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Méga cession pour Actis ; lancement d'I&P Digital Energy ; alliance de Bboxx et Orange en RDC

Actis cède le « plus gros contrat d’énergies renouvelables d’Afrique » ; l’AFD, I&P et Gaia Impact Fund s’allient pour la transition énergétique ; Bboxx et Orange vont alimenter en énergie solaire 150 000 personnes en RDC ; GreenYellow inaugure une nouvelle centrale au Burkina Faso ; TotalEnergies signe un nouveau contrat en Algérie.

© Pxhere

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Cession de Lekela Power, « le plus gros contrat d’énergies renouvelables d’Afrique » à ce jour

Sept ans après le lancement - aux côtés d’autres investisseurs - de la plateforme de production d’EnR Lekela Power (basée à Amsterdam), l’investisseur britannique Actis et un consortium dirigé par la société éolienne et solaire irlandaise Mainstream Renewable Power cèdent cette dernière à Africa Finance Corporation (AFC), institution multilatérale panafricaine axée sur les infrastructures, et à l’énergéticien égyptien Infinity Group. Les vendeurs détenaient respectivement 60 % et 40 % de parts dans ce qu’ils présentent comme « le plus grand producteur indépendant d'énergies renouvelables du continent africain », et dont la cession - estimée par le média Jeune Afrique autour de 1,5 Md€ - constituerait ainsi « le plus gros contrat d’énergies renouvelables d’Afrique » à ce jour. Ayant déjà alimenté en énergie durable près de trois millions de foyers africains, la plateforme peut se targuer de plus d’1 GW d'actifs pleinement opérationnels ainsi que d’importantes perspectives de croissance. Forte de sept parcs éoliens opérationnels, dont cinq en Afrique du Sud, un en Égypte, et un au Sénégal (Taiba N’Diaye), elle dispose également d’opportunités de développement au Ghana, au Sénégal et en Égypte.

 

L’AFD, I&P et Gaia Impact Fund s’allient pour la transition énergétique

© I&P Digital Energy / Investisseurs & Partenaires (I&P)

© I&P Digital Energy / Investisseurs & Partenaires (I&P)

I&P Digital Energy : tel est le nom du nouveau programme en faveur de l’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne que viennent de lancer l’Agence Française de Développement (AFD) et Investisseurs & Partenaires (I&P), en partenariat avec le fonds spécialisé Gaia Impact Fund. Composante de financement d’amorçage de la Facilité Digital Energy - programme financé par la Commission européenne et implémenté par l'AFD - I&P Digital Energy vise à accompagner une douzaine de start-up et de PME africaines et asiatiques qui proposent des solutions numériques d’accès à une énergie abordable, moderne et stable pour le plus grand nombre. Le montant moyen du ticket d’amorçage sera de 300 K€, sous forme d’avance remboursable par entreprise. Doté d’une enveloppé de 4 M€ par la Commission Européenne, le programme sera déployé localement par le fonds d’impact I&P, dont les équipes sont implantées dans dix pays africains. Gaia Impact Fund, spécialiste de l’investissement à impact dans les énergies renouvelables en Afrique et en Asie, apportera également son expertise dans le cadre de sa mise en œuvre. À terme, l’initiative devrait générer un effet de levier de financement pour les entreprises amorcées. Environ 150 000 personnes devraient bénéficier in fine d’un nouvel accès à l’énergie.

 

RDC : Bboxx et Orange vise l’électrification de 150 000 personnes

© Bboxx

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Le fournisseur britannique de kits solaires Bboxx et le géant coté des télécoms Orange s’allient afin de fournir un accès à l’électricité à 150 000 habitants de la République démocratique du Congo (RDC). Ce partenariat se manifeste tout d’abord par la construction d’une mini-centrale solaire hybride à Bagira, une commune située à une dizaine de km de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu. Construite dans le cadre d’un contrat d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC) par GoShop, une entreprise familiale basée à Goma, l’infrastructure alimente en électricité un pylône de télécommunication d’Orange. Objectif : construire vingt-quatre mini-réseaux semblables d’ici 2024, fournissant de l’énergie solaire à des tours de télécommunications locales. Cette collaboration permettra la formation d’une communauté sur la base d’un modèle ABC (Anchor Business Community). Bboxx compte en outre de s’associer à Orange Énergie pour fusionner la plateforme de compteurs intelligents d’Orange et Bboxx Pulse®, son système d’exploitation propriétaire entièrement intégré, ce qui permettra de suivre de près les performances des mini-réseaux et de gérer les clients à distance (y compris la collecte et la gestion des paiements, par le biais de solutions de paiement à l’usage).

 

Burkina Faso : inauguration de la centrale solaire de Nagréongo

Construite dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP) entre l’État burkinabé et le producteur indépendant d’électricité (IPP) français GreenYellow, filiale du groupe Casino,  la centrale solaire photovoltaïque de Nagréongo (région du Plateau-Central) a été inaugurée le 7 juillet dernier. D’une capacité de 30 MWc, elle a pu voir le jour grâce à un prêt de 21 M€ accordé par la Société néerlandaise de financement du développement (FMO) à l’IPP tricolore, et est couverture par une garantie de 4,5 M€ de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga), une filiale du groupe de la Banque mondiale. L’énergie produite est vendue à la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (Sonabel), dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (CAE). Alors que le  Burkina Faso possède l’un des réseaux électriques les plus faibles d’Afrique subsaharienne, avec une capacité installée de 568 MW, dont seulement 88 MW sont produits à partir de sources renouvelables (selon Power Africa), les autorités étatiques ambitionnent d’augmenter la capacité installée du pays en misant sur le solaire et les investissements des IPP.

 

Algérie : nouveau contrat pour TotalEnergies dans le bassin de Berkine

Laurent Vivier, TotalEnergies

Laurent Vivier, TotalEnergies

Acteur clé ​​depuis 1952 de l'exploration-production de pétrole et gaz en Algérie, TotalEnergies a signé hier une extension de son contrat de partage de production avec l’algérien Sonatrach, l’américain Occidental et l’italien Eni, concernant les blocs à terre 404a et 208 dans le bassin de Berkine, dans l’est du pays. D’un montant de 3,9 Md€ (4 Md$) et d’une durée de vingt-cinq ans, ce nouveau contrat de partage de production permettra de développer des ressources supplémentaires d’hydrocarbures liquides, tout en réduisant l’intensité carbone des champs grâce à un programme ciblé de baisse des émissions. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, et donc dans l’optique d’accroître le potentiel d’exportation à destination de l’Europe (à commencer par l'Italie, très dépendante du gaz russe), les partenaires étudieront la possibilité de développer et de valoriser les ressources associées en gaz. « Ce nouveau contrat sur l’actif de Berkine, grâce à la nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures [de 2019], marque une nouvelle étape dans notre partenariat stratégique avec Sonatrach. Il s’inscrit dans la stratégie de notre Compagnie de développer des projets pétroliers à bas coût tout en contribuant à des programmes de réduction des émissions afin de minimiser notre empreinte carbone », a commenté Laurent Vivier, directeur Moyen Orient et Afrique du Nord, Exploration & Production de TotalEnergies. La major pétro-gazière cotée affirme avoir produit l’an dernier 51 000 bep/j en Algérie grâce à ses participations dans les champs gaziers TFT II et Timimoun et dans les champs à huile du bassin de Berkine (blocs 404a et 208).