
©La Tête dans les Nuages
La Tête dans les Nuages tente sa première expérience immersive dans l’actionnariat financier. Si le process piloté par Scalene Partners a été resserré autour d’une demi-douzaine de joueurs, le gagnant a un profil plutôt atypique puisqu’il s’agit de la nouvelle structure d’investissement evergreen du family office Hartwood, née il y a à peine une année. Byway Capital a remporté les enchères sur la base d'une valorisation comprise entre 130 et 150 M€, d’après les informations de CFNEWS.
Scénario minoritaire sur-mesure
« Nous cherchions depuis plus d’un an un investissement dans le secteur des loisirs, plus spécifiquement sur un modèle de flux, parfaitement incarné par La Tête dans les Nuages et son positionnement premium en centre-ville et dans des centres commerciaux », explique Florent Thomann, managing partner de Byway Capital, qui signe là sa première opération en lead, mais la sixième ligne de son portefeuille après avoir participé à la syndication de l’equity de 5 opérations ces derniers mois, le temps de structurer une équipe d’investisseurs en provenance de usual suspects de l’upper-mid et du large cap. « Qui peut le plus peut le moins, résume cet ancien de Creadev qui estime que c’est le track-record de son équipe, notamment dans le retail, et sa forte motivation à conclure cette première opération qui ont convaincu le dirigeant d’opter pour ce scénario minoritaire sur-mesure, où Byway mise un ticket de plus de 20 M€ en mix equity et mezzanine, suivi par Bpifrance qui complète à hauteur de 27 M€ d’investissement total. Une dette de moins de 30 M€, apportée par le CIC et Société Générale, complète le financement de ce LBO primaire.
35 M€ de revenus
« L’ADN "entrepreneur-friendly" de Byway Capital a remporté l’adhésion de Michael Aknin qui souhaite accélérer le rythme de croissance de la Tête dans les Nuages après avoir construit un modèle solide », confirme Samuel Assaraf, associé de Scalene Partners qui a accompagné l’entrepreneur lyonnais, historiquement spécialisé dans l’importation et le négoce de bornes d’arcade via son groupe MBA. Créée dans les années 1990 par le publicitaire Philippe Gimond et l’ancien pilote de F1 Alain Prost, l’enseigne de jeux d’arcade avait périclité à la fin des années 2000 avant sa reprise en 2014 par Michaël Aknin, qui en a fait une belle machine à cash, générant près de 40 % de marge d’Ebitda. L’entreprise affiche en 2025 un chiffre d’affaires de 35 M€, dont un tiers pour l’activité historique de MBA et deux-tiers générés par l’enseigne La Tête dans les Nuages, avec un réseau de plus de 10 centres, majoritairement en Ile-de-France, proposant une offre immersive mêlant jeux d’arcade, réalité virtuelle et expériences interactives.
Dupliquer le modèle
« L’activité de négoce du groupe permet de renouveler rapidement l’équipement des salles de jeu en maintenant une offre très haut de gamme et en introduisant les dernières innovations du secteur », explique Florent Thomann, convaincu que la croissance de ce loisir indoor est immune aux crises de pouvoir d’achat. A rebours des salles de jeu en périphérie et des modèles dits « de destination », La Tête dans les Nuages capitalise sur son positionnement de « modèle de flux » lui permettant de capter une clientèle naturelle, et a également modernisé son système de paiement, introduisant des cartes générant un panier moyen bien plus important que les traditionnels jetons. Les astres seraient donc alignés pour un déploiement de plus grande ampleur, visant à tripler la couverture de l’enseigne dans les prochains mois. « L’objectif est de poursuivre le maillage en région en privilégiant l’ouverture de nouveaux sites en centre-ville, où le flux de passage est assuré tout au long de la semaine par rapport au pic de fréquentation des week-ends en centre commercial, mais aussi d’envisager des ouvertures dans des aéroports et également à l’international où le modèle de la Tête des Nuages ne dispose pas vraiment de concurrent comparable », poursuit Charles-Henri Boyer, directeur associé de Byway Capital, après avoir officié dans l’activité Large Cap de Bpifrance.









