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Asie : Sorare, Tereos, Jeito 1, Trescal, Neoen, Vision Fund 2...


© Sorare

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oceansapartInternet : Sorare / SoftBank Vision Fund (France / Royaume-Uni / Japon)

Secret de polichinelle dans l'écosystème du financement tech, le nouveau tour de Sorare est enfin annoncé. La plateforme d'achat et d'échange, grâce à la blockchain, de cartes de footballeurs, signe une levée hors norme, même en ces temps particulièrement fastes pour le capital-innovation (lire aussi l’article : Sorare remporte un titre de licorne). Elle a réuni peu avant l'été 580 M€ (680 M$), dont le plus gros ticket vient de SoftBank Vision Fund, devant les sept autres nouveaux entrants Atomico, Bessemer Ventures, Blisce, D1 Capital, Eurazeo, IVP et Liontree. Sorare entre facilement dans le club des licornes avec une valorisation de 3,7 M€ (4,3 Md$) et devient la start-up française ayant réuni le plus gros tour, devançant Contentsquare et ses 408 M€ annoncés, également soutenue par SoftBank (lire aussi : Contentsquare triple sa valorisation). Sorare reste une petite société, immatriculée il n'y a même pas trois ans et ne comptant qu'une quinzaine de salariés au moment de sa levée et le double aujourd'hui. Ayant atteint le point mort fin 2020, elle a vu ses ventes du deuxième trimestre être multipliées par 51 entre 2020 et 2021. En août, 24 M€ de transactions ont eu lieu sur la plateforme, dont 10 M€ d'achats primaires de nouvelles cartes à Sorare. Selon l'identité du joueur et la rareté de la carte, les prix vont aujourd'hui de 50 centimes à 247 K€.

Alimentaire : Tereos (France / Chine)

Tereos, groupe sucrier français fort de 4,3 Md€ de chiffre d’affaires, cède son activité d’amidon en Chine. Afin de se recentrer sur ses activités principales et de réduire sa dette, qui est la nouvelle stratégie présentée en juin dernier, Tereos, propriétaire de la marque Beghin Say, a vendu ses parts détenues dans deux coentreprises chinoises à son partenaire local YKA (Yihai Kerry Arawana). En détail, le groupe français a cédé 49 % dans ses deux JV, initiées respectivement en 2012 et 2013, et le montant restant confidentiel. Avec cette cession, le géant du sucre, de l’alcool et de l’amidon se retire du marché chinois mais reste présent dans 17 pays en employant 23 000 salariés.

Corporate Finance : Jeito Capital (France)

© Jeito

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Rafaele Tordjman a remporté son pari. Mieux, son first time fund consacré à l’accélération de la croissance de biotech/biopharma françaises et européennes a dépassé sa taille cible (500 M€) et annonce son closing final à 534 M€ (lire aussi : Jeito I franchit son hard cap). Début 2020, à l’issue de son premier closing qui lui avait permis de collecter 200 M€, Jeito comptait parmi ses souscripteurs des investisseurs institutionnels - parmi lesquels Aviva, AXA, la BPI, BNP Paribas Fortis, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), CNP Assurances, Pro BTP etc.- des investisseurs privés, rejoints quelques mois plus tard par Sanofi. Wuxi, un autre corporate, chinois, figure au nombre des investisseurs. Parmi les souscripteurs plus récents du fonds figurent de grands internationaux parmi lesquels le Fonds Européen d’Investissement avec un chèque de 100 M€ ou encore le fonds de pension américain Teacher’s Retirement System of Texas qui, pour la première fois, contribue à un fonds européen de biotechnologies et enfin Temasek, le grand fonds singapourien historiquement plutôt tourné vers l’Asie et l’Amérique du Nord. A eux trois, ils pèsent plus du quart du fonds qui compte au total une vingtaine de souscripteurs.

Produits & Services industriels : Trescal (France / Australie, Corée, Thaïlande)

Détenu par le fonds canadien Omers depuis 2018, le groupe de métrologie Trescal a fait l’acquisition de quatre sociétés opérant sur trois continents :  Celemetrix et Mobile Test’n Cal en Australie, SICT en Corée du Sud et en Thaïlande et Qualcer au Portugal. Ces acquisitions vont lui permettre d’accroître d’environ 30 M€ son chiffre d’affaires qui s’élèvera à 370 M€ cette année. Elles étoffent également son effectif de 250 salariés. Trescal accentue ses positions en Australie et en Corée du Sud où il dispose déjà d’une présence et s’implante au Portugal et en Thaïlande. Le groupe entend atteindre 150 M€ de chiffre d’affaires dans la région Asie-Pacifique en 2023. Basé à Rungis, il a déjà réalisé 29 acquisitions de laboratoires de métrologie à travers le monde depuis son rachat en mars 2018 par le fond d’investissements canadien Omers auprès d’Ardian (lire aussi : Un fonds canadien préempte Trescal).

Énergie éolienne : Neoen (Australie / France)

Le site du futur Kaban Green Power Hub en Australie. © Neoen

Le site du futur Kaban Green Power Hub en Australie. © Neoen

Un consortium venu de tous les horizons a décidé de soutenir Neoen en Australie. Le français BNP Paribas, le suisse HSBC, le japonais Mitsubishi UFJ Financial Group, l'acteur local National Australia Bank et enfin l'allemande Norddeutsche Landesbank ont fourni la dette soutenant le projet Kaban Green Power Hub dans la région du Queensland. Les détails du financement n'ont pas été dévoilés. Le coût total du projet représente toutefois environ 228 M€ actuels (370 MAUD). Le projet Kaban comprend la construction d'un parc éolien de 157 MW près de la ville de Ravenshoe, ainsi que la modernisation d’une ligne de transmission de 320 kilomètres dans le nord Queensland appartenant au réseau porté par Powerlink. À terme, le site comptera 28 éoliennes de 5,6 MW chacune, avec un début des travaux planifié pour le mois de mai prochain. L'énergie produite est déjà soumise à un contrat d'achat de capacité avec le producteur et fournisseur local d'énergie CleanCo. Le parc génèrera 457 GWh après sa livraison, ce qui permettra d'alimenter 100 000 foyers de la région (lire aussi l’article : Cinq nouveaux partenaires pour les projets australiens de Neoen).

Robots : SoftBank / Keenon Robotics (Japon / Chine)

© Keenon Robotics

© Keenon Robotics

Keenon Robotics, spécialiste dans le domaine de la robotique de service, lève pour sa série D 200 M$. Le tour est mené par Softbank Vision Fund 2, suivi par CICC Alpha et Prosperity7 Ventures, l’un des bras d’investissement du saoudien Aramco Ventures. China Renaissance a agi en tant que le conseiller financier exclusif de cette opération. Fondée en 2010 et basée à Shanghai, Keenon fournit ses solutions en s’appuyant sur l’intelligence artificielle, surtout dans les robots de service commerciaux. La scale-up a d’abord développé un serveur robot pour la livraison de nourriture pour restaurant, et a progressivement étendu son application aux hôtels, aux karaokés, aux hôpitaux et à d'autres environnements, et élargit la portée de capacités de ses robots.

Alimentaire : Partners Group / BHC (Suisse / Corée du Sud)

Partners Group, GP suisse gérant 119 Md$, s’empare de l'enseigne de restauration de poulet frit coréenne BHC Group, auprès de son homologue local MBK Partners, gérant 24,5 Md$. Il réalise cette opération aux côtés du fonds londonien Glendower Capital et de l’américain Hamilton Lane. Les termes financiers restent confidentiels. Fondée en 1997, la cible, leader sur le marché domestique du pays, revendique plus de 2 000 restaurants franchisés pour la marque phare BHC ou encore la chaîne de restaurants de bœuf Changgo. Pour mémoire, MBK Partners s’était invité au capital de BHC en décembre 2018, via son véhicule Special Situations Fund de 500 M$, en s’associant au management de la société.

Mode : oceansapart / Auster Capital (Allemagne / Chine)

oceansapart

oceansapart

Né en 2020, Auster Capital (Nanfeng Capital), investit, via son maiden véhicule Auster Fund I, dans la marque allemande oceansapart (Rise Up Fashion), dédiée à la mode féminine sportive. Les détails financiers sont confidentiels. Le fonds a acquis une part majoritaire. Fondés en 2018, la cible distribue ses produits, dédié aux sports non-compétitifs comme yoga etc, exclusivement via sa plateforme e-commerce. Post-opération, les deux fondateurs Susanna Wagner et Paul Engelmann conserveront leurs fonctions. Basée à Berlin, oceansapart est aujourd’hui présent principalement sur les marchés germaniques comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche; très récemment, elle a débarqué aux marchés français, italien, polonais et espagnol.

Pour mémoire, Jennifer Yu Liping, présidente de Rothschild en Grande Chine pendant 16 ans, avait créé Auster Capital en 2020, qui est immédiatement doté de trois antennes à Shanghai, Londres et Hong Kong. Le GP avait annoncé un premier closing pour son véhicule à 500 M$. Rothschild est en même temps actionnaire minoritaire (30 %) de la société de gestion et LP du premier véhicule. Le first time fund a pour ambition de lever jusqu’à 1 Md$ et d’investir dans des sociétés européennes des trois secteurs principaux : l’industrie, la santé et la consommation, avec des tickets entre 50 M$ et 200 M$. Basé à Londres, Tobias Habbig, un ancien d’Appollo et de Morgan Stanley, assure la direction en Europe. Ce véhicule a déjà investi dans plusieurs sociétés comme la norvégienne Helly Hansen, la suédoise Revolution Race, la française Rossignol. Son plus récemment investissement était la suédoise Totême.

Diplômée de l’Université des finances et de l'économie de Shanghai, Jennifer Yu a précédemment dirigé les activités chinoises de Rothschild jusqu'en décembre 2017. Pendant sa longue carrière chez Rothschild, elle a impliqué dans une quarantaine de projets d’envergure, comme l’acquisition de Pirelli par ChemChina pour 7,1 Md€, l’acquisition minoritaire de PSA Group par Dongfeng, et l’achat de SGD Pharma par China Jianyin (JIC) en 2016. Notamment, elle avait joué un rôle important, aux côtés de Meyrick Cox, Hans-Olov Olsson, Pehr Gyllenhammar, dans les négociations de l'acquisition emblématique de Volvo Cars pour 1,8 Md$ par le constructeur privé automobile Geely en 2010, et aidant Geely à obtenir le soutien/financement du gouvernement chinois.

Transports maritimes : Cosco / HHLA (Chine / Allemagne)

© HHLA

© HHLA

L’opérateur portuaire de Hambourg HHLA, coté à Francfort e Hambourg, cède 35 % du capital de son terminal conteneur Tollerort au chinois Cosco, groupe public de transport et d'expédition de conteneurs, pour 65 M€. Cosco détiendra cette part minoritaire via sa filiale Cosco shipping ports et l’allemand HHLA conservant le contrôle. Cosco gère actuellement deux lignes de transports vers l'Extrême-Orient, une vers la Méditerranée et une vers la mer Baltique au terminal Tollerort. Affichant près de 1,5 Md€ de capitalisation boursière, HHLA gère plusieurs terminaux conteneur à Hambourg comme Altenwerder, Burchardkai et Tollerort. Cosco, quant à lui, est notamment actionnaire de contrôle, depuis 2016, du port du Pirée, l'un des plus grands terminaux de la Méditerranée pour le fret (lire aussi notre chronique précédente).

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