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Non coté au Maroc : les levées en hausse

D’après le rapport annuel publié mi-mai par l’AMIC, les 28 sociétés de gestion ont amassé 175 Md€ (1,87 MdMAD) en 2021, soit une hausse de 40 % par rapport à l'an précédent.

© AMIC

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Pour la quatorzième année consécutive, l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC) a réalisé, en partenariat avec le cabinet Grant Thornton, une étude annuelle sur les acteurs locaux du capital-investissement. Prenant en compte vingt-huit sociétés de gestion et soixante fonds (dont seize actifs, les autres en phase de désinvestissement ou désinvestis), ce rapport d’activité 2021 englobe ainsi la quasi-totalité des sociétés de gestion ayant un bureau au Maroc.

Tarik Haddi, AMIC

Tarik Haddi, AMIC

Les levées de fonds réalisées par l’ensemble des investisseurs en capital au sein du royaume chérifien sont passées de 127 Md€ (1,35 MdMAD) en 2020 à 175 Md€ (1,87 MdMAD) en 2021. Une hausse de 40 % qui témoigne de la maturité de l’écosystème marocain ainsi que d'une « montée accélérée en expérience de l’activité » - selon les propos de Tarik Haddi, président de l’AMIC et DG fondateur d'Azur Partners - dans la mesure où les conséquences de la crise restent bien perceptibles. Au cours des cinq dernières années, les levées de fonds au Maroc ont culminé à 657 Md€ (près de 7 MdMAD), soit presque le double du montant récolté sur la période 2012-2016.

Depuis 2012, les fonds transrégionaux (de forme juridique étrangère et opérant dans plusieurs régions en Afrique) représentent 80 % des investissements au Maroc. L’an dernier, douze structures transrégionales ont ainsi injecté 108 M€ (1,15 MdMAD), montant se répartissant entre vingt-deux nouvelles entreprises investies et huit réinvestissements. La part des investisseurs marocains a fortement diminué entre la première et la quatrième génération de fonds, passant de 73 % des levées sur la période 2000-2005 à 37 % sur la période 2017-2021. Sur le plan sectoriel, la plupart des fonds demeurent généralistes. Le secteur industriel conserve sa première place (32 % des investissements), suivi par celui des services et transports (en hausse de 18 % à 31 % sur la période 2017-2021). En termes de répartition géographique, la région de Casablanca-Settat monopolise 71 % des investissements. L’essor de l’activité amorçage et capital-risque (de 26 % sur la période 2006-2011 à 48 % sur la période 2017-2021, en nombre) a généré une nette augmentation du nombre de transactions de moins de 1,9 M€ (20 MMAD) entre la troisième et la quatrième génération de fonds. Sur deux générations, on constate également un quasi-doublement des tickets moyens d’investissements en capital-développement et transmission, qui atteignent à présent 2,3 M€ (99 MMAD).

Par ailleurs, le rapport met en évidence la poursuite des opérations de désinvestissement (83 M€ soit 882 MMAD en 2021, deuxième record après l’année 2017 pour les sorties effectuées au cours de la décennie écoulée), en particulier dans les secteurs de la santé, des services et de la construction, qui ont permis aux investisseurs de dégager les taux de rentabilité interne (TRI) les plus élevés au Maroc (respectivement 26 %, 18 % et 17 %).

 

Et aussi...

Actionnaire minoritaire de l’opérateur marocain Outsourcia depuis 2016, le capital-investisseur AfricInvest (basé à Tunis mais disposant de sept autres bureaux en Afrique, ainsi que d’antennes à Paris, Washington et Dubaï) passe le relais à son compatriote SPE Capital qui injecte 31 M€ (330 MMAD) via son véhicule SPE AIF I en contrepartie d’une prise de participation majoritaire. Le P-dg fondateur de la cible, Youssef Chraïbi, cède ainsi le contrôle de sa société. En près de vingt ans d’existence, Outsourcia s’est imposé comme l’un des leaders marocains de la gestion de la relation client à distance, des métiers de back office (BPO) et du medical outsourcing. Implanté au Maroc (quatre sites), à Madagascar (2 sites) et au Niger, l’opérateur est également présent en France (deux sites de production à Évreux et Châtillon-en-Dunois, et bureau commercial à Neuilly-sur-Seine). Il y a pris pied dès 2010 avec le rachat de l’opérateur As-Com. Sa dernière acquisition dans l’Hexagone remonte à 2019, avec le rachat de Simplify, pionnier de l'offshoring sur le marché français de la santé (relire ci-dessous).

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