L'actualité & Data du capital-investissement : transactions, LBO, M&A, Venture, Corporate Finance et Private Equity - Leader en France

CANVIEW

Afrique #171 : Rocket Health, Susu, Dash, Adenia Partners...


© Rocket Health

© Rocket Health

Santé & e-services : Rocket Health / Creadev / Grenfell Holdings / LoftyInc Capital Management (Ouganda / Afrique de l’Est / France / Hong Kong / États-Unis)

Après avoir investi dans le kényan Twiga Foods (relire bulletin #153) et le sud-africain Spark Schools, Creadev Africa - la filiale dédiée au continent de la société d’investissement evergreen - mène une levée de fonds de 4,6 M€ (5 M$) au profit de Rocket Health, numéro un de la télémédecine en Ouganda, offrant des solutions de santé numériques innovantes à plus de 25 000 patients (téléconsultations 24/7, livraison de médicaments au dernier kilomètre, prélèvement d'échantillons à domicile pour les tests de diagnostic en laboratoire, consultations physiques en clinique spécialisée). Cherchant à s’étendre dans son pays natal puis dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, à commencer le Kenya, la société fondée en 2012 par quatre médecins (Davis Musinguzi, John Mark Bwanika, William Lugeba et Hope Achiro) ambitionne de démocratiser l’accès aux soins de santé via le numérique en Afrique. Employant plus de 160 salariés, elle est passée grâce à la pandémie de quelques milliers à 400 000 consultations virtuelles par an. Le tour de table a également vu la participation du hong-kongais Grenfell Holdings et de l’américain LoftyInc Capital Management, tous deux dédiés à l’Afrique et actionnaires historiques de la healthtech (voir fiche opération sur CFNEWS).

En Afrique subsaharienne, la stratégie de Creadev, contrôlé par la famille d’entrepreneurs français Mulliez (qui détient des participations dans une cinquantaine de géants de la distribution comme Auchan, Decathlon ou Leroy Merlin), consiste à s’associer à des entrepreneurs visionnaires, développant des solutions innovantes qui facilitent l'accès aux biens et services essentiels pour le plus grand nombre. Depuis ses bureaux de Paris, Nairobi, New York et Shanghai, la trentaine de collaborateurs du family office accompagne les entreprises dans les différents stades de leur développement, afin de les aider à se développer et devenir des champions mondiaux dans leurs secteurs respectifs (développement durable, éducation, employabilité, santé et agroalimentaire étant ceux ciblés par Creadev). En vingt ans d'existence, il a investi au total plus de 1,8 Md€ (2 Md$) en capital-risque et capital-développement dans une trentaine d'entreprises sur quatre continents.

 

Santé & services financiers : Susu / business angels / Bpifrance (France / Côte d’Ivoire / Sénégal / Cameroun)

Bola Bardet, Susu

Bola Bardet, Susu

Fournissant des services de santé et d'assurance aux familles de la diaspora africaine, la start-up lyonnaise Susu a collecté ce mois-ci environ 893 K€ (1 M$) en equity auprès de business angels (voir fiche opération sur CFNEWS), ainsi que 1,1 M€ (1,2 M$) en dette et subventions auprès de Bpifrance. Opérant en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Cameroun, la jeune pousse née en 2019 revendique quelque cinq mille clients, un chiffre qui a quintuplé l’an dernier, tandis que le chiffre d’affaires progressait également de plus de 400 %. La dirigeante fondatrice Bola Bardet, issue de la diaspora béninoise, a lancé Susu aux côtés de Laurent Leconte (CTO) et Sandrine Egron (COO), après avoir elle-même perdu son père, suite aux complications d'une hypertension chronique mal prise en charge. Sa société s’efforce ainsi de pallier le manque d’équipements dans les hôpitaux et d’assurance santé en Afrique de l’Ouest. Dans cette optique, elle offre des forfaits ou bouquets santé aux patients souffrant de maladies chroniques et aux femmes enceintes. L’une des originalités de son business model consiste à proposer une solution de financement collectif permettant aux membres de la famille - qu’ils vivent sur place ou fassent partie de la diaspora - d’aider les patients à financer leurs frais d'abonnement mensuels via des forfaits de soins. Parmi les business angels ayant participé au financement equity figure Christopher Neves, Chief Operating Officer Risk and Capital et directeur général délégué de Wakam (ex La Parisienne Assurances) depuis mai 2020. Susu compte étoffer son équipe et lancer de nouvelles fonctionnalités, tout en prenant pied dans six autres pays d'Afrique subsaharienne, dont le Nigeria et le Ghana.

 

Services financiers : Dash / Insight Partners / Global Founders Capital / 4DX Ventures / Ask Capital / Techstars (Ghana / États-Unis / Allemagne)

© Adobe Stock

© Adobe Stock

L’américano-ghanéen Dash, qui connecte des portefeuilles digitaux à des comptes bancaires, collecte 30 M€ (32,8 M$) lors d’un tour d’amorçage auprès de la firme new-yorkaise de venture capital et private equity Insight Partners (lead), ainsi que de l’allemand Global Founders Capital, et des investisseurs nord-américains 4DX Ventures, Ask Capital et Techstars, entre autres. « J'ai été époustouflé par l'omniprésence et la commodité de l'argent mobile en 2014, lorsque j'ai visité le Kenya pour la première fois. Cependant, il existe plus de 200 portefeuilles d'argent mobile et 100 banques à travers le continent qui [ne] fonctionnent pas les uns avec les autres », a expliqué son CEO fondateur Prince Boakye Boampong au média TechCrunch. Résoudre le problème de l’absence d’interopérabilité entre portefeuilles d’argent mobile et comptes bancaires : telle est donc la mission que s’est fixée l’application de paiements unifiés. Pour y parvenir, elle s’appuie sur son réseau de paiement alternatif avec des portefeuilles connectés permettant à un utilisateur d'argent mobile d'effectuer des transactions avec un compte bancaire. Depuis sa création en 2019, la fintech a traité plus de 914 M€ (1 Md$), et revendique un million de clients au Ghana, au Kenya et au Nigeria.

 

Nouveau véhicule : Adenia Capital V / Adenia Partners / DFC (Maurice / Afrique / États-Unis)

Adenia Partners

Adenia Partners

Le fonds de capital-investissement mauricien Adenia Partners obtient 37 M€ (40 M$) auprès de l’International US Finance Development Corporation (DFC) pour son cinquième véhicule en cours de levée, Adenia Capital V, qui devrait réaliser son premier closing en septembre prochain. Ciblant une taille finale de 366 M€ (400 M$), ce dernier a déjà suscité l’intérêt de plusieurs investisseurs institutionnels, dont la Société Financière Internationale (SFI) et l'organisme néerlandais de financement du développement (FMO). Son prédécesseur, lancé en 2016, avait obtenu 230 M€ d’engagement. Adenia Capital V prendra des participations majoritaires et de croissance dans des entreprises africaines de taille moyenne, actives dans les secteurs des services financiers, de l'agroalimentaire, des biens de consommation, des télécommunications, des soins de santé, de l'éducation, des services aux entreprises et de l'hôtellerie. Détenant à ce jour des participations dans treize sociétés, Adenia Partners a réalisé plusieurs transactions ces derniers mois : la firme a ainsi co-dirigé (aux côtés de l’African Infrastructure Investment Managers) le cycle de financement de 109 M€ (130 M$) du groupe de tours télécoms Eastcastle Infrastructure, participé au tour de table d’Africa Biosystems (ABL), un distributeur d'équipements de sciences de la vie et de diagnostic clinique en Afrique de l'Est, et pris une participation majoritaire dans Herholdt's, un distributeur sud-africain de produits électriques basse tension et de produits solaires.

 

Nouveau fonds : Antler East Africa / Antler / SFI / Baillie Gifford / Canica (Afrique de l’Est / Singapour / États-Unis / Royaume-Uni / Norvège)

© Adobe Stock

© Adobe Stock

Le VC singapourien Antler boucle le closing final à plus de 12 M€ (13,5 M$) de son véhicule ciblant des entreprises technologiques en phase de démarrage en Afrique de l’Est. Ayant reçu des engagements de plusieurs investisseurs - parmi lesquels la SFI, le britannique Baillie Gifford ou encore des family offices tels que le norvégien Canica - Antler East Africa  souhaite effectuer trente-cinq nouveaux investissements au cours des trois années à venir. Ces financements contribueront à soutenir le nouveau programme d'incubation de la société à l’intention des femmes entrepreneures, l’accompagnement personnalisé et le soutien aux porteurs de projet désireux de transformer une idée en entreprise, ainsi que les start-up en phase de démarrage qui cherchent à se développer et à lever des capitaux. Depuis son lancement en août 2019, Antler East Africa comptabiliserait d’ores et déjà quatorze investissements dans la région est-africaine.

 

Nomination - Conseil : Deloitte France et Afrique francophone (France / Afrique)

David Tortel, Deloitte

David Tortel, Deloitte

Deloitte France et Afrique francophone s'adjoint les services d'un ancien conseiller de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur : David Tortel, nommé associé au sein des équipes Cybersécurité, qui vient ainsi renforcer les compétences du cabinet d'audit et de conseil dans ce domaine, dans un contexte de disruptions technologiques et d’équilibres géostratégiques en constante évolution. La nouvelle recrue exerçait depuis juillet 2020 en tant que conseiller chargé des technologies et du numérique au sein du ministère de l’Intérieur.

 

Étude : légère progression de l’image de la France et de ses entreprises en Afrique (baromètre Africaleads 2022)

© Africaleads

© Africaleads

Étienne Giros, CIAN

Étienne Giros, CIAN

Selon la quatrième édition du « Baromètre CIAN des leaders d’opinion en Afrique » réalisée par l’Institut IMMAR (Africaleads), dont les résultats ont été présentés le 10 mars dernier à l’occasion du Forum Afrique 2022 organisé par L’Opinion et le CIAN, la France a gagné une place dans le classement par rapport à l’année dernière et passe sixième, alors même que l’image de la plupart des puissances européennes s’est dégradée dans le contexte de la pandémie. Selon Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), cette « amélioration de l’image de la France, inédite depuis trois ans [...] tient en grande partie à l'action de ses entreprises, qui sont reconnues pour leurs investissements à fort impact. ​​» Parmi les puissances industrialisées, il n’y a guère sinon que la Chine qui n’ait pas été affectée défavorablement, d’après les résultats de cette étude réalisée auprès de 2 895 leaders d’opinion dans quatorze pays. Cette dernière met également en exergue la progression du Canada (qui passe devant l’Allemagne) ainsi que la réduction de l’écart entre les États-Unis et les autres pays. Sur le continent africain, les pays bénéficiant de la meilleure image parmi les leaders d’opinion demeurent l’Afrique du Sud (qui conserve sa première positive malgré la dure récession qui y sévit), suivie du Rwanda, du Ghana et du Maroc, qui peuvent se prévaloir de leur dynamisme économique et de leur bonne gouvernance.
En ce qui concerne les entreprises internationales, les premières places du classement sont occupées par les mastodontes de l’automobile (Toyota), de la distribution (Coca-Cola, DHL) et de la tech (Samsung, Apple, Microsoft). Côté français, Orange apparaît comme l’une des entreprises les plus appréciées des leaders d’opinion africains.

 

Événements :

  • 16 mars (11h-12h) : webinaire Global Mind Talks organisé par le cabinet-conseil gabonais Global Mind Consulting et dédié à la valorisation des femmes africaines, qui interviennent dans des secteurs clés pour le développement du continent, mais dans lesquels elles sont encore trop peu nombreuses à occuper des postes de direction.
  • Paris (360 Music Factory, quartier de la Goutte d’Or, 18e), 20 mars (15h30) : événement intitulé « Ça raconte des mondes - Les diasporas, actrices d’une Francophonie plurielle », organisé par l’Association internationale des maires francophones (AIMF) dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie. Objectif : mettre à l’honneur l’impact positif des diasporas sur nos villes, sur l’économie et les identités urbaines d’aujourd’hui et demain.

 

Et aussi...

  • Proparco, filiale de l’AFD en charge du financement du secteur privé, investit 9,1 M€ (10 M$) dans dans l’African Guarantee Fund (AGF) dans l’optique de financer les PME des femmes entrepreneures africaines, regroupées au sein de l’Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA), lancée en 2016 par la BAD et l’AGF pour augmenter l’accès au financement des femmes entrepreneures.
  • L’investisseur d’impact tricolore I&P projette de créer le premier fonds d’investissement guinéen. Pour faciliter le déploiement du programme I&P Accélération au Sahel en Guinée, I&P s’est en outre associé avec son confrère local Molam Capital. Il entend financer cette année « au moins cinq jeunes pépites guinéennes, formelles ou en cours de formalisation, engagées et générant des impacts positifs sociaux et/ou environnementaux, et accompagner au moins un incubateur à travers la composante dédiée aux structures d’appui à l’entrepreneuriat ».
  • L’Égypte et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) viennent de conclure trois accords dans les secteurs de l'hydrogène vert (pour « évaluer le potentiel d'une économie d'approvisionnement en hydrogène à faible teneur en carbone »), du tourisme (avec « la création d'un Conseil des compétences du secteur, par le biais duquel la Banque fournira un soutien technique visant à investir dans le capital humain, identifier les compétences requises par le marché et dispenser des formations ») et des transports (financement de 251 M€, soit 272,8 M$, pour la mise en œuvre du projet de métro électrique d'Alexandrie) .
  • Au Nigeria, l’achèvement du complexe sidérurgique d’Ajaokuta, débuté il y a quarante ans, se trouve menacé par la guerre en Ukraine. Suite à une rencontre en octobre 2019 entre les dirigeants nigérian et russe, la Russie s’était en effet engagée à relancer l’aciérie, représentant un méga-investissement de 7,3 Md€ (8 Md$) et une source potentielle de création de quelque 100 000 emplois.
  • L'Égypte vient de mettre sur pied son premier fonds fintech. Lancé par la Banque Nationale d’Égypte (NBE), la Banque Misr et la Banque du Caire (BDC) et doté d’un capital de 76 M€ (1,3 MdEGP), il aura vocation à promouvoir la technologie et l’innovation.
  • L’UE prévoit d’investir plus de 8,4 Md€ (9,18 Md$) au Maroc entre 2022 et 2029, via les « partenaires financiers internationaux » de l’institution européenne et le secteur privé présent dans le royaume chérifien. Elle ciblera plus spécifiquement l’agriculture, la transition énergétique, la transition numérique, l’accessibilité à l’eau, la réforme de l’administration publique et l’enseignement supérieur.
  • Le hub d’innovation soudanais 249Startups, qui a vocation à soutenir l’écosystème entrepreneurial du pays, s’apprête à implémenter un fonds d’investissement à impact nommé Rhino Investments. Doté de 458 K€ (500 K$), il financera jusqu’à quatorze PME et start-up soudanaises en phase d’amorçage.

 

Bonne fin de semaine et à mardi prochain !

Une information à nous soumettre pour ce Bulletin Afrique ? Écrivez-nous à : stephanie.roux@cfnews.net

Retrouvez l'ensemble des chroniques CFNEWS (Afrique, mais aussi Asie et Amérique latine) :