques pour faire baisser les prix, la Chine vient d'y parvenir. Plusieurs grands laboratoires comme l’anglo-suédois AstraZeneca, l’américain Gilead, le français Sanofi et le suisse Roche, ont accepté de baisser de 61 %, en moyenne, le prix de 70 médicaments, dont certains de leurs traitements les plus innovants sur le marché chinois. L’objectif de cet accord est de faire  intégrer ces médicaments dans la liste du régime d’assurance malade en Chine. Couvrant 95 % des près de 1,4 milliard de Chinois, le gouvernement chinois met la pression sur les laboratoires pharmaceutiques afin de réduire ses coûts. Les groupes pharmaceutiques visent un marché de plus de 130 Md$ de chiffre d’affaires, deuxième du monde derrière celui américain.

Suez remporte deux contrats, à Singapour et en Malaisie, pour un montant total de 10,8 M€. À Singapour, l’Agence Nationale de l’Eau a choisi Suez pour l’extension et la maintenance du système de surveillance et d’optimisation en temps réel des réservoirs et des bassins versants de la cité-État pour une durée de quatre ans. Le deuxième contrat permettra d’assurer l’alimentation en eau potable de 400 000 habitants de l’État de Terengganu en Malaisie.

Coté sur Euronext Growth, Orège a signé un contrat de vente de ses technologies à Itochu Machine-Technos Corp. (ITCMT), filiale du groupe japonais Itochu Corporation. Cette dernière avait pour mémoire signé il y a un an un partenariat de distribution et d’intégration des solutions avec Orège. La première solution SLG®+ Flosep® sera installée et mise en œuvre, par les équipes communes d’Itochu et d’Orège, au sein d’un groupe japonais du secteur de la papeterie et de l’emballage. La seconde solution SLGF® dont disposera ITCMT, sera déployée sur un des 10 sites-prospects identifiés par les équipes Itochu/Orège.

Bonne semaine !

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