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Asie : RunMyProcess, Arvista, SenseTime, bareMinerals... Accès libre


© RunMyProcess

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Logiciel : RunMyProcess / Fujitsu / Akorbi (France / Japon / États-Unis)

RunMyProcess, fournisseur d'une plateforme de gestion de services cloud, quitte son actionnaire japonais Fujitsu Limited pour rejoindre un nouveau propriétaire américain, Akorbi Digital. Les détails financiers restent confidentiels. Basé à Plano en Texas aux États-Unis, le nouveau propriétaire s’engage à maintenir la marque RunMyProcess. Créé en 2007 par Matthieu Hug, Eric Mahé et Alexandre Lachmann, RunMyProcess a développé sa plateforme d'intégration, de gestion d'applications cloud, et d'automatisation de processus à destination des entreprises. Sa plateforme relie notamment services Saas et applications locales, grâce à des partenariats avec de nombreux éditeurs dont SAP, Salesforce, MicroSoft ou Oracle. Elle a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 4,4 M€. Pour mémoire, RunMyProcess était sorti du portefeuille d'XAnge en rejoignant Fujitsu pour 16 M€ en 2013 (lire aussi : RunMyProcess hébergé au Japon), précédemment, XAnge avait injecté 1,5 M€ à l'été 2010, dans un tour d'1,7 M€.

Aéronautique : Delta Drone / Arvista (France / Australie)

© Arvista

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Delta Drone, constructeur de drones civils à usage professionnel coté sur Euronext de 13,5 M€ de revenus, se renforce sur le marché australien avec l’acquisition de la société Arvista Pty Ltd. L’opération se réalise via sa filiale, Delta Drone International, cotée à la bourse ASX de Sydney en Australie, qui a été née l'an dernier du rapprochement entre Delta Drone South Africa et la société australienne Parazero (propriétaire de la société israélienne ParaZero). Delta Drone International acquiert 60 % du capital d’Arvista pour 0,96 M$ (0,8 M€), avec une option pour acquérir le solde de 40 %. La transaction s’établit ainsi sur une valeur d’entreprise de 1,6 M$ (1,35 M€). Créée en 2012 à Perth (Western Australia), la société développe des services de topographie et de cartographie, notamment par drones, pour les secteurs des mines, de l’ingénierie et de la construction.

AI : SenseTime (Chine)

Fondé en 2014 par Li Xu, l’expert chinois d’intelligence artificielle (IA) SenseTime a déposé ses documents préliminaires auprès de HKEx, opérateur de la bourse hongkongaise. L’opération interviendra dans un contexte où les autorités chinoises resserrent le régime de réglementation sur le secteur de la technologie et les jeunes sociétés prévoient reporter ou annuler leur projet d’IPO. En parallèle, des sociétés technologiques chinoises sont mises dans la "liste noire" aux États-Unis en raison de la tension entre les deux puissances, y compris SenseTime. Aucun détail n’a été communiqué dans les documents déposés, mais selon Reuters, la société viserait à lever jusqu'à 2 Md$. China International Capital Corp., Haitong Securities et HSBC sont les co listing sponsors de l’IPO. SenseTime, qui compte des investisseurs de renom tels que Softbank, Alibaba, Tiger Global et Silver Lake, fournit des applications d’IA, notamment la reconnaissance faciale, l'analyse vidéo et la conduite autonome. Selon les documents, les ventes en 2020 s’élevaient à 3,4 milliards de yuans (525 M$), en hausse de 14 %, tandis que les ventes au premier semestre atteignaient 1,6 milliard de yuans, en hausse de 92 %. La perte en 2020 a augmenté de 13 % pour atteindre 1,8 milliard de yuan (236 M$). Selon le Crunchbase, la société chinoise a levé au total 2,6 Md$ depuis sa naissance via quatre tours de table.

Beauté : Shiseido / bareMinerals / Advent International (Japon / États-Unis / États-Uni)

© Shiseido

© Shiseido

La maison japonaise de cosmétiques et produits de luxe Shiseido a signé la cession de trois marques américaines : bareMinerals, Buxom et Laura Mercier, auprès du fonds Advent International pour 700 M$, soit environ deux tiers en dessous du celui d'origine. Elle ne se retirera pas du marché américain, où la maison japonaise dispose des autres marques comme Nars cosmetics et Drunk Elephant, cette cession représente un changement stratégique pour Shiseido à l’international. Sachant qu’elle avait déboursé plus de 2,1 Md$ (1,9 Md$ pour bareMineral and Buxom en 2010, et 248 M$ pour Laura Mercier en 2016) pour s’emparer de ces trois marques. Lancé respectivement en 1995, 2007 et 1996, bareMinerals, Buxom et Laura Mercier se positionnent sur des marchés différents comme la cosmétique minérale, le maquillage et le teint naturel, elles représentaient ensemble environ 4,9 % de son chiffre d’affaires au cours de l’exercice en 2020, soit environ 355 M€. La maison japonaise se concentrera désormais sur les produits de soin de la peau à marge plus élevée, et en particulier en Asie. Pour atteindre son objectif stratégique, Shiseido avait déjà, pour mémoire, cédé le contrôle (65 %) au fonds CVC au début de l’année de la division des soins personnels, incluant notamment la marque de soins capillaires Tsubaski et la marque de soin Senk, sur une base de valorisation de 160 milliards de yens (soit 1,52 Md$) (lire aussi notre chronique précédente). Par ailleurs, Shiseido va mettre un terme à l’accord de licence, avec Dolce & Gabbana, qui les unissait depuis octobre 2016 autour d’une ligne de soins, de maquillage et de parfums. La modification, qui prendra l’effet au 31 décembre, mettra un terme à leur leur collaboration pour tous les segments produits et sur tous les marchés, à l’exception de la France.

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