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M&A : l’Europe sous-valorisée Accès libre

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Les dirigeants européens voient dans le Vieux Continent, Allemagne en tête des opportunités de M&A selon l'enquête mondiale menée par Clifford Chance, soulignant l’attrait exercé par ses valorisations plutôt modestes.

Vu a travers le prisme du M&A, l’Europe retient son pouvoir d’attraction, à en croire une enquête mondiale réalisée par The Economist Intelligence Unit pour le compte du cabinet d’avocats international Clifford Chance. Réalisée au premier trimestre auprès de 370 dirigeants de grandes entreprises, elle révèle que 42 % d’entre-eux voient dans le Vieux Continent des opportunités de croissance et d’acquisitions. Ce qui le place en deuxième position derrière la région Asie-Pacifique (47 %) et devant le continent américain (31 %) et la zone Moyen Orient-Afrique (17 %). Les sondés n’ont pourtant pas fait abstraction de l’incertitude socio-économique qui y règne plus qu’ailleurs. Au contraire, 43 % affirment que cela accroît en fait leur appétit. « C’est un des grands enseignements de l’enquête. Les investisseurs internationaux estiment que les actifs européens, du fait la crise économique, sont plutôt sous-valorisés actuellement et offrent donc de belles opportunités », commente Gilles Lebreton, associé de Clifford Chance.

L’Allemagne en tête

Il faut toutefois noter que ce sont les dirigeants européens eux-mêmes (pour 75 % d’entre-eux), puis nord-américains (42 %) qui jugent l’Europe attractive, alors que leurs confrères d’Amérique Latine (20 %) et surtout de l’Asie du Sud-Est (6 %) se montrent beaucoup moins enthousiastes. En outre, les répondants affichent clairement une préférence pour les pays de l’Europe du Nord et de l’Europe de l’Ouest (voir graphique ci-dessous). Et au sein de cette dernière zone, l’Allemagne se détache nettement comme celui offrant les meilleurs opportunités (pour 66 % des sondés), notamment par rapport à la France, loin avec seulement 22 %. « L’Allemagne est perçu comme le pays qui a réussi à mener les réformes structurelles nécessaires. Elle bénéficie en plus d’un tissu industriel de première qualité et fait montre de stabilité en matières sociale et fiscale - ce que l’on peut reprocher à la France », relève Gilles Lebreton, associé corporate du cabinet (photo ci-contre).

Financement par la trésorerie

Sur les treize marchés européens évalués, l’Hexagone se situe quand même au sixième rang, à égalité avec la Russie, en termes d’attractivité pour le M&A. Reste cependant à voir si l’intérêt marqué des dirigeants pour le Vieux Contient va se concrétiser en transactions. Car si les valorisations peu élevées attirent les acquéreurs potentiels, elles dissuadent toujours en revanche les cédants. Seuls 15 % des répondants affirment qu’ils vendront des actifs européens ces deux prochaines années. Pour peu que la visibilité économique s’accroît, le situation pourrait cependant se débloquer rapidement. Du côté de Clifford Chance, on croît à un revirement de tendance. « On sent chez nos interlocuteurs une plus grande volonté de mener des opérations, signe qu’ils ont davantage d’espoir en termes de croissance économique. Ce facteur psychologique est important, car la confiance est un élément moteur de l'activité du M&A », rappelle Gilles Lebreton. En tout cas, les corporate ont les moyens de passer à l’action. Pour les 30 ETI et groupes interrogés en France, c’est en effet la trésorerie qui financera en priorité leurs rachats (pour 60 % d’entre elles), loin devant le recours aux prêts bancaires (26,7 %) et aux marchés de la dette (30 %) ou de l’equity (3,3 %).

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