
©Argos Index mid-market / Epsilon Research
Ça baisse encore ! Après avoir enregistré son plus bas niveau depuis 2017 au troisième trimestre 2025, l’Argos Index atteint un nouveau record historique. Il enregistre au quatrième trimestre 2025 un multiple médian des valorisations du mid-market européen à 8,3 fois l’Ebitda, revenant aux niveaux de 2014. « Quand on compare à 2014, on peut se dire que c’est un point bas, car en 2014 les taux d’intérêt, qui sont un élément déterminant dans les transactions, étaient nettement moins élevés. Il y a une forme de prime de risque sur les valorisations d’entreprise de taille moyenne », analyse Louis Godron, managing partner chez Argos Fund. Les valorisations des PME et ETI non cotées européennes ont perdu 1,5 tour d’Ebitda sur un an. « On observe une tendance baissière depuis 2022 qui est très nette. La reprise avec un début de stabilisation en 2024 avait vu son jarret tranché après les prémices de la guerre commerciale, témoignant le déséquilibre entre les vendeurs, qui n’ont pas intégré tous les éléments d’incertitude, et les acheteurs, qui sont inquiets et se posent des questions sur la rentabilité normative », précise Louis Godron.
Un repli de l’upper mid-market et des fonds
Cette baisse du multiple médian est principalement attribuée au repli de l’upper mid-market, qui a enregistré une chute de 22 %. La part des transactions réalisées à plus de 15x l’Ebitda reste stable par rapport au trimestre précédent, à un niveau historiquement bas de 7 %. De l’autre côté du spectre, 27 % des deals se sont vendus à un multiple inférieur à 7x. Les acquisitions des fonds d’investissement ont connu une baisse continuelle de leur valeur médiane à 8,7x, contre 9x au trimestre précédent. Un décalage avec la baisse que les acquéreurs stratégiques, qui représentent la majorité des opérations, avaient davantage anticipée, payant un multiple médian stable à 7,7x. « Les multiples élevés en 2021 et 2022 étaient portés par les entreprises technologiques, notamment les logiciels. La tech a baissé, la santé aussi, donc ce qui était au-dessus de 15 fois ne vaut plus autant aujourd’hui. Ce qui n’est pas lié à l’intégration par le marché des bouleversements que l’IA pourrait apporter », indique Louis Godron.
Une forme d’équilibre ?
Dans le même temps, le niveau des volumes de LBO a bondi de 36 % entre le premier et le second semestre 2025. Une illustration de la pression des LPs pour récupérer des liquidités dans un contexte de levée de fonds ralentie ? La tendance s’oriente vers un redressement des volumes les six derniers mois de l’année, qui ont cru de 30 % par rapport au premier semestre et de 8 % pour l’année complète entre 2024 et 2025. « La valeur totale a tendance à progresser, indiquant une reprise de l’activité vers un niveau élevé de transactions. La conjonction de volumes qui redémarrent et de prix qui baissent est une forme de stabilisation du marché. La progression qu’on a connue est généralisée, c’est encourageant, partage l’investisseur. La baisse des prix commence à se matérialiser, mais c’est une matérialisation récente. On est dans des marchés qui sont très pondérés dans leurs évolutions. » Au second semestre 2025, l’indice a recensé plus de 500 opérations, soit davantage que son plus haut historique de 2018.






