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CFAO et GreenYellow investissent dans le solaire, Mirova dans l'agriculture durable

Le fournisseur de centrales solaires kényan Ofgen accueille la CFAO ; le spécialiste marocain de la culture d’agrumes Atlas Fruits Company séduit Mirova ; GreenYellow conclut un PPP ; six consortiums sont en lice au Maroc pour un marché de 800 M€.

© Ofgen

© Ofgen

CFAO investit dans le solaire kényan

Le groupe tricolore Corporation for Africa and Overseas (CFAO), multinationale multisectorielle basée à Sèvres, s'invite chez le kényan Ofgen, fournisseur de centrales solaires pour des clients commerciaux et industriels (C&I) fondé et dirigé depuis 2014 par Jibril Omar. Cet investissement - d’un montant demeurant confidentiel - marque le renforcement d’un partenariat de longue date, puisque le second avait installé des centrales solaires en toiture pour alimenter six bureaux du groupe CFAO (quatre au Kenya et deux en Ouganda). Il permettra à la cible d’étendre ses services dans son pays natal puis à d’autres marchés, notamment en Afrique australe, où les entreprises cherchent à diminuer leur consommation en énergies fossiles, particulièrement coûteuses dans le contexte actuel. Outre le Kenya, il est actif à l’heure actuelle en Ouganda, au Rwanda et au Soudan du Sud, et revendique un portefeuille de 24 centrales totalisant 6,2 MW et 9,3 MWh de capacité de stockage par batterie. L’énergéticien bénéficie par ailleurs du soutien d’autres partenaires au développement, à l’instar du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui lui a accordé une subvention il y a quelques mois, dans le cadre de son programme Clean Captive Installations for Industrial Clients in Sub-Sahara Africa (CCISA).

 

Mirova soutient la culture d'agrumes durable au Maroc

© Atlas Fruits Company

© Atlas Fruits Company

Mirova, filiale de Natixis Investment Managers dédiée à l'investissement durable, prend une participation majoritaire au sein de la société marocaine Atlas Fruits Company, spécialisée dans la culture d’agrumes. La transaction a été réalisée par l’intermédiaire de son fonds à impact Land Degradation Neutrality (LDN), qui a déjà investi plus de 39 M€ (40 M$) dans des projets rentables de gestion durable des terres et de restauration des écosystèmes en Afrique, Asie et Amérique du Sud (sur un montant total de dotation de plus de 147 M€, soit 150 M$). Fondée en 2009 par Kamal Chraibi, Youness Chraibi, Hicham Chraibi et Youssef Lamrani, la cible aux 300 salariés s’appuiera sur cette transaction pour créer 1 300 emplois et augmenter sa surface de culture de 250 hectares à 1 000 hectares d’ici 2028. Cette prise de participation s’inscrit dans une stratégie de développement pour la mise en place de pratiques durables dans le secteur de la production d’agrumes au Maroc, notamment en matière de gestion efficiente de l’eau.

 

Baobab+ financé par un suisse

© Baobab+

© Baobab+

L’entreprise sociale française Baobab+, active dans les domaines de l’accès à l’énergie et au digital, obtient un prêt de 5 M€ de la plateforme d’investissement à impact Symbiotics, basée à Genève. Objectif : renforcer grâce à ses systèmes solaires domestiques l’électrification dans six pays africains, à savoir le Sénégal, la Côte d’ivoire, le Madagascar, le Nigeria, le Mali et la République démocratique du Congo (RDC). Dans ces pays d’Afrique subsaharienne, en particulier en milieu rural, elle installe des systèmes solaires domestiques, fournissant non seulement l’éclairage, mais aussi l’alimentation de petits appareils électroniques comme des téléphones portables, des postes radio ou des téléviseurs. Reposant sur un modèle classique de paiement à l’usage (Pay-as-you go), Baobab+ développe en outre un système de scoring (évaluation des risques-clients) qui permet à ses clients de devenir éligibles pour des micro-crédits. Neuf mois plus tôt, la société fondée en 2015 par le groupe Baobab Microfinance et Alexandre Coster avait décroché un financement de 10 M€ auprès du Fonds d’investissement norvégien pour les pays en développement - Norfund (relire chronique #148 ci-dessous). 250 000 foyers représentant environ 1,5 millions de bénéficiaires sont déjà équipés de ses kits solaires.

 

Nouveau PPP au Bénin pour GreenYellow

© GreenYellow (centrale d'Ambatolampy à Madagascar)

© GreenYellow (centrale d'Ambatolampy à Madagascar)

Désireux d’atteindre ses objectifs de décarbonation de son mix énergétique, le Bénin a décidé d’ouvrir son marché de l’énergie aux producteurs indépendants d’électricité (IPP). Un partenariat public-privé (PPP) vient ainsi d’être signé entre le gouvernement et un consortium composé de l’IPP français GreenYellow ( filiale du géant coté Casino) et d’Egnon Consulting, bureau d'ingénieurs conseils et de chefs de projets dédié à l'Afrique et basé à Cotonou. Cet accord de concession prévoit la construction de quatre centrales solaires photovoltaïques d’une capacité combinée de 50 MWc, dont la plus grande, d’une capacité de 15 MWc, sera implantée à Parakou, dans le département du Borgou. Financés par la Société Financière Internationale (SFI ou IFC) et Proparco, les travaux devraient commencer au cours du deuxième trimestre 2023. L’électricité produite dans le cadre du projet sera vendue à la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE), dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (CAE) sur une durée de vingt ans. Mayer Brown a conseillé les autorités béninoises, tandis que Sinclair Legal est intervenu auprès du sponsor GreenYellow et Clifford Chance auprès des prêteurs.

 

...et au Maroc pour une JV d'Engie

Face à la sécheresse, le gouvernement marocain souhaite construire une station de dessalement de l’eau de mer près de la ville de Dakhla, au Sahara occidental. Pour ce faire, il mise sur un PPP avec Dakhla Water & Energy Company (Dawec), coentreprise entre International Power, filiale du groupe français Engie, et Nareva, filiale du groupe marocain Al Mada. La station de dessalement, capable de fournir à terme 37 millions de m3 d’eau potable par an, sera alimentée à l’énergie éolienne via un parc connecté sur le réseau électrique de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (Onee). La majeure partie de l’eau traitée (30 millions de m3), servira à irriguer les terres agricoles, le reste à approvisionner en eau potable la ville de Dakhla. Plus de 189 M€ (2 MdMAD) devraient être investis par Dawec, qui assurera l’exploitation des futures installations pendant vingt ans.

 

Première centrale solaire flottante en Tunisie

© Omar Ben Hassine Bey, Qair, et Mongi Marzouk, ministre de l'Énergie tunisien (2017)

© Omar Ben Hassine Bey, Qair, et Mongi Marzouk, ministre de l'Énergie tunisien (2017)

Le 25 juin dernier a été inaugurée dans le lac de Tunis la première centrale solaire flottante de Tunisie et de toute la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient. Développée depuis 2020 par l’IPP francilien Qair avec le soutien de l’agence publique Business France Tunisie, et financée par une subvention du Fonds d’études et d’aide au secteur privé (Fasep), un mécanisme de financement de la Direction générale du Trésor en France, cette infrastructure injectera chaque année 265 MWh d’énergie propre dans le réseau de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG). Capable d’alimenter 130 foyers tunisiens, l’installation devrait éviter les émissions de 120 tonnes équivalent CO2 par an, et contribuera à la diversification du mix électrique de la Tunisie. Ce pays d’Afrique du Nord dépend actuellement à 97 % du gaz pour la production de son électricité selon l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME). Le Plan solaire tunisien (PST) - qui a connu très peu d’avancées depuis son lancement en 2012 - table sur une production de 1 860 MW d’énergie propre d’ici à 2023 et 3 815 MW d’ici à 2030.

 

Sogea-Satom achève une route de 106 km au Cameroun

© Sogea-Satom

© Sogea-Satom

Sogea-Satom, filiale du groupe Vinci employant plus de 12 000 collaborateurs dans les travaux de bâtiment, de forage et de génie civil en Afrique, vient d’achever la route Olama-Bigambo de 106 km qui dessert le port de Kribi, au Cameroun. Les travaux comprenaient l’aménagement de la route sur 106 km, la construction de deux ouvrages d’art d’une portée de 15 m et 24 m et de 277 dalots-cadres en béton armé, l’aménagement de 81 km de pistes rurales et de 13 km de voiries urbaines, mais aussi la construction d’ouvrages socio-éducatifs le long du tracé (salles de classe, foyers ruraux pour jeunes et femmes, centres de santé, latrines, hangars de stockage, forages et puits d’eau). Principale vocation de cet axe : recevoir le trafic des véhicules lourds pour le transport de marchandises depuis le nouveau port en eau profonde de Kribi vers Yaoundé. « Son désenclavement permettra d’y faciliter son accessibilité, de réduire le coût des transports et d’améliorer les conditions de vie des populations desservies », a commenté l’entreprise française. Lancés en 2018 et financés par la Banque islamique de développement et l’État du Cameroun, ces travaux ont mobilisé d’importantes ressources humaines locales, dont 830 employés Sogea-Satom et plus de 1 200 employés sous-traitants et prestataires.

 

Vergnet Hydro alimente le Mali en eau potable

Le fournisseur français d'eau et d'énergie pour l'Afrique Vergnet Hydro et la Malienne de travaux commerce et services (MTCS) remporte un contrat au Mali pour la construction de dix adductions d’eau potable (AEP), dont huit alimentées à l’énergie solaire, et destinées à approvisionner 30 000 personnes dans la région de Koulikoro. Les systèmes solaires auront une puissance cumulée de 38 kWc, soit de quoi produire 650 m3 d’eau potable par jour, tandis que les deux autres AEP seront équipées de pompes thermiques. D’un coût total évalué à 1,5 M€, ce projet est financé dans le cadre du Programme national de mobilisation des ressources en eau (PNMRE), lancé en 2011 afin de réduire la pauvreté et améliorer la santé des populations, à travers des investissements dans les services essentiels, tels que l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène. Le PNMRE bénéficie de l’appui de plusieurs institutions financières, notamment la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), l’agence allemande de développement.

 

Maroc : six consortiums en lice pour un marché de 800 M€

Au moins six consortiums se sont formés pour répondre à un appel d’offres lancé par l’Office National de l’Électricité et de l’Eau potable (ONEE) du Maroc, pour un marché de 800 M€ devant aboutir à la construction de l’une des plus grandes usines de dessalement d’Afrique du Nord, dans la région de Casablanca-Settat. Alors que les adjudicataires de la future installation seront désignés en mai 2023 (au plus tard), la bataille est serrée entre les consortiums en lice, portés par plusieurs grands groupes internationaux. Parmi eux, le spécialiste français de la gestion de l’eau et de l’environnement Suez, qui s’est allié au japonais Itochu et à Navera, la filiale du groupe marocain Al Mada. Son compatriote Veolia aurait également formulé une offre conjointement avec la filiale marocaine de l’IPP émirati Taqa (information encore non confirmée). Engie s’est quant à lui associé au géant espagnol Abengoa. Un autre consortium englobe les groupes madrilènes Lantania et Tedagua, le chinois Sepco III, Fipar Power Holding du Maroc, et l’IPP saoudien Acwa Power. Le spécialiste israélien du dessalement Ide Technologies s’est allié à la société japonaise Mitsui pour former un consortium avec la Société générale des travaux du Maroc (SGTM) et la Société maghrébine de génie civil (Somagec).

 

Étude : l’Ohada et l’UE unies pour l’intégration de la RSE en Afrique

Pierre-Samuel Guedj, Affectio Mutandi et CIAN

Pierre-Samuel Guedj, Affectio Mutandi et CIAN

Pierre-Samuel Guedj, président d’Affectio Mutandi (agence conseil en stratégies sociétale, normative et réputationnelle sur les enjeux ESG), ainsi que président de la Commission RSE & ODD du Conseil Français des Investisseurs en Afrique (CIAN), a publié fin juin une analyse sur le développement de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) en Afrique, parue dans l’Agefi et reprise sur le site de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada). Il défend notamment la mise en œuvre d’une synergie d’actions à tous les niveaux, mettant a contrario en garde contre le trop grand nombre d'initiatives déjà menées, mais de façon dispersée, ce qui risque de poser des problèmes de cohérence.

 

Et aussi...

  • L’Agence Française de Développement (AFD) a scellé mercredi dernier un accord d’assistance technique avec InfraCredit, institution nigériane spécialisée dans la garantie des crédits d’infrastructure, dans l'optique de soutenir des projets infranationaux de partenariat public-privé (PPP) au Nigeria. Dans ce cadre, l’institution financière publique tricolore aidera son partenaire à améliorer l’accès au financement par emprunt à long terme en monnaie locale pour les infrastructures au Nigeria.
  • Au Bénin, trois mille palétuviers ont été plantés par la filiale locale du groupe français Bolloré Transport & Logistics dans la localité de Togbin-Adounko (à 27 km de la capitale Porto-Novo), dans le cadre de sa démarche RSE, afin de lutter contre la déforestation.

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