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M&A : l’activité mondiale en baisse de 31 % Accès libre


Les chiffres de Thomson révèlent une forte diminution de l’activité lors du quatrième trimestre accompagnée de disparités tant géographique que sectorielle.

Comme chaque fin d’année, les league table font leur apparition mais leurs chiffres sont à prendre avec circonscription car des deals seulement annoncés comme la reprise de Fortis par BNP Paribas y sont aussi inclus. Selon le dernier M&A Review de Thomson Reuters, l’activité des fusions acquisitions a chuté de 31% cette année par rapport à 2007 soit le plus bas volume affiché depuis 2005. Avec 2 884 Md$ de transactions enregistrées cette année dont 504, 4 Md$ au quatrième trimestre soit une baisse de 44 %, 2008 marque la fin de cinq années de croissance consécutive depuis cinq ans. L’Europe notamment la France n’échappe pas à la règle avec une baisse de 56 % cette année de son activité et affiche seulement 70 Md$ de transactions ciblant des entreprises françaises. L’Asie Pacifique reste la zone la moins touchée et enregistre seulement une baisse de 12%.

Goldman Sachs encore en tête

Par contre les banques conservent leur rôle d'arrangeuses et enregistrent encore de belles transactions à leur actif. On assiste toutefois à une redistribution des parts de marché. Toujours selon Thomson, on retrouve cette année dans le top 3 mondial, Goldman Sachs qui s’arroge la première place avec 329 deals valorisés autour de 816 Md$. La banque est intervenue dans la plupart des opérations comme pour le spin-off de Philipp Morris, ou la reprise d'Anhauser-Bush. JP Morgan et Citi le suivent de près. Aux Etats-Unis, cette répartition est la même en inversant le deuxième et le troisième. Tandis que le leader européen, JP Morgan, positionné à la septième place l'an passé, a conseillé 30 deals pour 87 Md$ dont notamment les plus grosses opérations comme British Energy, Suez Environnement. BNP Paribas conserve encore sa deuxième place et Citi est sur la troisième marche du podium et détrône Calyon qui dégringole à la huitième position cette année.

Différences sectorielles : boom du secteur financier post crise

Sur fond de crise, le secteur financier a porté l’activité et représente 23,6 % des M&A. Sur les dix premières transactions de l’année, trois sont d’ailleurs issues du secteur bancaire avec la reprise de Merrill Lynch par Bank of America (près de 49 M$), la nationalisation pour 58% du capital de RBS (26 M$) et le rapprochement de H BOS avec Lloyds (25,4 M$). Le secteur des biens de consommation a quant à lui été soutenu par le spin off de Phillip Morris ou encore l’acquisition d’Anheuser Busch par Inbev. Le secteur énergétique a également bien performé notamment avec le rachat pour plus de 15 Md€ par EDF de British Energy (lire ci-dessous). En déclin par contre la distribution, l’immobilier ainsi que les médias et divertissements ont affiché des baisses de plus de 60 %.

Les LBO en chute lbre..

Après avoir représenté jusqu’à 20,5 % des fusions acquisitions en 2006 (graphique ci-contre), les opérations de LBO ne constituent aujourd’hui plus que 7,3 % du marché. Les fonds souffrent du crédit crunch et recherchent de nouvelles opportunités de placement (lire ci-dessous). Les mega deals ne sont plus la panacée et les plus importantes transactions aux Etats-Unis restent largement inférieures aux 10 Md$. Par exemple, Avista Capital et Nordic Capital ont repris Convatec, un spécialiste américain de la stomathérapie et de la cicatrisation pour plus de 4 Md$.

Hausse des opérations hostiles

La crise a fait apparaître un accroissement des opérations hostiles surtout aux Etats-Unis où elles ont bondi de 137% en 2008 même si ces OPA non sollicitées sont loin de toute aboutir. Microsoft a vainement tenté de reprendre Yahoo, France Telecom s'est fait éconduire par Teliasonera ou encore Roche qui s'est fourvoyé sur Genentech et Gemalto sur Wavecom (lire ci-dessous).

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Voir les études de Thomson:

Voir l'étude au format PDF - marché français

Voir l'étude au format PDF - marché mondial