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Asie : Suez Australie, Air France-KLM, SFES, EODev, Tencent... Accès libre


© Cleanaway

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Environnement : Suez / Cleanaway (France / Australie)

Suez redéfinit les contours de son périmètre d'activité par le jeu des acquisitions et des cessions (lire aussi l’article CFNEWS : Suez s'allège en Australie). Près de trois mois après avoir racheté l'intégralité des parts de sa JV chinoise Suez NWS à son partenaire hongkongais NWS Holdings (lire aussi notre chronique précédente), le groupe environnemental coté réalise la cession des activités recyclage et valorisation en Australie. Son nouveau propriétaire, Cleanaway Waste Management, est un industriel local spécialisé dans la gestion des déchets qui met sur la table environ 1,62 Md€, représentant un multiple d'Ebitda 2020 normatif de 11,7. Ce dernier fit part de son intérêt pour l'actif le mois dernier à la suite de plusieurs fuites d'informations dans la presse australienne. Outre les conditions habituelles, la finalisation de la transaction dépendra de l'issue des négociations entre Suez et Veolia. Au début de la semaine, le clap de fin dans le feuilleton Veolia/Suez qui agite la place financière de Paris depuis août dernier. Les deux groupes cotés sur Euronext à Paris viennent de finaliser un accord de principe dessinant les contours de leur rapprochement. Veolia va lancer son offre publique d'achat (OPA) sur le solde des titres Suez non détenus à un prix de 20,50 € par titre, contre une première à 15 € par titre puis une seconde à 18 € par action. Le spécialiste de la gestion des déchets et de l'eau serait, ainsi, valorisé environ 13 Md€. En parallèle, un périmètre de 7 Md€ correspondant aux activités d'eau en France sera cédé à un pool de financiers dont Meridiam, Ardian et GIP (lire aussi l’article CFNEWS : Veolia et Suez publient, enfin, leurs bans).

Transports aériens : Air France-KLM / China Eastern Airlines (France, Pays-Bas / Chine)

© Air France-KLM

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Cotée à Amsterdam et à Paris, la compagnie aérienne Air-France KLM renforce ses fonds propres pour un montant total de 4 Md€. Le projet, destinées à faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle liée à l’épidémie de Covid-19, a été approuvées par la Commission européenne le 5 avril 2021. La recapitalisation, conseillée par Deutsche Bank, HSBC et Natixis, inclut une augmentation de capital par offre au public avec délai de priorité pour les actionnaires d'un montant d’environ 1 Md€, ainsi qu’une conversion du prêt de l’État français de 3 M€ conclu en mai 2020 en titres hybrides super-subordonnés, éligibles en capitaux propres dans le cadre des normes comptables IFRS. L’État français s’est engagé à participer à l’augmentation de capital en maintenant sa participation inférieure à 29,9% du capital. L’actionnaire China Eastern Airlines y participera en maintenant sa participation inférieure à 10 % du capital social. L’État néerlandais, qui détient 14 % du capital et Delta Airlines, qui en possède 8,8 %, ne souscriront pas à cette augmentation de capital. Le règlement-livraison de l’augmentation de capital est prévu le 22 avril 2021. La compagnie aérienne a enregistré un chiffre d’affaires de 11,088 Md€ l’an dernier - en baisse de 59 % par rapport à l'année dernière – pour une perte d’Ebitda de -1,7 Md€. Dans le cadre de la participation de China Eastern Airlines à l'augmentation de capital, les deux compagnies aériennes étendra encore le périmètre de leur partenariat : dans une coopération commerciale intensifiée aux activités non commerciales comme les domaines liés au service au sol, au catering ou à la maintenance ; dans le renforcement des routes Paris-Pékin et Amsterdam-Pékin à travers l'actuelle JV. Pour mémoire, une coopération en partage de code avait débuté en 2000 sur l'axe Paris-Shanghai, et un premier accord de JV avait été signé entre Air France et China Eastern Airlines en 2012, étendu à KLM en 2016. China Eastern Airlines avait pris une participation au capital d'Air France-KLM en 2017.

Cleantech: SP Group / Chongqing Sino-French Energy Services / Engie (Singapour / Chine / France)

Engie, groupe d’énergie coté, cède sa participation de 40 % dans Chongqing Sino-French Energy Services (SFES), à Singapore Power Group (SP Group). Le groupe français a été conseillé par B&A Investment Bankers avec Emmanuel Gros, basé à Shanghai. Les termes financiers restant confidentiels. SFES a été créée en 2010 en tant qu’une coentreprise d’Engie et de Chongqing Gas Group, une entreprise publique qui détient 80 % du réseau de distribution de gaz de la municipalité de Chongqing (Sud-Ouest de la Chine). Revendiquant leader du marché des solutions CCHP (Combined Cooling Heating and Power) à Chongqing, elle fournit ses services à trois des hôpitaux de la ville ainsi qu’une usine de refroidissement et de chauffage qui dessert le quartier central des affaires de Danzishi. Le quartier est situé à 2,7 kilomètres, de l'autre côté du fleuve Yangtze, de l'usine de SP Group pour Raffles City. Détenu par le fonds souverain singapourien Temasek, SP Group dispose de trois antennes en Chine (Shanghai, Guangzhou et Chongqing). Pour mémoire, en août dernier, le groupe singapourien a remporté un contrat à Guangzhou (près de Hong Kong) auprès de la Sino-Singapore Guangzhou Knowledge City (GKC) pour développer des solutions de refroidissement et de chauffage urbains pour la Knowledge Tower de GKC.

Industrie hydrogène : EODev / Toyota (France / Japon)

© EODev

© EODev

Le constructeur japonais Toyota investit, via sa division européenne, dans la jeune startup française Energy Observer Developments (EODev), créée en mars 2019 à la suite de l’Energy Observer. Ce dernier, navire à hydrogène mis à l'eau en avril 2017, avait pour objectif de réaliser un tour du monde en autonomie énergétique, sans émissions de gaz à effet de serre, ni de particules fines, et avec un bruit réduit. EODev se spécialise ainsi dans les solutions pour accélérer la transition énergétique. Cette opération, dont le détail financier restant confidentiel, permet à la startup, basée à Issy-les-Moulineaux, de poursuivre son expansion dans le domaine de l’hydrogène. Toyota s’est lancé dans la mobilité hydrogène en 2014 avec la berline Mirai. Partenaires officiels d’Energy Observer depuis 2017, Toyota et EODev ont développé et installé avec succès un module de pile à combustible spécifique dans le catamaran éponyme. La technologie du constructeur japonais est ainsi au cœur du générateur électrique modulaire à hydrogène REXH2 d’EODev. La start-up compte d’ailleurs des actionnaires comme Accor, Thélem assurances et Monnoyeur.

Automobile : Caterham / VT Holding (Royaume-Uni / Japon)

Caterham Seven 485 CSR © Caterham

Caterham Seven 485 CSR © Caterham

L’homme d’affaires malaisien Tony Fernandes, propriétaire d’Air Asia, a cédé le constructeur automobile Caterham à son plus grand importateur au Japon VT Holdings. Les détails financiers sont confidentiels. Orchestrée par Largillière Finance avec Sebastien Aymard (managing partner basé en Suisse) et Paul Bougnoux, la transaction concerne l’unique héritier de la marque automobile de sport, Lotus Seven, qui était entre les mains de Tony Fernandes il y a plus de 10 ans. Ce dernier a fait entrer Caterham en Formule 1 entre 2012 et 2014. La Lotus Seven de deux places, modèle très léger, du constructeur automobile britannique Lotus Cars a été commercialisée à partir de 1957. En 1967, Caterham était devenue l'unique distributeur de la Seven (alors en série 3 et aujourd’hui en série 4).

Internet : Tencent / Naspers (Chine / Afrique du Sud)

Coté à Amsterdam, Prosus, holding technologique néerlandais contrôlé par le sud-africain Naspers, signe là la deuxième plus importante vente de blocs d'actions du géant numérique chinois Tencent. Il vient de se délester de 191,89 millions d'actions du chinois - soit près de 2 % de son capital- pour 14,5 Md$. Conseillé par Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley en tant que co-teneurs de livres pour gérer la transaction, Prosus propose les actions à un prix compris entre 575 HK$ et 595 HK$, représentant une décote de 5,5 % à 8,7 % par rapport à la clôture de la veille (soit mercredi 7 avril 2021, 629,50 HK$). Après la cession, le holding coté reste toujours le plus important actionnaire de Tencent, dont la capitalisation affiche aujourd’hui environ 750 Md$, avec environ 29 %. Prosus, qui affiche pour sa part une capitalisation boursière à la place boursière d’Amsterdam 150 Md€, va avoir à sa trésorerie quadruplée, passant de 4,6 Md$ à plus de 19 Md$. Pour mémoire, Naspers, cotée aujourd’hui à Johannesburg, avait injecté 32 M$ dans la société chinoise alors peu connue en 2001, la part détenue vaut actuellement près de 240 Md$, l'un des plus grands paris sur le capital-risque. Cet investissement a transformé l’ancien éditeur de l’époque de l’apartheid en un groupe de l'Internet mondial et en a fait la plus grande entreprise d’Afrique en termes de la capitalisation boursière (105 Md$). Mais ses investissements n'attribuent aucune valeur à ses autres activités. En 2018, Naspers a vendu 2 % du capital de Tencent pour la première fois, en empochant 10 Md$. Un an plus tard, Naspers a groupé cette participation et d'autres investissements sur l'Internet sous le nom de Prosus, conservant 73 % du capital.

Chimie : Sinochem / ChemChina (Chine)

L’autorité chinoise Commission de supervision et d’administration des actifs appartenant à l’État (ou Sasac) a déclaré qu’une nouvelle holding serait créée pour fusionner deux mastodontes de la chimie pétrolière Sinochem Group et China National Chemical Corp (connue sous le nom de ChemChina). L’opération donnera à la naissance d’un groupe pesant 1 000 milliards de yuans (152 Md$) de revenus aux cotés des géants mondiaux comme l’allemand BASF et l’américain Dow Chemical. Les discussions ont été entamées dès 2017 lors que le gouvernement chinois a commencé à consolider les groupes publics.

Pour mémoire, le gouvernement chinois avait déjà restructuré ses groupes de média, en regroupant trois entités : China Central Television (CCTV), China National Radio (CNR) and China Radio International (CRI) pour former China Media Group. Par ailleurs, plusieurs grandes manœuvres ont déjà été finalisées dans de nombreux secteur : la construction ferroviaire (la fusion de CNR et CSR pour créer CRRC), l’acier (la fusion de Baosteel et Wuhan Iron and Steel pour fonder Baowu), les miniers (China Minmetals et China National Gold), l’énergie électrique (la fusion de Shenhua et Guodian), le nucléaire (China National Nuclear Corp et China Nuclear Engineering & Construction Corp), l’équipementier industriel (China National Machinery Industry Corp, China Hi-Tech Group Corporation).

Internet : Didi Chuxing (Chine)

Selon Reuters, le groupe de VTC chinois Didi Chuxing a déjà mandaté Goldman Sachs et Morgan Stanley pour piloter son IPO dès juillet prochain à New York. Soutenu par des géants tels que le japonais SoftBank et ses compatriotes Alibaba et Tencent, le groupe chinois pourrait être valorisé au moins 100 Md$ pour un objectif de levée d’environ 10 Md$ à travers cette IPO. Si l’opération aboutit, elle sera la plus grande introduction en bourse d'une société chinoise aux États-Unis depuis l'IPO d'Alibaba à New York avec une levée de 25 Md$ en 2014. Aucune confirmation a été faite par des parties concernées. Basé à Beijing et issue de la fusion entre Didi et Chuxing en 2015, Didi Chuxing avait, pour mémoire, réalisé sa dernière levée à la fin d’année de 2017 pour un montant total de 4 Md$. Et ce, auprès des investisseurs comme SoftBank et le fonds d’Abu Dhabi Mubadala Capital, sur une base de valorisation de 56 Md$ (lire aussi notre chronique précédente).

Industries : Toshiba (Japon)

Coté à Tokyo, le conglomérat industriel japonais Toshiba, dont les racines remontent à la fin du 19ème siècle, a reçu une offre non sollicitée de privatisation faite par le fonds CVC. Le montant de l’offre se situerait selon la presse japonaise autour de 2 000 milliards de yens (20 Md$). Selon le Reuters, KKR et Brookfield auraient également l’intention de participer aux enchères. L’ancien leader dans la fabrication des ordinateurs portables dans les années 1980, Toshiba est également connu pour son invention des puces mémoires Flash NAND, mais son leadership dans l’activité de puce a été rattrapé et distancé par ses concurrents asiatique et américains. L’ancien fleuron japonais a notamment touché le fond au milieu des années 2010 avec des scandales et des déboires financiers, et encore une fois en 2017 la mise en faillite de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse. En 2018, pour sortir de l’impasse, Toshiba a vendu les bijoux de la famille - sa filiale de puces-mémoire - pour 18 Md$ à un consortium mené par Bain Capital (lire aussi notre chronique précédente).

Et aussi :

Les autorités chinoises ont infligé à Alibaba la plus forte amende antitrust jamais imposée dans le pays (18,28 milliards de yuans, soit environ 2,34 Md€) en indiquant que le numéro un de l’e-commerce du pays avait violé les règles anti-monopole et abusé de sa position dominante sur le marché. Le montant de l'amende représente 4 % du chiffre d'affaires de 2019 d'Alibaba, qui était de 455,7 milliards de yuans (58,23 Md€). Les autorités chinoises ont donné un mois au secteur du numérique pour corriger toute entrave à la concurrence, appelant les acteurs de la tech à tenir compte du cas Alibaba. 34 entreprises, dont Baidu, Tencent et ByteDance (propriétaire de TikTok), ont été convoquées pour discuter des entraves à la concurrence.

DS Avocats accompagne Voodoo, la pépite française du gaming, dans sa croissance sur le marché chinois. La start-up française a fait entrer le géant numérique chinois Tencent à son capital en août dernier comme actionnaire minoritaire, qui le valorise 1,4 Md$ (1,2 Md€) (lire aussi l’artice CFNEWS : Voodoo se lie à l'opérateur de la plus grande plateforme de jeux en ligne chinois). L’équipe de DS Avocats se compose notamment de Sylvie Savoie, Associée responsable du bureau de Pékin, Beibei Zhang, Aude Ferte et Jing Gao.

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