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Braja-Vésigné fête ses 40 ans cette année avec un changement de taille. L’entreprise de travaux publics basée à Orange quitte le giron de la famille fondatrice en cette rentrée 2026 au profit de Spie batignolles. Après l’avoir développée pour atteindre les 224 M€ de chiffre d’affaires 2025, les frères Olivier et René Braja, respectivement président et directeur général, cèdent la société qu’ils avaient reprise à leur père en 2013. Ils ont été accompagnés dans cette opération par CIC Conseil. « L’ambition était de transmettre et pérenniser l’entreprise familiale en donnant la priorité au projet industriel, cadre Philippe Amidieu, directeur au sein de la banque d’affaires. Il y a eu une forte traction sur le dossier, avec de nombreuses marques d’intérêt de grands groupes nationaux. Au-delà des aspects financiers, Spie Batignolles a su se démarquer par la complémentarité, notamment géographique, avec ses propres activités dans les travaux publics. Leur activité route est plutôt présente dans le Sud-Ouest, alors que Braja-Vésigné s’est imposé comme un acteur de référence dans le Sud-Est, en maîtrisant toute la chaîne de valeur y compris avec le laboratoire et avec un maillage précieux d’usines d’enrobés et de plateformes de valorisation sur son territoire. »
Un groupe de 3 Md€ de revenus consolidés
Braja-Vésigné rayonne aujourd’hui sur trois régions, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie, via ses 13 agences, 10 usines d’enrobage, ses unités de recyclage des matériaux et sa centrale à graves. Employant 740 collaborateurs, elle rejoint donc la branche travaux publics de Spie batignolles, en lui permettant d’atteindre 790 M€ de revenus consolidés pour 3 000 collaborateurs. Présidé par Jean-Charles Robin, l’acquéreur valoriserait la société provençale entre 70 M€ et 90 M€, selon nos informations. Accompagné depuis 2019 en minoritaire par EMZ, Tikehau Capital, Société Générale Capital Partenaires, IDIA Capital Investissement et Socadif, le groupe s’approche désormais des 10 000 collaborateurs à l’issue de ce build-up. « Il y a une forte proximité culturelle, car tout comme Braja-Vésigné, Spie Batignolles est un groupe indépendant, détenu par ses managers et salariés, expose Thomas Nachury, directeur général de Spie batignolles travaux publics. Cette acquisition nous permet de renforcer significativement la branche travaux publics, mais également d’atteindre notre objectif des 3 Md€ de chiffre d’affaires consolidés au niveau du groupe, avec un effet seuil important. »
Transaction financée sur les fonds propres
S’il s’agit de la plus importante acquisition par Spie batignolles depuis le rachat de la société de travaux maritimes et fluviaux ETPO, en 2023, le groupe francilien n’a pas eu de problème pour la financer pour autant. A fin 2025, sa trésorerie s’élevait à 660 M€ pour 340 M€ de dettes financières, selon ses comptes consolidés. « Dans un marché qui s’est dégradé en 2026, nous restons opportunistes sur les croissances externes, mais notre principal focus va être de réussir l’intégration, avec notamment la transition entre les frères Braja et Julien Loup, jusque-là directeur opérationnel Sud-Est de Spie batignolles travaux publics et qui prend la direction générale de Braja-Vésigné », ajoute Thomas Nachury. Si le groupe de BTP est parvenu à accroitre de 50 % ses revenus depuis la sortie d’Ardian en 2019 au profit du consortium actuel d’investisseurs qui se partage 20 % des parts, il n’y aurait pas actuellement de processus de remise à plat du capital, a-t-on appris.















