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La croissance de l’EBE reste le 1er moteur des LBO Accès libre

L’amélioration des résultats génère plus des deux-tiers de la création de valeur des opérations de buyout, son effet s’étant même accentué en 2023 selon la dernière étude de France Invest. Les entreprises voient ainsi leur valeur multipliée par 2,9 en près de cinq ans et demi de détention.

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©France Invest

©France Invest

Les éditions se suivent et se ressemblent. La dixième étude sur la création de valeur dans les entreprises accompagnées par des fonds d’investissement, publiée par France Invest en partenariat avec EY, confirme le poids de la croissance du résultat sur la performance des opérations de LBO. L’analyse est réalisée sur 441 entreprises cédées entre 2012 et 2023, et présentant au moment de la cession un chiffre d’affaires compris entre 20 M€ et 500 M€. Sur cet échantillon, la valeur des titres est multipliée par 2,9 au cours des 5 ans et 5 mois de détention moyenne. L’explication de cette création de valeur ? La croissance de l’EBE pour 68 % et l’effet multiple à hauteur de 36 %. A contrario, le levier a pour sa part une contribution négative de 4%.

Un EBE tiré par le développement organique

Simon Ponroy, France Invest

Simon Ponroy, France Invest

Le poids de l’effet « résultat » est même accentué sur le millésime des sorties 2023. Sur les 34 opérations analysées, il contribue en effet à 78 % de la création de valeur. L'augmentation de  l'EBE est elle-même tirée par le développement organique, dont l'impact est stable par rapport aux années précédentes (52%), et par celui des acquisitions qui, lui, diminue : 26 % contre 34 % au niveau historique. Pour la troisième année consécutive, l’amélioration des taux de marge joue un rôle plus important qu’historiquement sur la performance (22 % en 2023 vs. 13 % sur la période 2012-2022). « L’accroissement des taux de marge s’explique en partie par l’implication des fonds de plus en plus forte sur les sujets opérationnels », souligne Simon Ponroy, qui dirige les études chez France Invest.  

Une baisse de l'effet de levier

A contrario, l’effet multiple se tasse ne contribuant plus qu’à 31 % de la création de valeur, à comparer aux 36 % enregistrés historiquement, et aux 35 % notés sur le millésime 2022. « Nous arrivons sur des cessions d’entreprises acquises entre 2017 et 2021, une période où globalement les prix étaient assez élevés. Le contexte actuel étant plus complexe pour les sorties, l’effet multiple se réduit mécaniquement » ajoute Simon Ponroy. Ainsi, pour les 34 opérations de 2023, la valorisation moyenne s’établit à 9,2X l’EBE à l’entrée, contre 8,4X pour l’ensemble de l’échantillon.  L’effet dette reste pour sa part négatif (-9% sur 2023 vs -4 % sur 2012-2023) avec un endettement net qui augmente de près de 45 % en 2023 entre l’entrée et la sortie du fonds ; les sociétés continuant de contracter des financements supplémentaires pour assurer leurs acquisitions. Néanmoins, grâce à la croissance des résultats, le taux d’endettement diminue, passant de 3,2x l’EBE à 2,2x sur la durée de détention, soit une baisse de 31% en ligne avec celle observée pour l’ensemble de l’échantillon (-32%). 

Une hausse de plus de 8% du chiffre d’affaires

Enfin, l’association professionnelle dévoile également ses chiffres sur les créations d’emploi et la croissance du chiffre d’affaires des entreprises accompagnées par des investisseurs financiers. Près de 10 730 entreprises sont actuellement en portefeuille, dont 8302 sociétés françaises. Se basant sur un échantillon de 4502 entreprises, l’étude révèle une hausse des revenus de 8,3 %, et de 7,2 % hors acquisition. C’est certes bien moins que l’augmentation exceptionnelle enregistrée l’année précédente (+14 %) en raison du rattrapage post-Covid, mais plus que la moyenne nationale de 5% pour les PME, et de 5,4% pour les ETI. Le numérique et l’énergie tiennent la tête des secteurs en plus forte croissance, avec respectivement des hausses de 13,4% et 12,2%. Sur le plan social, ce même panel voit ses effectifs progresser de 5,5 %, et d’un peu plus de 4% en excluant l’effet des opérations de croissance externe.

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