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Créer de la valeur avec l’intelligence artificielle, c’est possible ! Accès libre

Si beaucoup s’emploient à dessiner les futures applications de l’IA à destination du grand public, d’autres sont en voie d’en concrétiser les bienfaits pour les professionnels. Dans le capital-investissement, ce n’est plus un mythe, mais bel et bien la réalité d’un futur proche.
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Yann Magnan, 73 Strings

Yann Magnan, 73 Strings

Le private equity se trouve actuellement dans une période charnière passionnante. Bien que disposant de montants importants de capitaux à investir dans l’économie, les sociétés de gestion se trouvent confrontées à une forte concurrence, mais aussi à un environnement économique marqué par les conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Or, tous les gérants le savent : c’est dans les périodes de ralentissement qu’il est possible de concrétiser les meilleurs placements. Encore faut-il être en mesure de sélectionner au mieux ses cibles d’investissement, dans un délai généralement court.

Quoi de plus déterminant, dans ce contexte, que de disposer des meilleurs outils pour aider à la décision d’investissement ? C’est ici que l’intelligence artificielle doit être envisagée par les investisseurs, pour mieux identifier les données clés. Car, loin d’être un gadget ou une thématique à la mode, elle recèle un fabuleux potentiel pour créer plus de valeur. Sans pour autant être l’apanage des fonds technologiques…

Gagner en efficacité

Soyons clairs : il n’est pas ici question de remplacer l’homme par la machine. Pour les professionnels du capital-investissement, l’IA ne sera pas cette invention mystérieuse qui se comportera tel le véhicule autonome sur lequel les constructeurs automobiles planchent depuis des années. Cela étant, les professionnels du non-coté doivent envisager de miser sur « l’homme augmenté » et de s’appuyer sur la technologie, afin de gagner en efficacité.

Comment ? En commençant par déléguer à la machine les tâches à faible valeur ajoutée des analystes financiers. Grâce aux progrès accomplis régulièrement en matière d’algorithmes, il est par exemple possible de solliciter l’IA pour dénicher
l’information disponible et ainsi bâtir un univers de comparables ou de concurrents. L’extraordinaire profondeur des données et l’acuité des instruments développés permettent de mener à bien cette tâche en un temps record, de sorte à ce que les analystes dédient davantage de leur temps et de leur talent à la décision d’investissement.

Et bien que l’univers du non-coté se caractérise par une grande confidentialité des données, l’IA sera à même de contourner cette difficulté en tirant des corrélations. La technologie disponible est ainsi en passe de devenir un « must have » pour identifier l’essentiel des informations pertinentes, afin d’aider à la prise de décision d’investissement.

Séduire les LPs

Mais c’est aussi en matière de gestion du back-office que la technologie, en général, et l’IA, en particulier, sont à déployer pour engendrer des gains d’efficacité. En particulier, au moment d’établir les reporting : non seulement, en apportant une plus-value dans les processus d’automatisation d’une partie des tâches nécessaires au calcul de la juste valeur du portefeuille, mais aussi en aidant à la documentation du processus. Tout cela, in fine, ne pourra que séduire les LPs, puisqu’un gérant décidant de miser sur le numérique se trouvera ainsi en mesure de simplifier, fiabiliser et sécuriser cet exercice aussi récurrent que chronophage.

Ce ne sont là que les premières applications de l’IA dont bénéficiera l’univers du non-coté : nous en sommes au début des synergies entre l’homme et la machine et, dans ce secteur d’activité comme dans bien d’autres, il convient de les explorer pour en tirer le meilleur. Et à l’heure où chacun a conscience de l’avance prise par les Gafam en matière d’utilisation des données, les sociétés de gestion auront certainement à cœur d’exploiter cet outil qui leur conférera un avantage concurrentiel certain. À n’en pas douter, l’IA et le private equity, c’est bien plus qu’un mariage de raison, dans ce « monde d’après » où le numérique n’a plus à démontrer son utilité.