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[TECH] Shine fait briller une banque

  
PAR  | 01 juillet 2020 | 875 mots - 29 conseil(s)
Shine UNE

© Shine

Le service francilien de compte-courant et de facturation pour les indépendants, qui préparait un nouveau tour de table, rejoint le groupe Société Générale. Un rachat établi sur plusieurs années, qui façonne une sortie d'abord partielle puis progressive de ses principaux VCs, XAnge et Daphni.

Stanislas de Gmeline, Bryan Garnier & Co

Stanislas de Gmeline, Bryan Garnier & Co 

Shine retrouve Treezor, son partenaire de longue date, au sein d'un même groupe. Le service francilien de compte-courant et de facturation pour les indépendants rejoint en effet la fintech spécialisée dans les services bancaires pour les entreprises à l'intérieur du groupe Société Générale, intégrée il y a presque deux ans (lire ci-dessous). Le géant bancaire français, qui n'a pas souhaité divulguer le montant de l'opération, prévoit un plan de rachat sur plusieurs années, pour monter progressivement à 100 % du capital. «Il s'agit d'une volonté partagée par l'acquéreur et les deux co-fondateurs Nicolas Reboud et Raphaël Simon, qui demeureront pleinement opérationnels et associés au succès de Shine, explique Stanislas de Gmelinepartner au sein de la banque d'affaires Bryan, Garnier & Co, conseil financier de l'acquéreur. Pour la Société Générale, cela permet de contrôler et répartir dans le temps une partie du risque supporté par la banque. Le duo de dirigeants verra lui sa sortie indexée sur les performances financières de Shine.» 

Une série B en gestation

Cyril Bertrand Xange

Cyril Bertrand, Xange

Les principaux investisseurs, Daphni et XAnge notamment, y trouvent également leur intérêt, en cédant une partie de leurs titres, tout en restant au board. Ce dernier, qui était entré en 2018 contre un ticket de plus de 4,8 M€ lors de la série A de 8 M€ (lire ci-dessous), réaliserait un multiple « typique du venture », compris dans une fourchette entre trois et cinq fois la mise, selon nos informations. À l'époque, Shine était valorisé plus de 30 M€. Pour rappel, la jeune pousse avait levé, depuis sa création en 2017, au total plus de 10,5 M€ en deux tours de table, également auprès de Kima Ventures et de plusieurs business angels, qui sortiront entièrement, pour leur part, à brève échéance. Si les dirigeants ont finalement choisi de s'adosser à un institutionnel, ils n'étaient pourtant plus très loin de signer une nouvelle levée de fonds. Une série B de plusieurs dizaines de millions d'euros était ainsi en gestation, voire pratiquement en cours de finalisation avec notamment l'arrivée d'un fonds anglo-saxon. « Les fondateurs avaient donc le choix, réagit Cyril Bertrandmanaging partner chez XAnge. Certaines personnes font le reproche aux investisseurs d'être amoureux de leurs participations, et que la liquidité est longue à venir. Ce choix prouve que nous pouvons faire tourner nos fonds. » Pour rappel, XAnge avait investi avec la troisième génération de son FPCI XAnge Digital.

Entre 7 et 10 M€ de revenus escomptés en 2020

Pour Shine, qui s'adresse aux micro-entreprises et aux indépendants, l'intérêt est évidemment de pouvoir désormais bénéficier d'un agrément d'établissement de crédit européen, délivré par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ainsi que la Banque centrale européenne (BCE), à l'instar, récemment, de Memo Bank, qui cible pour sa part les PME (lire ci-dessous). « Il s'agit de certification très longue à obtenir, parfois entre deux et cinq ans, complète Cyril Bertrand, et aussi très coûteuse. » Depuis 2018, la jeune pousse de 60 personnes, qui proposait depuis 2017 un compte professionnel courant, a vu ses revenus augmenter de part le passage à une version Saas de sa simplification administrative, qui permet notamment de calculer les charges que le client devra verser à l’État , et d'éditer des factures directement sur l’application. Les commissions prélevées sur les opérations de retrait ou encore de réédition de carte deviendront à terme minoritaires dans le chiffre d'affaires de la start-up, qui pourrait osciller entre 7 et 10 M€ en 2020, selon nos informations. Pour rappel, la société, qui revendique 70 000 utilisateurs, fait face sur le marché européen à un autre acteur français, Qonto qui a signé en début d'année un tour de table de 104 M€ (lire ci-dessous).

Lire aussi :

Treezor trouve un nouveau guichet (01/10/2018)

Shine vise l'Europe (04/09/2018)

Memo Bank se déploie (23/06/2020)

Qonto monnaie sa série C (21/01/2020)

Les fintech rachetées par des corporates depuis 2017

Les fintech rachetées par des corporates depuis 2017 © CFNEWS.net

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