
©Adobe Stock
« No. SaaS is not dead », introduit Serena Capital dans la cinquième étude qu'il publie concernant les performances des sociétés du logiciel en Europe. L'investisseur tech ayant consulté plus de 800 start-up s'interroge notamment sur l'impact de l'IA dans l'écosystème. Les principaux constats portent sur la constitution de différentes classes de start-up. La plus visible, pourtant très minoritaire selon le VC, est celle des start-up dont le cœur de la solution repose sur de l'IA, certaines enregistrant des niveaux de croissance rarement atteints. « Ces start-up peuvent toucher les 10 M€, 50 M€, voire 100 M€ d'ARR en seulement quelques trimestres. Il s'agit d'acteurs comme Lovable en Suède, Synthesia au Royaume-Uni, ou encore Helsing et Ivy en Allemagne. En France, certaines commencent à enregistrer cette dynamique ; des start-up dans lesquelles nous avons investi et dont les tours sont encore confidentiels, ou d'autres chez qui nous souhaitons entrer », évoque Sébastien Le Roy, partner chez Serena.
Valorisations trois fois supérieures pour l'IA que pour le SaaS
Conséquence directe de ces performances parfois observées chez les jeunes pousses « AI native » — attirant ainsi les investisseurs —, les levées les concernant sont en moyenne 30 % plus importantes et leur valorisation trois fois supérieure, à des états d'avancement comparables. La tendance des investisseurs à rechercher des deals de sociétés purement IA plutôt que chez les traditionnels éditeurs de software as a service fait que ces derniers mettent de côté la recherche de la croissance au profit de l'atteinte de l'équilibre. « Les sociétés matures (de plus de 10 M€ d'ARR) enregistrent une chute de leur croissance annuelle médiane à 23 % au début 2026, contre 60 % en 2025, car elles priorisent désormais l'efficience de leur modèle », relève Sébastien Le Roy. Selon l'investisseur, l'IA pour les start-up Saas s'impose comme un impératif défensif pour protéger leurs marges et rester compétitives.
86 % des start-up Saas se tournent vers l'IA
Le défi semble pour l'instant relevé puisque le rapport constate que leurs fondamentaux économiques restent inchangés : en pré-seed elles affichent une croissance médiane de 200 %, qui ralentit à 23 % lorsque les entreprises dépassent 10 M€ d’ARR, le Net Revenue Retention (croissance des revenus par an au sein des mêmes clients) se stabilise entre 110 % et 114 % et 86 % des start-up Saas intègrent désormais l’IA dans leurs produits ou leurs opérations internes. Autre élément de protection pour une partie d'entre elles : leur plus-value réside parfois essentiellement dans les données qu'elles ont constituées, et non dans les avantages qu'elles apportent à un processus de travail. C'est le cas pour les éditeurs de logiciels CRM (Customer Relationship Management) et ERP (Enterprise Resource Planning), Salesforce, HubSpot, SAP ou encore Oracle pour les plus connus.






