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Les fonds jouent (presque) carte sur table avec leurs LPs Accès libre


| 739 mots

Quatre LPs sur cinq sont satisfaits de la transparence de leurs gérants en cette période alors qu’ils étaient moitié moins à le penser lors de la crise financière de 2008, selon le baromètre Coller publié le 15 juin. Ils sont en revanche plus dubitatifs sur les méthodes de valorisation encore trop subjectives et hétérogènes.

François Aguerre, Coller Capital

François Aguerre, Coller Capital

Les sociétés de gestion auraient appris les leçons de la crise de 2008, tout du moins en ce qui concerne la communication avec leurs Limited Partners (LPs). Selon le dernier baromètre mondial du capital-investissement de Coller Capital, les investisseurs sont beaucoup plus satisfaits de la transparence dont font preuve leurs gérants, notamment s’agissant des informations et des campagnes de communication qui leur sont transmises. Dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008, seuls deux LPs sur cinq étaient satisfaits du niveau de transparence de leur GPs. Aujourd’hui, quatre LPs sur cinq en sont satisfaits. Pour autant, le tableau est encore loin d’être parfait, notamment en ce qui concerne la qualité du reporting en termes de valorisations. Deux tiers des investisseurs en capital-investissement craignent que l’utilisation d’ajustements prenant en compte l’Ebitda prévisionnel par les GPs n’augmente sensiblement le risque des investissements en capital-investissement. A l’heure actuelle, seul un investisseur sur cinq demande aux gérants de fournir une valorisation indépendante de son portefeuille, mais cette proportion devrait atteindre près de la moitié à l’avenir. « Même s’ils devront faire preuve d’une certaine tolérance vis-à-vis des méthodes d’ajustement d’Ebitda, spécialement en cette période de crise, les LPs ont besoin d’une standardisation des pratiques de reporting des gérants, notamment d’une homogénéisation des méthodes de valorisation leur permettant de comparer les GPs de leurs portefeuilles sur des bases identiques », estime François Aguerre, partner chez Coller Capital.

Concentration inéluctable

Ce besoin de standardisation plaide encore plus pour une concentration du secteur jugée inéluctable. Ainsi, les trois quarts des LPs s’attendent à ce que les GPs les plus importants attirent une plus grande proportion du total des montants investis en private equity au cours des cinq prochaines années. Toutefois, cette concentration croissante des actifs sous gestion n’empêchera pas les LPs d’augmenter en parallèle le nombre de leurs GPs. Dans l’ensemble, les LPs qui prévoient une augmentation du nombre de leurs gérants en portefeuille sont plus nombreux que ceux qui en prévoient une réduction, et ceci est d’autant plus vrai pour les fonds souverains et les compagnies d’assurance. Francois Aguerre, Partner chez Coller Capital ajoute : « Les LPs anticipent à nouveau une concentration accrue dans le monde du private equity. Les grandes marques du secteur sont les mieux équipées pour répondre, au-delà des rendements, aux attentes en termes de communication, de transparence, et d’ESG notamment. »

Le changement climatique souffle le chaud et le froid

Jeremy Coller, Coller Capital

Jeremy Coller, Coller Capital

Car l’ESG, et particulièrement la prise en compte des enjeux environnementaux, est devenu un sujet crucial pour les souscripteurs de la classe d’actifs. Pour la plupart des investisseurs, les GPs ne prennent pas le changement climatique suffisamment au sérieux dans la gestion de leurs investissements. En même temps, de leurs côtés, les LPs sont loin d’être exemplaires sur le sujet, avec toutefois de fortes disparités régionales. Si plus de la moitié des investisseurs européens estime que leur organisation aura atteint la neutralité carbone d’ici à 2030, deux tiers des LPs basés en Amérique du Nord affirment ne pas être en mesure de l’envisager sur un horizon réaliste. « Le changement climatique reste un sujet controversé qui divise la communauté des investisseurs », a déclaré Jeremy Coller, CIO de Coller Capital. « Dans une grande partie du monde, il n’existe pas de consensus sur les mesures à prendre, même au sein des organisations des LPs. Cela dit, les meilleures pratiques sont souvent contagieuses dans le secteur du capital-investissement et, avec du recul, la marche à suivre est claire. »

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