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Bilan M& A : Les fusions dans la finance soutenues par les Etats Accès libre

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Sécurité et stabilité prévaudront en 2009, selon l'étude de PwC, les Etats et les banques se concentrant sur le recentrage stratégique et les marchés domestiques.

"2008 était l'année zéro des opérations de fusions-acquisitions dans le secteur financier en Europe", annonce PriceWaterhouseCoopers, lors de la publication de son étude sur les - nombreux - évènements de ce marché l'an passé, et les perspectives pour 2009. L'année 2008 aura bien entendu été marquée par l'avant et l'après-Lehman Brothers, qui a entraîné nombre d'opérations de sauvetage des banques par les Etats européens. En effet, si la valeur totale des transactions dans le secteur des services financiers n'a baissé que de 14 % en 2008, atteignant 179 Md€, c'est parce que les nationalisations des établissements financiers sont allées bon train au dernier trimestre. Ainsi, sur les vingt plus importantes opérations du millésime 2008, douze impliquent un acteur étatique. En les excluant, le montant total des deals a diminué de 65 % par rapport à l'an passé et, à 36,1 Md€, est inférieur aux niveaux de 2005.

Interventionnisme des Etats après l'arrivée de la crise

Dans les fusions-acquisitions financières européennes, les cartes ont donc été rebattues entre le premier et le deuxième semestre 2008. "Si le début de l'année avait enregistré plusieurs opérations significatives comme la reprise des sept banques régionales de HSBC par les banques Populaires ou la reprise de la filiale allemande de Citigroup par le Crédit Mutuel, le dernier trimestre est marqué par des deals opportunistes, en raison de l'urgence de la crise", rapporte Hervé Demoy, associé du département transactions de PwC spécialisé dans le secteur financier. En vrac, la prise de participation de l' Etat britannique dans RBS et dans HBOS, la nationalisation de Fortis Hollande ou d'ING Groep par l'Etat néerlandais, ou encore la constitution d'un champion national allemand avec la cession de Dresdner Bank à Commerzbank et la reprise, non encore confirmée mais comptabilisée, de Fortis Banque par BNP Paribas (voir article ci-dessous).

Chute des transactions, repli sur les marchés domestiques

Quant aux institutions financières elles mêmes, la crise a signifié un coup d'arrêt des transactions, en raison de l'incertitude sur la valeur de leurs actifs et de l'assèchement des liquidités interbancaires. L'assurance et la gestion d'actifs ont également pâti de ce contexte et le niveau de leurs transactions s'est contracté de 75 % à 11 Md€ pour le premier, et de 61 % à 5 Md€ pour le deuxième. En outre, l'interventionnisme des Etats a changé la physionomie des opérations: alors que les deals transfrontaliers progressaient depuis plusieurs années, les établissements anticipant de fortes hausses d'activité dans les pays émergents, ceux-ci ne représentent plus que 41 Md€ en 2008, en baisse de 69 %. L'ambiance n'est plus à la croissance et à l'accès aux pays émergents, mais à la consolidation des marchés domestiques.

2009: moins de deals, en volume et en valeur

Alors que 2008 témoigne d'une chute libre des M&A en Europe dans les services financiers, en valeur et en volume, peut-on espérer un redressement en 2009? "Les réglementations et l'interventionnisme des Etats vont contribuer à rechercher la stabilité, les institutions financières privilégiant la reconstitution de leurs fonds propres et de leur ratio de solvabilité", constate Hervé Demoy (photo ci-contre). Les opérations de croissance externe ne devraient pas être au coeur des priorités des banques. Le montant des transactions risque en outre de ne pas atteindre les records des années passées: le PER moyen des deals est passé de 17,8 fois à 5,4 fois après l'épisode Lehman, traduisant l'effondrement des valeurs financières en Bourse, mais aussi des anticipations beaucoup plus pessimistes pour l'avenir.

Cessions d'actifs non stratégiques et création de leaders nationaux

Comme toujours, il faudra qu'offre et demande s'accordent sur un prix, une étape ardue dans ce climat d'incertitude. Natixis a finalement céder 35 % de Caceis à son co-actionnaire, le Crédit Agricole, faute d'accord avec les fonds d'investissement candidats (voir article ci-dessous), et Caisse d'Epargne n'a pas su s'entendre avec la Banque Postale sur la cession de la Banque Palatine, d'où le retrait de cette dernière. "A l'heure actuelle, les financiers procèdent à l'évaluation de leur portefeuille et chercheront à céder leurs actifs non stratégiques", ajoute Hervé Demoy. En recentrant leurs activités, ils veilleront à se renforcer sur les activités récurrentes que sont la banque de détail, le crédit à la consommation... Pour le reste, l'union faisant la force, 2009 devrait signifier la création de leaders nationaux: le rapprochement récent de CAAM et la SGAM en est la meilleure preuve.

Enfin, d'autres acteurs pourraient faire le jeu des M&A dans le secteur financier en 2009: les fonds de private equity et les fonds souverains, dans un souci d'opportunisme et de diversification de leurs participations. Encore faut-il qu'ils trouvent les financements suffisants aux bouclages des opérations et qu'ils misent sur le rétablissement d'un secteur financier déjà bien affaibli.

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BNP Pribas achètera 75 % de Fortis pour 10,4 Md€ (09/03/2009)

Caceis: Crédit Agricole devrait reprendre les 35 % de Natixis (27/02/2009)

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