
©Seyntex, LinkedIn
Après plus de cent ans d’existence et de détention par la famille Seynaeve, le groupe belge Seyntex réorganise son actionnariat. Le fabricant de gilets pare-balles et tenues de combat NRBC (nucléaire, radiologique, biologique ou chimique) pour les armées et forces de l’ordre accueille Ceres Industries Capital comme actionnaire majoritaire. L’investisseur mise un ticket dans le bas de sa fourchette, allant de 30 à 150 M€ d’equity déployés avec une partie evergreen, complétée par des investissements en deal by deal d’institutionnels et family offices européens. Il signe ici sa troisième opération, après Karavel et Smac, et porte à 330 M€ les montants engagés. « Nous nous sommes rapidement accordés avec la famille dirigeante sur la stratégie de développement organique et par build-up, relate Renaud Besançon, président de Ceres Industries Capital. Cet investissement n’est pas juste un investissement financier. En consolidant des segments d’activité de la défense, nous contribuons à renforcer les capacités de défense paneuropéenne. »
Un nouveau groupe pour mener la consolidation
L’opération est réalisée via une holding de reprise ad hoc basée en Belgique, IPE (International Protective Equipment), qui portera les prochaines acquisitions du groupe dans le secteur. La stratégie de croissance externe vise des entreprises européennes complémentaires ou avec des produits adjacents. Alexandre Desroches en prend les commandes, après avoir notamment dirigé des entreprises du secteur, Klopman entre 2020 et 2025 et Delta Plus entre 2008 et 2017. Il investit également comme minoritaire au capital, auquel seront invités l’équipe de management et les employés clés. Le MBI, valorisant Seyntex "entre 75 et 150 M€", est complété par une dette unitranche fournie par Arcmont et Alpha Wave Global, avec un levier de l’ordre de 2,5 fois l’Ebitda. Les dirigeants depuis plus de 50 ans, Arthy Seynaeve, chairman, et Jean-Pierre Seynave conservent leurs postes d’administrateurs. Le CEO de Seyntex, Agar Daelmans, reste aux manettes de la société.
Une stratégie paneuropéenne
Fondé en 1908 et basé à Aalter en Belgique, Seyntex conçoit et fabrique des équipements et des tenues de protection pour les armées européennes majoritairement et pour la police, les forces de l’ordre et les pompiers. Si les produits phares sont les gilets pare-balles et les tenues de combat NRBC, la gamme comprend également des vêtements de combat, uniformes, combinaisons de pompier et des tentes. Les références, dont 25 % sont brevetées, sont fabriquées dans les usines du groupe en Roumanie et au Bangladesh. « Les prochaines années ne seront pas des années de paix et les armées privilégient des fournisseurs intégrés, qui peuvent monter en production. Dans le contexte actuel, l’Europe doit être autonome. Cela passera par une consolidation des sociétés des différents pays européens pour avoir des entreprises de taille suffisante pour investir en technologie et production », analyse Renaud Besançon. Employant plus de 1 000 collaborateurs, Seyntex génère plus de 100 M€ de chiffre d’affaires dans plus de 20 pays et une rentabilité à deux chiffres. Il vise 20 % de croissance en 2025, à la fois organique et externe. Des discussions sont déjà en cours avec plusieurs cibles potentielles.







