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2022, un bon millésime pour l’écosystème africain

Nouveau record pour le financement des start-up africaines, avec le franchissement du seuil symbolique des 5 milliards de dollars levés en 2022. Une belle performance qui cache toutefois d'importantes disparités géographiques, sectorielles ou de genre, ainsi que des évolutions très contrastées sur un an.

© Adobe Stock

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Selon l’étude annuelle du site spécialisé en visualisation de données Africa the Big Deal, qui s'est intéressé aux transactions de capital-risque à plus de 100 K$, les start-up africaines ont collecté 4,5 Md€ (4,85 Md$) en 2022, soit 5,4 % de plus que l'année précédente - à comparer à la diminution de 18 % constatée en Europe sur la même période (chiffre du dernier rapport annuel du fonds de capital-risque Atomico). « Nous sommes presque certains que les financements de 2022 dépasseront les 5 milliards de dollars car les bilans du 31 décembre sont toujours sous-estimés. Certains investisseurs tardent à nous faire part de leurs transactions confidentielles », précisent en outre les auteurs du rapport.

On enregistre une progression de 11 % sur un an du nombre total d'opérations en Afrique, qui franchit ainsi la barre des mille. Néanmoins, à l’instar des autres régions du monde, les levées à plus de 100 M$ se sont raréfiées (huit contre douze en 2021). Environ mille investisseurs ont participé à des tours de table sur le continent en 2022, soit 15 % de plus que l’année précédente. Parmi les investisseurs tricolores - qui se focalisent très majoritairement sur des jeunes pousses d’Afrique francophone - se détachent des pionniers, comme Partech Africa et Saviu Ventures, mais aussi des VC plus récents tels qu’Orange Ventures et Breega. En revanche, les fonds panafricains (Launch Africa, P1 Ventures ou encore Enza Capital) et étrangers (Insight Partners, Tiger Global, Y Combinator, Kepple Africa Ventures…) ciblent essentiellement les pays anglophones. En termes de répartition géographique, ce sont ainsi toujours le Nigeria (en baisse toutefois de 21 % sur un an) et le Kenya (x 2,5) qui s’arrogent la part du lion, avec la moitié des montants levés (respectivement 1,1 et 1 Md€, soit 1,2 et 1,1 Md$). L’Égypte, moins touchée que d’autres pays par la crise, connaît quant à elle une percée avec 768 M€ (820 M$) collectés, ce qui représente un essor de 38 %. L’Afrique du Sud complète le quatuor de tête avec 515 M€ (550 M$), mais chute de 27 %. Confirmant une tendance en cours depuis plusieurs années, c’est le secteur des fintech qui remporte la palme des plus grosses levées de fonds, avec un montant total levé de 2,9 Md€ (3,12 Md$).

Bémol de taille : les start-up dirigées par des femmes ont réalisé moins de transactions et reçu moins de fonds en 2022. Alors que la plateforme en recensait 141 en 2021, elle n’en comptabilise que 129 l’an dernier. L’Agence Ecofin souligne par ailleurs que si on exclut les opérations dont les montants n'ont pas été divulgués, la baisse de performance est de 58 % sur un an. Seulement 4 % des start-up dirigées par des femmes, et moins de 3 % de celles dont les fondateurs sont de sexe féminin ont ainsi profité des bons chiffres du capital-risque en Afrique. Ce qui ne fait que confirmer les disparités de genre sur le continent, en matière d’accès au financement.

Et aussi...

  • En collaboration avec des universitaires dotés d’expertises spécifiques sur les États africains, l’AFD vient de publier sa quatrième édition de L’Économie africaine (éditions La Découverte, collection « Repères »), qui propose un tour d’horizon des grands enjeux économiques et sociaux du continent pour 2023. Elle évoque notamment les répercussions du conflit en Ukraine mais aussi du réchauffement climatique, ou encore du secteur numérique et des technologies financières.
  • La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Paris Île-de-France organise un atelier le 30 janvier prochain sur les nouveautés de la Loi de finance 2023 de l’Algérie, dont les nouveautés réglementaires sont susceptibles d’avoir un impact sur le commerce extérieur, la fiscalité d’entreprise et les conditions d’investissement.