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Koden rejoint un groupe familial

PAR  | 18 février 2020 | 1030 mots - 73 conseil(s)
© Koden

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Le groupe lyonnais de vente et de financement de solutions d’impression de 170 M€ de revenus constitué par Naxicap en cinq ans passe dans le périmètre d’un autre acteur régional, indépendant, C’Pro pour former un ensemble de plus de 600 M€ de chiffre d’affaires.

Né il y a cinq ans du rapprochement du groupe Netmakers avec les sociétés Desk sous la houlette de Naxicap Partners (lire ci-dessous), Koden s’apprête à rejoindre le groupe C’Pro afin de former un acteur de quelque 620 M€ de chiffre d’affaires (consolidé pro forma). Selon nos informations, ce dernier aurait valorisé quelque 300 M€ la cible, laquelle a notoirement travaillé sur sa profitabilité pour obtenir un Ebitda d’environ 33 M€ (pour un chiffre d’affaires de 170 M€). Le financement de l’opération et de la reprise de la participation de Naxicap Partners, ainsi que des parts des managers et de Patrick Getreide (ex patron de Desk) qui se partageaient encore 20 % du capital, est assumé par un consortium emmené par Société Générale, BNP Paribas et Natixis, arrangeurs, preneurs fermes et teneurs de livres ainsi que Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes, Crédit Industriel et Commercial et HSBC France en tant qu’arrangeurs. Banque Tarneaud, Amundi et CIC Private Debt complètent, en pré-syndication, ce tour de table. Cette dette full senior comprend une tranche A de 300 M€ (amortissable à 60 %) et une tranche B (in fine) de 100 M€ (auxquelles s’ajoute une RCF - Revolving Credit Facility- de 70 M€). Le levier de l’opération est de 4,22 fois l’Ebitda.

108ème acquisition pour C’Pro

Angèle Faugier, Naxicap

Angèle Faugier, Naxicap

Confié à Rothschild & Co, le process dual track a suscité l’intérêt de fonds, mais surtout d’industriels avec, au deuxième tour, un américain face à C’Pro, conseillé à l’achat par Natixis Partners. « Pieric Brenier, le président du groupe valentinois, avait initié de premiers contacts il y a un an et manifesté son intérêt pour Koden, relate Angèle Faugier, membre du directoire de Naxicap. Il était très motivé, a su s’entourer pour mener à bien le process et les négociations avec les banques et nous a convaincus avec son projet de constituer un acteur d’envergure nationale qui disposera d’une vraie puissance de feu face aux constructeurs. Son projet est le plus porteur de synergies et de valeur ajoutée. » Edifiés sur le même territoire, les deux groupes qui se connaissaient notamment pour s’être disputé les mêmes cibles, parfois, se sont développés sur des modèles différents, Koden axé sur la consolidation du marché avec une croissance organique étale tandis que C’Pro –dont c’est la 108ème acquisition depuis 1991 et de loin la plus importante- cultivait aussi sa croissance organique (5% par an).

Une diversification porteuse de croissance

A grands coups d’acquisitions -24 en 5 ans- Koden s’est déployé sur le territoire où il propose aujourd’hui ses solutions de vente et de financement d’imprimantes multifonctions à 30 000 clients via ses 650 employés répartis dans 64 agences notamment à Paris, en Normandie et dans le Sud et bien sûr en Auvergne Rhône-Alpes, seule zone où les équipes de l’un et de l’autre se frôlent. Son voisin valentinois, historiquement positionné lui aussi sur les solutions d’impression, s’est développé en dupliquant le modèle déployé initialement en Rhône-Alpes (où il a procédé en multipliant les acquisitions pour créer une présence régionale forte) et s’est diversifié pour proposer à ses clients une offre en informatique et en télécom. Ce qui lui permet de s’afficher aujourd’hui comme le leader indépendant du traitement de l’information et la transformation numérique avec 328 M€ de revenus sur son dernier exercice (mars 2019). A date, le nouvel ensemble réalise un peu plus de la moitié de son chiffre d’affaires avec les imprimantes professionnelles, 40 % avec l’informatique et le solde avec son offre télécom, deux segments en forte progression. « Le nouveau groupe marque l’émergence d’un grand acteur sur un marché qui reste très fragmenté, observent Kevin Bailey et Pierre Poiret, associé et consultant chez Neovian Partners, conseils vendeur. Surtout, le nouvel ensemble est en passe de devenir une ESN avec une offre one-stop-shop dimensionnée pour les PME et ETI du territoire. »

Une licorne ?

Pieric Brenier, C'Pro

Pieric Brenier, C'Pro

Bien décidé à poursuivre sa trajectoire en restant maître à bord (il détient avec sa famille 85 % du capital, le solde étant aux mains du management), Pieric Brenier a pour ambition de « fabriquer la licorne de la digitalisation des PME en France ». Le dirigeant, qui confie s’inspirer notamment d’un autre modèle basé à Lyon, Fiducial, entend notamment accélérer la diversification de Koden sur lequel « C’Pro est en avance tant dans les télécoms, puisqu’il est déjà opérateur, qu’en informatique, suite à l’intégration récente de Quadria » (lire ci-dessous). Le patron, qui planche sur un nouveau projet d’entreprise à présenter aux équipes cet été, s’est fixé pour objectif de porter son groupe qualifié de « great place to work » à 1 Md€ de chiffre d’affaires et 150 M€ d’Ebitda dans les quatre ans, avec une croissance organique annuelle de l’ordre de 5 % et des acquisitions susceptibles de lui fournir 60 à 70 M€ de revenus supplémentaires chaque année. Une ambition, il en convient, « au-delà de tous [ses] rêves les plus fous ! »

Lire aussi :

Desk et HLF font bonne impression (06/01/2015)

Koden imprime un refinancement (15/06/2018)

Quadria et Capea se rapprochent d’un autre groupe familial (15/01/2018)

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Les rachats de sociétés en LBO en ARA par des industriels depuis 2019 - ©CFNEWS.net

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